Eric Loizeau carnet de bord #4: Escale forcée à Puerto Jacobo

Pendant 3 jours, abrités dans notre trou à cyclone des vents tempétueux qui soufflent au large, nous passons le plus clair de notre temps à tenter de réparer notre moteur récalcitrant.

Celui-ci nous sera bien utile lorsque nous voudrons repartir et franchir le dernier cap qui nous sépare de Saint Domingue.

En effet, la mer résiduelle risque d’être forte et le courant contraire.

Le principal du labeur se passe dans le flotteur tribord autour des organes essentiels au bon fonctionnement du moteur, c’est-à-dire l’onduleur et l’encodeur.

C’est Martin l’ingénieur du bord qui coordonne les travaux en liaison avec les techniciens suisse-allemands en utilisant notre téléphone satellite. Il va falloir vérifier l’ensemble des connexions électrique et effectuer une batterie de tests.

Les stages à l’intérieur du flotteur dans lequel on se tient courbés à quatre pattes sont longs et rendus pénibles par la chaleur intense qui y règne. Nous nous relayons pour aider notre ingénieur.  Le plus pénible des tests consiste à faire tourner à la main l’arbre d’hélice. C’est le rôle des petites-mains et gros-bras de l’équipage dont je fais partie avec Anne-Laure et Pascal. Pendant ce temps, Martin installé à l’étage supérieur vérifie sur son ordinateur l’exactitude des paramètres.

Pendant ce temps-là, les garde-côtes dominicains à bord d’une vedette brinquebalée par la mer agitée viennent régulièrement s’enquérir de nos nouvelles, s’inquiéter de savoir si tout va bien à bord et si nous ne manquons de rien.

Demain nous repartirons pour tenter de franchir la pointe méridionale de l’île contre vents et courants.