Eric Loizeau, ambassadeur de la fondation Race For Water, embarque à Cuba.
Onboard the MOD70 Race for Water, the first of the new series of oceanic one-design multihulls,  Lorient, Brittany, France.
Eric Loizeau

 

Après une première mission à bord du trimaran MOD 70 Race For Water en mai 2015 entre Valparaiso et Hawaï, j’ai le plaisir de retrouver une partie de l’équipage à bord de cet extraordinaire vaisseau spatial (c’est à quoi il me fait penser au premier abord), révolutionnaire dans sa conception et propulsé uniquement par le solaire, l’hydrogène et l’aérien, un modèle unique de transition énergétique réussie.
En tant que marin et alpiniste, je suis évidemment impliqué (et passionné) dans tout ce qui concerne la protection des océans et de l’eau d’une façon plus générale. Convaincu de la nécessité de partager mon implication et celle de toute l’équipe de Race For Water le plus largement possible, je vais profiter de mon passage sur notre bateau pour collaborer avec le Journal du Dimanche et France Télévision et envoyer régulièrement des reportages sur cette mission.
Ainsi, chaque dimanche à partir du 6 aout et jusqu’à la fin de ce même mois, je délivrerai au Journal du Dimanche des extraits de mon carnet de bord illustré de photos et tous les lundi et mardi un reportage vidéo destiné à la rédaction de France Info TV.
Mon départ pour Cuba est prévu le 2 aout, j’ai grand hâte de partir et vous ne pouvez imaginer mon excitation à l’idée de vivre de nouvelles aventures maritimes en compagnie de l’équipe Race For Water.
A bientôt sur notre Blog.
Eric Loizeau

Une vidéo pour tout savoir sur l’Homme à la mer !

 

Ce soir, le Race for Water arrive à Cuba ! Deux semaines de navigation dans la mer des Sargasses qui se terminent en beauté, belle navigation et bonne ambiance, comme toujours !

Au fil des milles, l’équipage ne cesse pourtant d’apprendre et d’améliorer le navire : matelotage de pomme de Touline sur le pont avec Anne, simulateur avec Bunny, et maîtrise du kite sont au programme. A plusieurs reprises, les capitaines du navire testent leur équipage lors de simulations d’un état d’urgence comme l’Homme à la mer. Comment réagit l’équipage, qui fait quoi, quelle manœuvre pour récupérer la personne tombée à l’eau ?

Pour tout comprendre, rien de mieux qu’une vidéo !

De retour en mer, Anne se souvient…

 

Après 47 jours aux Bermudes, nous voilà à nouveau en mer. Annabelle a cédé sa place à Annelore pour un repos bien mérité de deux mois. L’horizon, la sérénité et le calme règnent maintenant à bord du Race for Water. Je dois bien avouer que la sensation de n’être plus que cinq est un peu étrange. Chacun sa cabine, l’impression d’être en famille et la routine de la navigation rythmes nos journées. Comme déjà lointaine, je ne peux m’empêcher de repenser à cette incroyable escale. Coupe de l’America, visites des scolaires, rencontres des politiciens, programme scientifique : nous n’avons pas chômé !

C O N F É R E N C E   A U   T O P

Et cette journée, où nous avons organisé une conférence au Bermuda Underwater Exploration Institute. Durant la semaine précédant l’événement, nos soirées ont été accaparées à la préparation d’un diapositif, choix des vidéos, qui parle de quoi, quels panneaux afin de sensibiliser à la pollution plastique des océans… Le Jour J, Olivier est aux photos, à la vidéo, et aux réseaux sociaux ; il court partout ! Luce s’occupe du stand, je teste les micros tandis qu’Annabelle et Martin s’essaient à réciter une première fois leurs discours. Impressionnante salle de plus de 150 personnes. À peine le temps de souffler que nous sommes sur scène sous le feu des projecteurs.

  

 

Annabelle débute la présentation d’une main de maître, décrit notre navire et nos missions pour lutter contre la pollution des océans, elle est géniale. Arrive mon tour. En raison du stress, me voilà auteure d’un lapsus révélateur : « Bermuda’s Cup » au lieu d’« America’s Cup » ! La salle se met à rire, je me détends. Arrive le temps des questions. Elles fusent de toutes parts, le distributeur de micro court d’un siège à l’autre. Finalement, nous avons été contraints d’interrompre les questions tellement il y en avait !

D E S   E N C O U R A G E M E N T S   R É V É L A T E U R S

Avec cette escale, j’ai le sentiment que les populations locales nous soutiennent plus que je n’osais l’imaginer. Conscientes de la pollution plastique des océans et de la menace qu’elle représente pour la faune marine et les Hommes, elles sont heureuses d’échanger avec nous. Notre bateau emblématique attire et rassemble tous types d’acteurs qui, nous l’espérons, continuerons d’avancer ensemble après notre départ.

 

En mer, la réalité de la pollution des océans nous rattrape tous. Entre les Bermudes et Cuba l’eau est sale et nous observons des déchets flottant. Notre dernière nouveauté ? Allier l’utile à la pratique en réalisant une manœuvre d’homme à la mer afin de récupérer un gros assemblage de bouteilles en plastique.

Anne

 

Impressions des scientifiques à bord !

 

De retour à leurs laboratoires, les scientifiques du projet EPHEMARE ayant bénéficié de la plateforme scientifique à bord du navire Race for Water, livrent leurs premières impressions sur cette semaine de travail aux Bermudes et leur collaboration avec l’équipage.

« Le navire, avec ses espaces de vie spacieux et modulables, est confortable et pratique. Les manœuvres scientifiques sont facilitées avec l’utilisation des flotteurs, du zodiac et des plateformes. Le laboratoire dédié à bord est bien adapté à l’analyse directe des échantillons collectés ! », dit Christelle Clérandeau, scientifique au laboratoire EPOC de l’université de Bordeaux.

Lorsque les scientifiques montent à bord, le navire se transforme ! « Instruments scientifiques, équipement de plongée, filet Manta. Lors d’accueil des scientifiques, nous faisons tout notre possible pour qu’ils puissent mener des études de qualité, avec la plus grande facilité et dans la bonne humeur », explique Anne, matelot à bord du navire.

Le programme de recherche EPHEMARE, chapoté par le projet d’envergure européenne JPI Oceans (The Joint Programming Initiative Healthy and Productive Seas and Oceans), a pour thématique l’analyse des effets toxiques des microplastiques sur les écosystèmes marins. Plusieurs prélèvements ont de ce fait été réalisés par les chercheurs dans différents compartiments des écosytèmes côtiers pour mieux comprendre leur distribution et leur accumulation dans l’environnement :

  • Les sédiments de plages
  • Les sédiments marins peu profonds (de 5 à 8 mètres de profondeur avec une benne Van Veen)
  • À la surface de l’eau (avec un filet Manta et un filet à plancton)

 

Durant leur séjour aux Bermudes, les scientifiques ont alterné échantillonnages sur des plages bermudiennes, plongées bouteilles ou apnées pour collecter des organismes et du sédiment dans des faibles profondeurs et sorties en mer pour échantillonner la colonne d’eau. A bord, les scientifiques ont ensuite disséqué les concombres de mer prélevés in situ afin de récupérer les tubes digestifs. Leurs analyses en laboratoire permettront d’évaluer les effets de la pollution aux microplastiques. Grâce à la collaboration de Anne Hyde de l’association Keep Bermuda Beautiful, et du Dr. Struan Robbie Smith, les chercheurs européens ont aussi eu l’opportunité de se rendre au sein des laboratoires du Bermuda Institut of Ocean Science (BIOS) et ont échangé avec d’autres scientifiques locaux. Ils ont aussi bénéficié de l’aide précieuse sur le terrain de Philippe Max Rouja, chercheur scientifique bermudien. « Grâce à l’aide attentive des marins de Race for Water et au navire, nous avons pu échantillonner les trois compartiments ciblés et nous revenons au laboratoire avec beaucoup d’échantillons et de données à analyser ! De plus, c’était une très belle aventure humaine. », explique la chercheuse bordelaise. Et d’ajouter : « Nous avons aussi pu créer des contacts avec des chercheurs des Bermudes travaillant également sur la pollution plastique des océans. Ces échanges sont très importants pour nous et permettent à la recherche d’avancer ».

 

D’ici quelques semaines, place à une nouvelle mission scientifique dans les eaux cubaines : le projet européen Weather-MIC mais aussi des chercheurs cubains, un mix plus que prometteur. Suite dans un prochain article !

 

Des experts internationaux pour un workshop scientifique

 

Depuis une semaine, des scientifiques du projet EPHEMARE sont à bord du navire afin de réaliser des études sur la pollution plastique des océans. Anglais, Bermudiens, Américains, Européens : tant d’experts scientifique réunis à bord du Race for Water. À cette occasion, la Fondation a organisé une grande discussion autour de la thématique. Plus de quatre heures d’échanges engagés, d’analyses rigoureuses et de questionnements multiples : un mélange détonnant pour parfaire une volonté d’action.

Assis sur le pont solaire dans une fraicheur matinale, Martin attend. A l’intérieur, tout est prêt. Grands écrans, vidéo conférence, l’équipage en entier est mobilisé. Olivier aux photos, Annabelle au micro, Kim en soutien, Luce à l’organisation et Pascal et Anne à la sécurité, il ne manque plus que les invités. Quelques minutes plus tard, une vingtaine de personnes prennent place dans le carré. Silence, la conférence commence.

 

Anne Hyde s’exprime en premier afin de présenter les différentes actions de terrain menées par le Bermuda Marine Debris Taskforce (BDMT) : beach cleaning, sensibilisation dans les écoles, trash art, étude quantitative sur plage, développement d’initiatives. L’auditoire l’écoute, prend des notes. Les uns après les autres, les personnalités locales agissant contre la pollution plastique prennent la parole.

 

Martin présente ensuite les résultats du rapport scientifique mené au cours de la première expédition Race for Water en 2015. La pollution plastique est partout, sur chaque île visitée. Le besoin de solutions est réel, voilà la raison de cette Odyssée de l’espoir. Vient le tour d’Annabelle qui introduit le navire, son fonctionnement ainsi que les laboratoires et autres commodités dont disposent les scientifiques du bord.

 

Suivi par la présentation de Camila Carteny, scientifique du projet EPHEMARE. « Nous venons étudier les eaux bermudiennes car elles sont très représentatives de la gyre Atlantique nord, et que des recherches ont déjà été commencées en 2015 », explique la jeune chercheuse. Détails des protocoles mis en œuvre, la présentation est pointue mais pédagogique. Vos résultats d’études vont être publiés quand ? Permettront-ils d’influencer des choix politiques et des prises de décisions locales quant à la pollution plastique et pour la préservation des espèces marines ? Les scientifiques des différents instituts se challengent, apprennent des recherches de leurs collègues, imaginent des collaborations. A bord, le souhait de la Fondation se réalise : réunir des acteurs du monde entier pour ouvrir le débat et engager des actions. Pas le moindre doute, le sentiment de cette fin de réunion est une forte envie de travailler ensemble mais aussi d’agir sur les législations afin de diminuer le fardeau environnemental de la pollution plastique des océans.

Des paroles d’un instant durant lequel chacun s’imagine acteur d’un océan propre ? Dans une envie d’actions et de discussions pérennes, la Fondation met à disposition des intervenants une plateforme informatique appelée WGE. Un lieu unique sur lequel scientifiques, associations locales et gouvernements seront libres d’échanger afin de faciliter l’organisation d’actions locales et d’en diffuser les contenus.

 

Des scientifiques montent à bord !

Ce mercredi, les scientifiques du projet EPHEMARE, rassemblant 10 pays européens et 15 partenaires, montent à bord. Récoltes, échantillonnages et analyses des plastiques des eaux bermudiennes : le programme s’annonce chargé. Jérôme Cachot, enseignant-chercheur au laboratoire EPOC de Bordeaux, présente l’étude qu’il s’apprête à conduire avec ses collègues européens. Rencontre.

 

Race for Water : Que venez-vous étudier à bord du navire Race for Water ?

Jérôme Cachot : Nous venons aux Bermudes afin d’étudier la contamination par les microplastiques et leurs effets sur les espèces aquatiques, que ce soit sur les invertébrés ou les poissons. Dans notre laboratoire (le laboratoire EPOC rattaché au CNRS et à l’Université de Bordeaux, ndlr), nous évaluons les effets deux types de micro-plastiques : certains sont « propres » autrement dit vierges de polluants, d’autres ont été artificiellement ou naturellement contaminés par des pollutant. Grâce au navire Race for Water, nous avons l’occasion de récolter des micro-plastiques pollués de manière naturelle qui se trouvent dans l’environnement. Ces derniers nous permettent d’avoir une idée de la pollution réelle dans les zones d’accumulation de plastiques au sein des océans.

 

R4W: Cela signifie que vous étudiez une pollution qui est transportée par les microplastiques ?

JC : Effectivement, lorsque les plastiques séjournent dans l’océan, ils se chargent en substances polluantes qui se trouvent dans l’eau comme par exemple les PCB (polychlorobiphényles). Dans l’eau ces polluants ne sont pas solubles et flottent. Mais ils présentent une forte affinité pour la matière organique et les matières plastiques et sont attirés par ces dernières. En captant les polluants, les plastiques sont un lieu de concentration des pollutants. Durant l’Odyssée de 2015, nous avons pu démontrer la présence d’une grande quantité de micro-plastiques sur les plages des Bermudes et avons pu évaluer leur contamination et leur toxicité. Aujourd’hui le défi est d’aller regarder ce qui se passe dans l’eau et les sédiments. Etudier la diversité des molécules captées par les plastiques afin d’appréhender leur dangerosité. Ensuite nous analyserons l’impact que cette pollution invisible a sur l’ensemble de la chaine alimentaire.

Collecte de microplastiques sur les plages durant l’Odyssée de 2015

 

R4W : En quoi la diversité des molécules polluantes est-elle dangereuse ?

JC : Les polluants actuels sont majoritairement d’origine synthétique (produits par l’Homme, ndlr) et composés par l’association de plusieurs molécules. Actuellement, 10 000 substances polluantes sont utilisées en Europe. La toxicité d’une molécule, lorsqu’elle est isolée, est généralement connue car l’Europe impose de vérifier l’innocuité de la substance avant sa commercialisation. Par contre, une fois dans l’environnement, elle se trouve en interaction avec d’autres molécules. Ces interactions peuvent changer la toxicité de base des molécules et nous n’avons encore peu d’idées sur la toxicité réelle des mélanges de polluants. En captant de nombreux polluants libres dans le milieu aquatique, les micro-plastiques peuvent donc s’avérer plus toxiques que les plastiques d’origine. Les échantillonner puis tester leurs effets sur le développement d’organismes marins nous permettra d’avoir une meilleure idée sur la toxicité réelle des plastiques vieillis en mer.

 

R4W : Pourquoi avoir choisi le navire Race for Water ?

JC : Nous avions déjà travaillé en 2015 avec la Fondation sur une première cartographie de la distribution des micro-plastiques sur les îles situées à proximité des gires océaniques. Cette étude nous servira de point zéro des niveaux de microplastiques sur les plages océaniques. Maintenant, il faut aller plus loin et voir ce qui se passe directement dans les eaux des Bermudes par exemple, afin de mieux appréhender l’impact de cette pollution. Le navire de la fondation Race for Water possède les infrastructures nécessaires à cet échantillonnage et aux analyses que nous souhaitons faire. C’est un plaisir de continuer l’aventure. Et puis, grâce à ce navire emblématique, nous avons l’occasion de sensibiliser le grand public tout en participant à son éducation. C’est un rôle que j’estime devoir jouer en tant que chercheur.

Thomas Coville, Ambassadeur de la Fondation, au départ de « The Bridge »

Ce dimanche, le marin Thomas Coville, recordman du tour du monde en solitaire, prend le départ de la course « The Bridge », ralliant St-Nazaire (Bretagne) à New-York. Engagé dans la préservation des océans, ce voileux hors-pair est aussi un Ambassadeur de l’Odyssée Race for Water. Rencontre.

Race for Water : Pourquoi avoir choisi d’être un Ambassadeur de la Fondation ?

Thomas Coville : Mon rôle d’Ambassadeur est aujourd’hui de montrer que je fais partie des gens qui croient à ce projet d’envergure mondiale et ce même si certains pensent que le changement est impossible. Lorsque des personnes ont un projet si ambitieux que celui de Race for Water que ce soit en sensibilisant par l’action ou dans le concret en portant des techniques de pointe, ce n’est pas toujours facile. J’ai vraiment envie de donner mon énergie pour la Fondation. Que mon énergie et ma foi aident ce projet techniquement fabuleux et qui porte des idées, des espoirs et des ambitions, afin de changer le monde. Cela ira jusqu’à changer notre vision de l’énergie, mais aussi notre rapport aux autres et éventuellement jusqu’aux conflits mondiaux.

R4W : Que représente la mer pour vous ?

TC : Finalement c’est bien plus que « juste » la mer ou le terrain de jeu qui est le miens. La mer, sans frontière, permet d’avoir un impact sur des personnes de tous horizons, un rayonnement au-delà de ceux qui aiment la voile. Le projet Race for Water est un projet de dingue qui ne peut être porté que par des personnalités qui aiment relever des défis impossibles et c’est grâce à cela qu’ils feront changer le monde. Race for Water et son Odyssée de l’Espoir porte ce signal.

R4W : Une envie pour le futur des océans ?

TC : Je n’ai plus envie de porter le côté anxiogène ou pessimiste avec lequel on regarde l’écologie en général. Et qui fait qu’aujourd’hui, soit le grand public soit les médias, soit les partenaires, ont du mal à y adhérer. Je suis dans l’étape d’après où notre problématique de cet océan qui se dégrade nous donne l’opportunité de changer les choses. Car nous  n’avons pas le choix. C’est une opportunité à saisir maintenant.

Thomas Coville aux côtés de Marco Simeoni, Jean-Marc Normant et Frank David :  » J’aime ce triptyque humain que sont Marco, Frank et Jean-Marc. Ce sont des personnalités qui m’inspirent et me galvanisent », explique Tomas Coville.

Des scolaires à bord – Annabelle fait la visite

 

Ces deux dernières semaines, le rythme de vie du navire a été guidé par des visites d’enfants des écoles locales. Âgés de 8 à 18 ans, ils parcourent l’exposition installée à bord, marchent sur le pont solaire et côtoient les membres de l’équipage. Un exercice de sensibilisation à la préservation des océans grandeur nature que les marins de l’Odyssée ont le plus grand plaisir à accomplir.

 

« C’est grand ! Comme un super vaisseau spatial ! » À la file indienne sur le ponton, les enfants admirent le navire en attendant le moment d’embarquer. « Bienvenue à bord ! » lance Annabelle, second capitaine du navire qui s’est reconvertie en guide de la visite. Sur la passerelle d’accès, pas question de se bousculer. Un pas après l’autre, il ne faut pas tomber. En évoluant dans ce nouvel environnement, l’attention des jeunes visiteurs est décuplée, captivée. Sur le pont, des mains s’agitent pour saluer les nouveaux arrivant : Anne s’y trouve avec une autre classe, les visites s’enchainent.

« Ici nous sommes dans le carré du navire qui est notre principal lieu de vie », explique la guide. En balayant l’espace du regard, les enfants découvrent des murs jonchés de panneaux en bois sur lesquels sont expliqués le fonctionnement du navire et les visions de la Fondation sur la pollution plastique. Souriante, Annabelle amorce son discours sous les yeux ébahis des enfants. « Dans ce petit pot, vous pouvez voir tous les micro-plastiques qui ont été récoltés dans un carré de sable de seulement 25cm de côté », avant de le faire passer aux enfants. Dans un autre récipient, les enfants découvrent des morceaux de macro-plastiques. La guide leur montre alors les marques de dents dans les morceaux de plastiques, trace que des animaux en ont ingurgité. « Toutes les tortues marines en ont dans l’estomac… Nous souhaitons que les enfants repartent avec la conscience que la pollution plastique est un fléau pour la vie des océans ».

La solution à cette pollution est d’agir à terre, avant que les plastiques ne les atteignent. En expliquant qu’il y a différents types de plastique, qu’ils ne sont pas biodégradables et qu’ils polluent les océans sur le très long-terme, les jeunes sont sensibilisés à la préservation de l’océan qui les entoure. « Mais surtout, nous leur parlons des solutions et leur expliquons les gestes qu’ils peuvent faire chaque jour à terre pour empêcher cette pollution. »

 

D E S   E X P L I C A T I O N S   À   L ’ A C T I O N

Une fois la visite de l’exposition terminée, les enfants explorent le navire. « A bâbord, c’est ma cabine, à tribord la cambuse, là le local matériel des scientifiques », dit Annabelle. Les questions des enfants fusent : « Mais comment vous faites pour la nourriture ? Et avec vos familles, vous ne les voyez plus ? »  Après avoir traversé le cockpit nappé d’instruments de navigation, le groupe découvre le pont fait de panneaux solaires. « On peut même marcher dessus ! », s’amuse un enfant. De la théorie, ils découvrent la réalité : sans soleil, les panneaux ne produisent pas d’électricité et le Race for Water ne peut pas avancer. « C’est pour cela qu’une nouvelle source d’énergie a été ajoutée à bord, le kite qui utilise le vent ! », dit Annabelle. Les questions deviennent plus techniques, la compréhension est accélérée par l’expérience vécue des enfants. « Mais alors pourquoi vous n’utilisez pas deux kite ? Comment fait-on pour faire partie de l’équipage, vous prenez des stagiaires ? ». Martin, ingénieur du navire se joint à la visite pour répondre aux questions. « Je leur explique que, même nous, nous apprenons la gestion du mix énergétique ! », dit Martin. L’important est que les jeunes comprennent qu’il est aujourd’hui possible de vivre à bord d’un navire et de se déplacer en utilisant uniquement des énergies renouvelables.

 

VIDEO : ces jeunes qui veulent un futur propre 

 

Les océans se meurent du réchauffement climatique. La solution ? La transition énergétique. Avec cette Odyssée de l’espoir le navire Race for Water démontre qu’elle est possible, mais qu’en disent les jeunes ? 

Il faut préserver nos océans car ils sont les régulateurs silencieux du climat, parce qu’ils recouvrent 70% de notre planète et qu’ils en abritent 95% de la vie. Des arguments existent en bataille et il faut agir maintenant, pas uniquement pour nos océans mais pour l’avenir.

Dans cette mission, la Fondation insiste sur le rôle primordial des jeunes, étant les décideurs du monde de demain. Comprendre ce qu’est le réchauffement climatique, mais surtout croire en une solution : la transition énergétique. Nous sommes allés interroger trois étudiants de l’institut du Rosey, une école internationale à la réputation centenaire. A 18 ans, comment imagine t-on le monde de demain et la préservation des océans ?

 

Avec le navire Race for Water, la fondation démontre qu’un monde libéré des énergies fossiles est possible. En faisant le tour du globe grâce aux énergies renouvelables, couplées de manière cohérente et adossées à différents systèmes de stockage de l’électricité. Du chinois ? Une fois à bord, tout devient limpide. Durant cette Odyssée de l’Espoir des jeunes du monde entier auront l’opportunité de venir sur le navire afin d’appréhender cette mixité énergétique, de la tester en navigation et d’ainsi la comprendre.

 

Mobilisation générale pour les océans !

 

Le séjour aux Bermudes se continuant, multiples actions sont engagées par la Fondation afin de préserver les océans ! Entre rencontres, Beach Clean-up et sorties en mer : un équipage à fond et des équipes à terre plus motivées que jamais !

Hier, avait lieu la première journée mondiale pour la préservation des océans : The World Oceans Day. Cette célébration faisant écho à la Conférence Mondiale sur les Océans organisée par les Nations Unies à New-York du 5 – 9 juin. Afin de faire honneur à cette magnifique initiative, toute la Fondation – en Suisse, en France et aux Bermudes – s’est mobilisée !

Toute la Fondation réunie en l’honneur du World Oceans Day

Un grand merci à tous d’avoir été présents et de vous être mobilisés afin d’accompagner Race for Water dans sa mission de préservation des océans ! A bord du navire :

  • Un représentant du Ministère de l’environnement : Drew Petit, Acting director of Parks
  • La consule de France Nicole Hariza
  • Deux membres du consulat US : Linda L. Rosalik and Camille Haley
  • Des ONGs locales: Anne Hyde de Keep Bermuda Beautiful, Ken Vickers de Ocean Support Foundation, Alicia Wanklynde de Greenrock et Alan Burland de Sloop Foundation tous fortement engagés pour la sensibilisation et l’action à la préservation des océans.

Le navire : un lieu d’échange, de partage et de sensibilisation

D E   L ‘ A C T I O N 

En plus d’être une plateforme d’accueil afin de créer un dialogue, cette Odyssée de l’Espoir passe aussi à l’action ! Le 6 juin dernier, les équipes ont organisé un Beach Clean-up (nettoyage d’une plage) à Church Bay, une des plus belles plages de l’île. « Nous avons ramassé une quantité incroyable de plastiques en moins d’une heure. La grande majorité provenait clairement du large, des organismes marins étaient même présents sur certains des morceaux. Le pire étant la densité de microparticules qui se trouve mélangées au magnifique sable rose si typique des Bermudes. Sachant que les plages sont régulièrement nettoyées par les locaux c’est un témoignage terrifiant de la quantité de plastique qui se trouve aujourd’hui dans l’océan. », raconte Camille Rollin, spécialiste du projet Plastic Waste-To-Energy à la Fondation.

Un beach cleaning à l’occasion du World Environment Day