Missions scientifiques à bord de Race for Water

Si les prélèvements de microplastiques en eau de surface pour le projet « Plastisphère » (NIOZ) se poursuivent, en parallèle, s’ajoutent une mission sur les déchets flottants en mer et un échantillonnage de microplastiques entre Concepción et l’île de Pâques (UCN et ESMOI)

Depuis le départ de Concepción, Diego Alonso Valverde Labarca, scientifique chilien de l’Université Catholique du Nord (UCN) a rejoint notre équipage sur le Race for Water pour accomplir 3 différentes missions scientifiques entre les côtes chiliennes et l’île de Pâques :

  1. Estimer l’abondance et la distribution spatiale des déchets flottants en mer
  2. Estimer l’abondance des microplastiques en eau de surface
  3. Faire escale sur l’île de Salaz y Gomez pour recenser des oiseaux nicheurs et l’impact des déchets plastiques sur ces oiseaux

Ces 3 missions sont issues d’une collaboration scientifique avec le Dr. Martin Thiel, biologiste et docteur en océanographie à l’Université Catholique du Nord au Chili (UCN) et son collègue, Dr. Guillermo Luna-Jorquera, co-directeur du ESMOI (Ecologie et gestion durable des îles océaniques).

Kim Van Arkel, conseillère scientifique pour la Fondation Race for Water : « Nous avions rencontré Martin Thiel lors de notre première escale à Valparaiso durant la première Odyssée en 2015. Nous avions alors rendu visite aux jeunes chercheurs qui ont mis au point un programme de science citoyenne : « Cientificos de la Basura » que Martin Thiel dirige Ces jeunes appliquent une méthode scientifique avec des élèves et leurs enseignants depuis 2007 pour étudier le problème des déchets sur les côtes chiliennes. »


Le ESMOI est quant à lui un institut qui travaille en collaboration étroite avec l’UCN (Université Catholique du Nord au Chili) pour construire une stratégie de management durable et de conservation de la biodiversité des îles océaniques chiliennes. Guillermo Luna-Jorquera y contribue principalement par l’étude de l’écologie et de la nidification des oiseaux de mer en réponse aux conditions spécifiques de Rapa Nui et de Salaz y Gomez. Il collabore avec Martin Thiel pour comprendre l’impact des déchets sur ces oiseaux de mer.

C’est donc toute une étude complémentaire qu’ils ont confié à Diego pour cette longue traversée du Race for Water entre le Chili et l’île de Pâques.

Kim van Arkel : « Du fait des mauvaises conditions rencontrées entre Concepción et Robinson peu d’échantillonnage ont pu être réalisés. Fort heureusement depuis leur départ de Robinson la mer s’est adoucie et tous les jours l’équipage aide à la mise à l’eau du filet et suivent les observations de Diego sur le contenu des échantillons et sur les oiseaux marins rencontrés avec une forte curiosité. »

Focus sur le protocole suivi en mer

Pour la première mission, l’estimation de l’abondance et de la distribution des déchets flottants en mer se fait par l’observation et la surveillance continue de la surface à partir du pont du navire. Diego utilise la méthode dite du « transect » pour déterminer la surface échantillonnée et la densité des matériaux flottants grâce à la position et la distance par rapport au navire.
Diego observe aussi les oiseaux avec ses jumelles et fait rare, il a observé un fou de Nazka!

Pour la deuxième mission qui consiste à estimer l’abondance des microplastiques en eaux de surface, un filet particulier amené par Diego est utilisé, c’est le filet « AVANI ». Grâce à sa forme particulière, il peut être utilisé à une vitesse de plus de 4 nœuds permettant ainsi de ne pas arrêter le navire qui navigue à cette vitesse moyenne.

 

Les prélèvements pour le projet « Plastisphère » toujours en cours

En parallèle, nos marins effectuent régulièrement des prélèvements de microplastiques en eau de surface pour le projet « Plastisphère » à l’aide du filet Manta classique du bord. Quelques copépodes bleus électriques et autres planctons aux couleurs étranges composent leurs dernières récoltes (Lire notre dernier article sur le projet Plastisphère).

Kim van Arkel : « Nous avons hâte d’en savoir plus sur leurs découvertes et espérons que la météo sera clémente pour leur escale sur l’île de Salaz y Gomez afin que Diego puisse effectuer sa 3ème et dernière mission avant que le Race for Water ne rejoigne la terre des Rapa Nuis.»

Crédit photos : Margaux Chalas/R4W