News du bord : Il était une fois l’Amérique du sud en hiver 

Pour la première fois depuis longtemps, le kite a été hissé à bord de Race for Water. Annabelle Boudinot, second capitaine, nous explique pourquoi il n’a pas été hissé plutôt ; il était une fois l’Amérique du sud en hiver…

Annabelle : « Aujourd’hui le kite était de sortie. Ça faisait bien longtemps, pour comprendre pourquoi, voici une petite explication de météo générale en Amérique du sud, en hiver !

Jusque là, de Lima à Concepcion, les vents étaient contraires, ce qui est normal sur ce trajet. Ensuite, en quittant Concepcion pour Juan Fernandez, lorsque les vents furent portants, ils étaient d’une part un peu forts, et d’autre part, la mer était très agitée, rendant l’envoi du kite difficile.

Ce n’est pas très étonnant, le trajet Concepcion – Juan Fernandez, est, toute proportion gardée, un peu comme si, dans l’hémisphère nord, on parcourait Vigo-Les Açores en plein mois de Janvier : il faut partir entre les dépressions, et la mer risque d’être un peu agitée.

Mais depuis que nous avons quitté Juan Fernandez, nous naviguons plutôt vers le nord, et nous rapprochons de la limite dépressions-alizés.

En réalité, les dépressions du sud parcourent assez librement le Pacifique ; une belle étendue d’eau comme ça, sans obstacles majeurs, cela forme de grosses dépressions, encore plus impressionnantes que nos dépressions hivernales en Bretagne !

Sur le nord Chili, il y a généralement un anticyclone, qui descend plus ou moins sud. Cet anticyclone tend à chasser les dépressions vers la pointe sud de l’Amérique. Quand la dépression approche, il se coince entre elle et la Cordillère des Andes. La dépression n’a pas d’autre choix que de s’échapper vers le sud, « arrosant » le sud Chili et épargnant le nord. Ce n’est pas pour rien que le nord Chili est un désert, et l’île de Chiloé en Patagonie chilienne est un des endroits du monde où il y a le plus de précipitations !

Pour en revenir à la situation de Race for Water, plus nous allons dans le nord, plus la mer se range et les vents s’ordonnent. Ainsi, nous avons enfin pu sortir le kite de son sac, et effectuer un vol de plus de 6 heures !

Ce qui nous a permis d’avancer à une vitesse moyenne de 6 nœuds environ, sachant que notre vitesse moyenne se situe autour de 4 nœuds, c’est intéressant ! A noter : pour avancer à 4 nœuds, il nous faut dépenser environ 10kW. Lorsque le kite nous tire, nous ne consommons rien !

Nos batteries ont profité de l’occasion pour se faire un plein non négligeable, et nous avons engrangé 34% de plus, soit environ 250kWh. Pendant ce temps, la consommation des autres appareils du bord continue. Donc, en réalité, nous avons produit un peu plus en solaire.

Corrélation directe de notre trajet vers le nord, la production solaire augmente :
– d’une part car nous trouvons de plus en plus de soleil entre les nuages,
– et d’autre part car l’angle entre le soleil et notre bateau s’améliore.

Pour une production optimale, il faut que le soleil soit perpendiculaire aux panneaux. Comme nos panneaux sont horizontaux, il faut pour nous que le soleil soit au zénith!

Autre corrélation directe, nous avons rangé les bonnets et sorti la crème solaire ! 🙂

A très vite,

Annabelle depuis le bord de Race for Water