Le cyclone Irma : les décisions prises pour la sécurité

Le 7 septembre le cyclone Irma touchait la République dominicaine. Une semaine avant cette date, alors que nous étions amarrés dans le port militaire de Saint Domingue, occupés par l’entretien du bateau et les vérifications d’usage, le point météo du jour nous fit prendre conscience de la formation d’un système météo potentiellement dangereux. Au vu des prévisions, nous abandonnèrent notre projet de navigation vers Samana, au nord de l’île. En effet, les fichiers montraient clairement un vortex en formation et dont la taille allait en croissant les jours à venir. Les jours suivants ne firent que confirmer l’approche du cyclone Irma. Nous observions sur les cartes météo les vents en fureur s’abattre sur les îles paradisiaques transformées en enfer pour les populations durement touchées.  La première conséquence dans le port de Saint Domingue fut le mouvement de toute la flotte militaire vers une zone plus abritée.

Fichier météo indiquant la force et la direction des vents du cyclone Irma

Nous nous retrouvons seuls sur ce long quai devenu désert. Nous avons étudié et vérifié les différentes options possibles mais toutes nous paraissaient inadaptées à notre bateau si particulier. En effet, les flotteurs du Race For Water sont du type « perce vagues » et très bas sur l’eau, le pont ne dépasse guère 70 cm au-dessus de la surface. Cette particularité ne nous permet pas de maintenir nos pare battages en position en cas de mer formée. Nous interdisant de positionner le bateau le long d’un quai mal protégé. Une des possibilités était de quitter le port et naviguer plein sud afin de nous éloigner d’Irma, mais cela ne nous a pas semblé nécessaire. 

RESTER ET ATTENDRE

Nous avons donc pris l’option de rester dans le port militaire. Nous avons positionné le navire au mouillage arrière à quai et à bonne distance de celui-ci, ainsi que Les amarres triplées. Les autorités du port étaient assez inquiètes par le fait que nous restions au port militaire. Les prévisions n étaient pourtant pas inquiétantes pour la côte sud de la République dominicaine où nous nous trouvions. La route d’Irma passerait par le nord de l’île. Il était annoncé 20 nœuds de secteur sud, nous aurons en réalité 35 nœuds établis. Lorsque le vent monte ainsi, bien au-delà des prévisions c’est un peu inquiétant. La météo n’est pas une science exacte. Une question se pose : jusqu’où cela va monter ? Nous décidons alors d’ajouter notre aussière de remorquage afin de renforcer l’amarrage. « Trop fort n’a jamais manqué » dira le marin. Peu de temps après Le vent faiblira et reviendra aux 20 nœuds de secteur sud prévu.

La traîne du cyclone est passée. A bord nous étions tous conscients d’avoir eu la chance d’être du bon côté de l’île. Le port « Sans Soucis » porte bien son nom….

 

Jean- Marc