10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »

Le Groupe SUEZ et la fondation Race For Water proposent ensemble un évènement unique en Amérique centrale : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS »

Pour la première fois en Amérique centrale, un évènement dédié à la protection des océans et à la gestion des déchets a lieu du 22 au 25 février 2018 dans la ville de Panama (Fuerte Amador, Isla Flamenco) : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS ».  Aux commandes de cette initiative, le Groupe SUEZ et son invitée la Fondation Race For Water : les deux entités souhaitent grâce à diverses actions d’informations et d’animations locales, sensibiliser le grand public à la nécessité d’optimiser la gestion et promouvoir le recyclage des déchets. 

La Mairie de Panama soutient cette initiative, convaincue que la prévention et l’enseignement auprès des usagers sont les premières actions nécessaires à une meilleure gestion des déchets au niveau local. Cet événement s’inscrit également dans une dynamique territoriale plus large : à l’heure où les régions caraïbes et pacifiques voient apparaître des « îles de déchets », l’objectif est surtout d’encourager les habitants à changer leur comportement dans la production, la séparation et le tri des déchets.

Sans une gestion efficace des déchets, les risques de pollution des mers et océans augmentent, avec pour principale conséquence une dégradation de la biodiversité et une modification des courants marins dont le rôle est essentiel dans la régulation du climat.  Au Panama et en Colombie, un habitant génère plus d’1.2 kg de déchets par jour dont la majorité se retrouve déversées dans les rivières et mers. Les impacts sur l’environnement sont catastrophiques. Le Panama compte une forêt de palétuviers unique au monde tandis que la Colombie abrite 70 % des espèces marines typiques de la région biogéographique du “Pacifique Oriental Tropical”. Il est donc important de valoriser les solutions technologiques possibles en termes de gestion des déchets pour préserver ces ressources.

« RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS » a ainsi débuté le 22 février par un séminaire universitaire organisé sur le célèbre catamaran 100% écologique de Race For Water.  Une quinzaine d’étudiants issus de l’Université Technologique de Panama (UTP) et de l’ISMUTH (école d’architecture) ont découvert le bateau, puis ont été invités  à réfléchir sur comment intégrer une gestion plus optimisée des déchets au plan de développement urbain de la capitale panaméenne. Les journées à venir seront, quant à elles, dédiées aux témoignages d’acteurs locaux et internationaux (ANCON, ONU Environnement) et à la sensibilisation du grand public et les collaborateurs du Groupe SUEZ.

“La protection des océans est une nécessité dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité. En Amérique centrale, Panama et Colombie, comme partout ailleurs, le groupe SUEZ a fait de la protection des océans une de ses priorités. Nous entendons apporter des solutions concrètes pour limiter la pollution des océans à la source, à savoir moins de déchets et eaux usées non traitées. Dans les villes de Panama ou Bogota, plus de la moitié des déchets n’est pas recyclée : les rivières et les plages se voient jonchées de détritus dangereux pour la préservation de la faune et la flore marines. SUEZ est déterminé à prendre une part décisive dans l’élaboration d’une politique de gestion durable des déchets.” assure Ana Giros, Directrice Générale de SUEZ en Amérique Latine.

“Race For Water ne se contente pas de vouloir alarmer la population quant à l’état des océans. Nous souhaitons aussi et surtout proposer des solutions à la pollution marine, en mer et sur terre. La solution ETIA permet de transformer les déchets plastiques en énergie, en valeur ajoutée pour l’économie des pays.” explique Marco Simeoni, Président de la Fondation Race For Water, “Cette alliance avec SUEZ et cette étape au Panama sont une opportunité pour nos deux institutions puisque nous portons des valeurs similaires et le même objectif : réduire la pollution marine.”

SUEZ, présent dans la région depuis plus de 50 ans, accompagne le développement des villes côtières telles que la ville de Panama ou Cartagena de Indias. Le Groupe a notamment construit la première station de traitement des eaux usées du Panama ainsi que de nombreuses unités de traitement d’eau potable au sein d’espaces insulaires (Barbade, Guadeloupe, Martinique, Jamaïque). A ce jour, près de 3 millions d’habitants bénéficient des services d’assainissement du Groupe sur l’ensemble de l’Amérique centrale, Caraïbe et Colombie.

La trace qu’on laisse

A chaque départ, nous nous posons la question de la trace que nous avons laissée. Pour y répondre, nous avons questionné deux de nos rencontres guadeloupéennes.

En arrivant sur une île ou à terre, les équipes de la Race for Water Odyssée déploient leur énergie, sensibilisent les jeunes, reçoivent les acteurs locaux. Avec l’objectif premier d’ouvrir la discussion autour de la pollution plastique des océans, le rôle de ces escales est ensuite de promouvoir des solutions adaptées au contexte local afin d’empêcher les plastiques d’atteindre les océans. Mais une fois les amarres larguées, qu’en reste-t-il ?

« Tout ce que je souhaite dire et bien que ça puisse paraître publicitaire… c’est merci, merci beaucoup Race For Water », dit Soazig Lemoine, chercheure en écotoxicologie marine à l’Université des Antilles en Guadeloupe. Rencontrée en septembre lors de la venue des scientifiques du projet d’étude Ephemare, cette dernière avait aidé les équipes venues de France et d’Italie en offrant une place de stockage dans ses laboratoires. De plus, connaissant parfaitement le milieu marin guadeloupéen, la scientifique était montée à bord du navire afin d’aider les chercheurs à faire leurs prélèvements.

En septembre 2017, 6 scientifiques sont venus à bord pour étudier les effets de la pollution plastique en Guadeloupe

 

« Sans les équipes de Bordeaux, je n’aurais jamais pu imaginer réaliser une telle étude car je n’en ai pas les ressources humaines nécessaires. Ici je suis la seule scientifique à travailler sur la contamination d’organismes par des polluants marins », explique Soazig. Emue de cette rencontre, elle souhaite poursuivre la collaboration et attend les résultats de l’étude avec impatiente. « J’espère qu’une fois les études publiées, je pourrai inviter l’équipe d’Ephemare à Pointe-à-Pitre afin de restituer les résultats de la Guadeloupe à ses habitants. » Encore en contact réguliers avec l’équipe d’écotoxicologie de Bordeaux, les deux entités semblent effectivement vouloir continuer à collaborer afin de mieux comprendre l’impact de la pollution et des plastiques en Guadeloupe.

Pour Philippe Wattiau, chef de la mission développement durable et évaluation environnementale à la DEAL[1] , ayant organisé un workshop sur l’économie circulaire à bord du navire : « la démarche adoptée par la Fondation, en accueillant des publics à bord, en sensibilisant des jeunes ainsi qu’en mettant en avant le fait que des solutions existent, est très pertinente ». Attestant travailler de la même manière, ce dernier a souhaité utiliser le navire comme lieu d’accueil afin de réunir multiples acteurs locaux.

Un workshop sur l’économie circulaire, organisé par Philippe Wattiau

 

« Mon objectif est de créer des synergies entre eux et de mener à bien des projets concrets basé sur des modèles d’économies circulaires. » Un concept valorisant au mieux les ressources disponibles en imaginant les déchets des uns comme pouvant être la matière première des autres. « C’est exactement ce qu’imagine Race For Water. », dit Philippe Wattiau. Pour citer un exemple concret en cours de réalisation, la DEAL a mis en relation une blanchisserie sur la zone industrielle de Jarry à Pointe-à-Pitre, avec son entreprise voisine, une cimenterie. La blanchisserie, en forte demande de chaleur pourrait bénéficier de la chaleur émise en masse par la cimenterie, une collaboration aux profits environnementaux et économiques intéressants pour ces deux entités. « J’aimerais noter la force que possède Marco Simeoni, j’admire cet homme dont les convictions le mènent à agir. A ma mesure, j’essaie de le faire au mieux. C’est un homme qui a compris qu’il est impossible de se développer au détriment des autres et que l’on ne peut vivre avec des gens malheureux autour de soi. », conclut Philippe Wattiau.

Tes témoignages poignant pour un équipage plus motivé que jamais

 

Galvanisées par de tels témoignages, les équipes de la Race For Water Odyssée repartent plus motivées que jamais. C’est en collaboration avec des acteurs locaux, par la force de conviction et l’envie d’action de chacun qu’il sera possible de lutter contre la pollution plastique des océans. Merci à vous.

 

[1] Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement

 

Nouvelle alerte cyclonique avec MARIA, arrivée décalée en Guadeloupe!

La période estivale dans l’arc antillais est souvent rythmée par un enchaînement de tempêtes tropicales. Si le phénomène est connu, il en reste pour autant impressionnant et cette année, particulièrement intense et inhabituel. Les spécialistes s’accordent à dire que la fréquence de ces événements météorologiques et leurs violences sont exceptionnelles.

Officiellement débutée le 1e juin, la saison cyclonique 2017 dans l’océan Atlantique nord devait s’étendre jusqu’au 30 novembre 2017 selon la définition de l’Organisation météorologique mondiale.

D’ici là, les différents centres de prévisions météorologiques continuent d’alerter sur la naissance de ces centres dépréssionnaires et de leur évolution.

C’est ainsi que ce dimanche 17 septembre, le Centre national des ouragans américain (NHC) a confirmé le renforcement de la tempête MARIA et son passage au stade d’ouragan

Ce nouveau cyclone devrait passer sur l’arc Antillais et plus particulièrement sur la Guadeloupe dès ce lundi soir. L’alerte Rouge a été déclenchée en Guadeloupe. Pascal Morizot et l’équipage du Race for Water ont donc pris la sage décision dès vendredi de faire une route très sud. Plus long et plus sécurisant, ce détour leur permet de contourner cette dépression tropicale qui va générer beaucoup de mer et des vents avoisinant 150-180 km/h sur son passage.

A bord, tout va bien à bord et vous pouvez suivre la route de Race for Water sur la carto accessible ici: http://tracker-odyssey.addviso.org/fr/

La nouvelle arrivée est prévue jeudi 21 septembre courant d’après-midi sur la marina du Fort à Pointe à Pitre.

Au milieu de l’Atlantique, les ressentis de l’équipage

Actuellement au milieu de l’Atlantique et depuis plus de deux semaines en pleine mer : comment va l’équipage ?

 

Pour Olivier, intendant à bord du navire, la routine est en place :

« Tous les jours après un sacré bon petit-déjeuner, je potasse un peu, réfléchis, post-it, puis un petit tour dans mes soutes, endroit où la nourriture est stockée. Je commence toujours par le frais. Dans le noir plié en deux, à la lueur de ma frontale, j’inspecte fruits et légumes, les retourne, les nettoie avant de puis prélever la part journalière… Je prépare pour le chef les ingrédients pour les deux repas du jour.

Réserve de fruits et légumes du bord

Aujourd’hui c’est au tour de Martin, je lui colle même la recette et il joue le jeu. Une belle salade toute croquante et une poêlée à tomber ! Allez, 3 étoiles pour Martin ! »

Martin, chef cuisinier du jour et l’équipage autour de la table 

 

Déjà deux semaines de pleine mer, comment Anne, vis-tu ta première traversée de l’Atlantique ?

« Parfois je rêve de terre ! Ça doit me manquer un peu inconsciemment, en même temps il n’y a que du bleu autour de nous…. Cette traversée est une opportunité qui ne se représentera pas de sitôt, alors autant essayer d’en profiter au maximum ce que je fais !

Une mer aux reflets d’argent

Et puis il y a la notion du temps qui semble changée. Déjà deux semaines que nous avons quitté Funchal sur l’île de Madère direction les Bermudes et j’ai l’impression que ça fait bien plus… Traverser l’Atlantique avec ce navire est assez long, mais je savais que ça allait prendre du temps avant de partir. Pourtant, je me rends compte que c’est seulement une fois lancé dans cette navigation que l’on se rend vraiment compte de ce temps.

Annelore me raconte qu’elle avait eu la même impression lorsqu’elle a voyagé en Australie. Lorsqu’on le regarde sur une carte, c’est vrai que l’on remarque que l’océan est vraiment grand, mais en fait, on s’en rend vraiment compte que lorsqu’on commence à faire des kilomètres à des petites vitesses.

Pascal, capitaine du navire et Martin, ingénieur à la lueur de la nuit

 

Et puis, il y a cette impression de solitude. Nous avons croisé peut-être 4-5 navire depuis le départ de Funchal, je m’attendais à en voir plus ! Heureusement, on a de temps en temps des dauphins qui viennent se caler aux étraves des flotteurs et nous tiennent compagnie pendant quelques temps, ou encore des poissons volants qui viennent « atterrir » sur les panneaux solaires… sans forcément redécoller ensuite hélas.

Gros plan sur les panneaux photovoltaïques

Quant à la vie à bord, elle est assez similaire à celle que nous avons eu à terre lors de la préparation du navire, en ralenti peut-être. Sur une liste, nous avons chacun nos petits travaux à faire pendant la transat, ainsi que des tâches ménagères. On a mis en place un tableau avec un système de rotation afin que chacun participe à la vie en communauté. L’ambiance est bonne à bord, c’est motivant.

Pour ma part, je travaille souvent avec Olivier sur l’aménagement, comment optimiser l’espace : préparer des étagères pour que l’on puisse ranger nos voiles de kite et les pod, ranger le laboratoire afin que les scientifiques puissent profiter pleinement de l’espace qu’on a à leur proposer… et diverses autres tâches. »

Coucher de soleil en mer

Première transatlantique au mixte énergétique : la vision de Franck David

Aujourd’hui le navire Race for Water est parti pour sa première traversée de l’Atlantique avec sa propulsion issue du mix énergétique. Franck David, directeur des opérations, explique les défis d’une telle navigation.

Traverser l’Atlantique est une chose très différente en termes des météorologies par rapport à une navigation le long des côtes comme lors de la descente de Lorient à Madère. Durant une transatlantique, le navire et l’équipage, vont rencontrer plusieurs systèmes météo différents. Par exemple, nous savons qu’aujourd’hui il y a des grosses dépressions situées sur les Bermudes. Nous savons aussi que ces dépressions avancent toujours d’Ouest en Est, donc le navire va à leur rencontre il va falloir réagir en fonction. Et l’équipage sera réduit par rapport à la première traversée. Cinq personnes à bord ainsi que Marco Simeoni et un ingénieur de Skysails.

Durant la première navigation les conditions de vent ont été clémentes avec un vent arrière, poussant le navire et permettant d’utiliser le kite à multiples reprises. Pour aller aux Bermudes, nous savons que nous allons rencontrer du vent de face, avec des vagues. Il va falloir que Martin, ingénieur de bord et Pascal, capitaine, prennent les bonnes décisions au bon moment. A bord, ils reçoivent des cartes météo (vent, ensoleillement, vague) quatre fois par 24 heures. Le choix de la meilleure route est totalement lié à la gestion des énergies.

 

APPRENDRE LA MIXITÉ ÉNERGÉTIQUE

 

Nous ne les aidons pas à prendre les bonnes décisions depuis la terre, par contre, nous discutons des calculs des options en fonction de la vitesse du navire et des conditions de la mer. C’est très intéressant d’apprendre l’utilisation de la mixité énergétique et nous tirons déjà des enseignements de notre première navigation ! Lors de la navigation Lorient – Madère, nous avons appris sur la configuration du navire utilisant deux énergies pour sa propulsion, le solaire et la voile de kite. Nous avons maintenant une meilleure idée des vitesses qu’il est possible d’atteindre avec le navire dans telles ou telles conditions de vent et d’ensoleillement et utilisant le kite, le solaire ou le mix.

Photos de Marco Simeoni du départ de Madère

 

Grâce à ces données, nous sommes capable d’affiner les routages et de prendre des décisions plus adaptées aux capacités extraordinaires de notre navire. Et puis, le plus important est de savoir que tout va bien à bord et que l’ambiance est au top, pour ça je ne me fais pas de souci !

Franck

 

Un départ fort en émotions

 

Hier à 15h, le navire Race for Water et son équipage appareillaient pour une Odyssée de cinq ans. Des sourires pour cacher des larmes, des embrassades et des éclats de rire rythmaient l’ambiance au ponton de départ. Dans les yeux des proches une infinie fierté transparaissait.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient le moment où l’équipage monte à bord. Dernières accolades, l’équipe est concentrée sur la manoeuvre, le navire largue les amarres. Pas prêts de les laisser s’en aller seul direction l’horizon, les proches embarquent sur des bateaux à moteurs, voiliers et autres semi-rigides. Une flottille s’organise pour prendre le sillage du Race for Water. Sur l’eau dans la rade de Lorient, on se fait des signes, on crie sa fierté, on siffle et on applaudit l’engagement des marins.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est temps de les laisser voguer vers leur mission pour la préservation des océans. Un équipage qui part autour du monde pour proposer des solutions qui feront changer les choses. Partir n’était certainement pas une décision ni un acte facile. Réussir à quitter, même pour quelques mois, ses proches, ses amis et son quotidien montre l’engagement des membres de l’équipage et leurs convictions dans ses solutions qui existent pour la préservation des océans.

Hier avait lieu le départ de l’Odyssée de l’espoir.

 

Photos : Peter Charaf et Pierre Bouras