« Salut du Pacifique sud ! »

Après avoir tiré un long bord le rapprochant des côtes, Race for Water fait désormais cap au sud en longeant la terre et navigue dans une houle bien formée qui berce ou pas… Récit du second capitaine, Anne-Laure Le Duff.

« Voilà 12 jours que nous sommes partis du Pérou.  Le rythme de la haute mer est pris, les quarts divisent les journées et les nuits, la houle berce ou secoue, le vent souffle plus ou moins fort selon les jours. Nous marchons doucement mais sûrement vers Valparaiso.

Cette semaine fut studieuse. Les filles ont enfilé leur tenue de peintre, Jean-Marc s’est transformé en plombier et Basile a enfilé la casquette d’électronicien.
En plus des travaux propres au bateau, le capitaine nous a concocté quelques exercices inopinés de sécurité. Le but du jeu : s’entraîner, s’améliorer et éprouver les procédures existantes.

En début de convoyage, deux exercices d’homme à la mer ont été réalisé.
Cette semaine c’est Incendie. Le premier fut dans l’atelier. Ni une ni deux, chacun prend son poste. Deux équipiers s’équipent de tenue de feu et d’extincteurs, un autre coordonne la lutte, un autre reste de veille en passerelle et un troisième se prépare à venir prêter main forte au cas où l’incendie prenne de l’ampleur.
Le capitaine met fin à l’exercice, s’en suit un débriefing et l’établissement de tous les scenarii possibles et des différentes actions correspondantes.

Quelques jours plus tard, c’est dans un local à l’avant du navire que le feu se déclare. Scénario différent. Là aussi, chacun sait ce qu’il doit faire. Nous mettons à l’épreuve la procédure mise en place, soulevons ses points faibles et ses points forts. L’exercice se déroule dans le calme et avec le plus grand sérieux. Le débriefing se passe en passerelle et chacun revient sur l’évènement. Ainsi, nous mettons en commun les retours de chacun et nous pouvons réajuster les rôles et actions si besoin.

Les exercices de sécurité doivent être fait régulièrement, ils participent à une bonne maîtrise de son rôle, des équipements utilisés et permettent d’automatiser des gestes qui, une fois en situation réelle, seront décisifs. Un équipage bien entraîné est un équipage qui, le moment venu, saura garder son sang-froid. Car comme dit notre capitaine « A entraînement difficile, guerre facile ». Il y en aura donc d’autres et de natures différentes : Homme à la mer, abandon, voie d’eau, incendie dans d’autres compartiments.

Entre la vie quotidienne du bord, les travaux, les exercices, la navigation nous offre des moments uniques.

Depuis quelques heures nous longeons les côtes chiliennes. Le spectacle est saisissant. Des montagnes de couleur ocre, dépourvues de toute végétation, se jettent dans le bleu vert de l’océan. Le contraste est à couper le souffle. Le paysage est sauvage, dur et magnifique. Sur l’eau les oiseaux jouent avec la houle, effleurent du bout des ailes la surface, s’amusent à suivre l’onde. Les contemplatifs laissent leurs regards se perdre sur cette immensité si belle. Nous enregistrons ces images sur nos rétines, prenant conscience de notre chance.

Pendant ce temps, le bateau est un manège sur une montagne russe. La forte houle le fait tanguer comme jamais, autant vous dire que plus personne ne marche droit à bord et le pisco n’y est pour rien !

Le soleil se couche, les quarts de nuit reprennent leur ronde. Nous poursuivons notre route vers le sud. Et sommes heureux d’être en mer. »

En quête de soleil…

Race for Water glisse doucement vers sa nouvelle destination, Valparaiso, mais doit faire face à un manque cruel de soleil, ce qui n’est pas anormal lorsque l’on navigue dans l’hémisphère sud, à cette époque hivernale de l’année. Pour tenter de profiter des éclaircies potentielles annoncées le long des côtes chiliennes, le capitaine a modifié la route du catamaran à propulsion multiples (soleil, kite et hydrogène) pour être en vue de la terre d’ici deux jours, à la hauteur d’Antofagasta, ville côtière chilienne.

Jean-Marc Normant : « Je vous joins une photo assez explicite… Cette percée dans les nuages nous donne un peu d’espoir pour cette nouvelle journée. Cela dit, nous avons déjà beaucoup de chance car la mer est belle et nous avons peu de vent contraire. »

Point à mi-parcours :

De notre intendante, Margaux Chalas : « La vie à bord se passe bien. Chacun a une tâche – technique, entretien, peinture, nettoyage –  à réaliser par jour. Sur cette navigation, le bateau reçoit toutes les finitions qui n’avaient pu être réalisées auparavant.

Etre dépendants de la météo nous fait prendre un rythme assez particulier. On marche au ralenti, on s’adapte. J’ai l’impression que même mon métabolisme commence à ralentir, mes cheveux poussent beaucoup moins vite depuis 10 jours, étrange ! Je crois même que mon cœur bat plus doucement ! Nous nous décalons vers la côte chilienne pour essayer de trouver un peu de soleil, car pour l’instant nous sommes dans une nébulosité opaque qui limite la production d’énergie.

Avant hier, le seul rayon de soleil de la semaine s’est montré sur notre arrière, juste à quelques longueurs de nous. Une toute petite percée de lumière brillant de mille feux sur la surface ; c’était comme mille diamants qui venaient nous narguer. Nous étions tous à la regarder comme des enfants, c’était notre petit cadeau du jour. Comme quoi il ne faut pas grand-chose pour nous faire plaisir ! Malheureusement le vent étant de face, elle s’est éloignée de nous…

Sur ce convoyage, nous rencontrons très peu de vie marine, si ce n’est un oiseau rescapé qui est devenu notre mascotte. Tout le monde s’est relayé pour lui apporter des soins ; puis il est reparti en pleine forme (photo à suivre).

Ce week-end, le capitaine nous a offert le privilège d’avoir deux journées de relâche, mis à part nos parts de nettoyage et de quarts nous étions off. La cuisine s’est donc mise à embaumer le chocolat. Les filles ont fait un atelier coupe de cheveux. La lessive à la main en équipe est devenue un sport officiel.  »

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Ralliement Lima-Valparaiso : News du bord après 8 jours de mer

Avec un peu plus de 500 milles nautiques parcourus depuis son départ de Lima dimanche 20 mai dernier, le catamaran Race for Water poursuit sa route vers Valparaiso qu’il devrait atteindre en milieu de semaine prochaine. Si l’ambiance est excellente, l’équipage reste studieux et doit gérer au mieux l’énergie du bord…

Message de Jean-Marc Normant, capitaine en poste à bord sur ce ralliement :

Avancée et énergie :
« Nous essayons de maintenir une moyenne de 3 nœuds. Sous les nuages depuis le départ, ce n’est pas simple de trouver un équilibre entre l’énergie solaire produite par nos panneaux et la consommation de nos moteurs. Nous sommes régulièrement en déficit et, par conséquent, nous utilisons notre réserve d’énergie stockée sous forme de gaz hydrogène. Ce gaz est produit lors de périodes au mouillage et est ensuite utilisé par nos piles à combustible afin de générer de l’électricité. Le soleil n’étant pas très présent sur notre descente, notre stock d’énergie s’amenuise ! A bord, nous réduisons au possible la consommation autre que la propulsion. On invoque le Dieu des Incas afin qu’il daigne nous rendre une visite ! »

Vie à bord :
« L’ambiance entre les membres de l’équipage est très bonne ; les échanges multiples et riches que ce soit au moment des repas ou lors de nos quarts en passerelle. Ces moments sont vraiment sympas. Cela ne m’empêche pas de les interrompre par des exercices impromptus de sécurité. Hier par exemple, j’ai déclenché intentionnellement un capteur de fumée dans le local atelier.   Ce qui nous permet de tester le bon fonctionnement de nos matériels et la bonne réaction de l’équipe. C’est très intéressant et instructif à chaque fois ! Par ailleurs, Race for Water étant un prototype, il est en constante évolution et les travaux sont perpétuels, de fait notre job liste est bien remplie. On ne s’ennuie pas ! »

Nouveau départ, nouvel équipage.

De gauche à droite : Margaux, Lucas, Jean-Marc, Basile, Camille (équipe ACT), Anne-Laure et Anne avec Dante du Yacht Club de Peruano,
juste avant le départ vers le Chili
………

Le catamaran Race for Water a levé l’ancre dans la nuit de samedi à dimanche 20 mai, vers minuit (Swiss Time) quittant le Pérou après deux mois d’escale. A bord, 6 marins ; devant eux, 1300 milles et la ville de Valparaiso qui se profilera d’ici une quinzaine de jours.

Côté bateau et équipage :

Jean-Marc, vous cumulez donc les casquettes de Directeur Technique et de Capitaine du navire, dernière fonction que vous occupez en alternance avec Pascal Morizot. Tous les postes du bord fonctionnent-ils en binôme ? Si oui, quelle en est la raison ?

Jean-Marc Normant : « En effet chacun des membres d’équipage a un binôme. Nous avons fait ce choix afin d’assurer une rotation régulière et assurer ainsi d’une part la possibilité de remplacer un membre de l’équipage si besoin et d’autre part les périodes de navigations sont pour certaines assez longues. Etant donné la durée de notre Odyssée, il faut permettre une mise au vert après de nombreux jours bleus océans. »

Quel est votre équipage sur le ralliement entre le Pérou et le Chili ?

JMN : « A bord pour ce départ de Lima vers Vaparaiso, nous aurons, honneur aux Dames :
Anne-Laure Le Duff en tant que second capitaine. Déjà quelques milles à bord du Race for Water, Anne-Laure le connait bien maintenant et assure parfaitement son rôle.
Anne Le Chantoux, qui nous rejoint après quelques congés bien mérités en plus d’être un marin fort efficace et polyvalent, Anne est notre interprète officielle ; l’espagnol n’a pas de secret pour elle, de même que l’anglais !
Margaux Chalas qui est à bord pour la première fois. Elle occupera le poste d’intendante. Sur les quelques jours de mer qui nous attendent, nous allons pouvoir faire mieux connaissance.
Puis côté masculin :
Lucas Rabiet, il ne fait pas partie de l’équipage mais c’est tout comme ; il est le spécialiste incontournable de l’hydrogène.
Basile Prime, notre ingénieur. Toujours très occupé, il assure la maintenance de tous nos systèmes embarqués et dieu sait qu’il y en a beaucoup à bord de ce bateau si particulier ».

Immersion, impressions :

Margaux Chalas est nouvelle à bord et assure le rôle d’intendante. Arrivée peu de jour avant le départ, Margaux s’est d’ores et déjà fondue dans le groupe.
Impressions : « Un nouvel océan. Un nouveau pays. Un nouveau bateau. Une nouvelle équipe. Un nouveau poste. L’organisation est bien rodée, chacun connaît son rôle et la partition sonne juste. Les équipes à terre ont fait un travail énorme de préparation et ça se sent. Le fait d’arriver avec un équipage présent sur place depuis quelques semaines, ça permet de prendre ses marques plus facilement ! Je n’ai pas découvert 1/10ème de toutes les cales, cachettes et rangements à bord de Race for Water, voilà une de mes prochaines missions personnelles ! La liste de travail est sans fin, c’est la douce joie de la vie à bord, on ne s’ennuie jamais sur un bateau, toujours un truc à faire ! On commence à se projeter pour la Transpac (ndlr Trans Pacifique), grosse étape logistique. Heureusement, il y aura eu l’entraînement sur ces 15 jours de navigation vers le Chili ; ce qui va me permettre d’avoir le recul nécessaire pour bien préparer les mois à venir. En tout cas, je suis ravie d’y être enfin ; ça fait quelques mois que je trépigne d’impatience à l’idée de commencer, j’étais coincée sur les bancs de l’école cet hiver à rêver de climats plus cléments ! » 

Côté mer et navigation :

Le bateau de la Fondation devra infléchir un peu se trajectoire. En effet, une route directe serait certes plus courte mais l’entrainerait sous une couverture nuageuse importante visible sur les fichiers météos ; qui plus est le vent de face sur la zone côtière sera plus faible qu’au large. Une autre composante dans ce secteur est le courant du Humbolt, c’est un courant océanique de surface, orienté du sud vers le nord qui sera également défavorable et plus sensible à la côte qu’au large.

Jean-Marc Normant : « Notre trajectoire sera donc le résultat d’un équilibre entre les nuages, le vent et le courant d’un côté et le soleil et les performances du bateau de l’autre. »

Race for Water et son équipage sont attendus début juin dans le port militaire de Valparaiso.

10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »

10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »

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Le Groupe SUEZ et la fondation Race For Water proposent ensemble un évènement unique en Amérique centrale : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS »

Pour la première fois en Amérique centrale, un évènement dédié à la protection des océans et à la gestion des déchets a lieu du 22 au 25 février 2018 dans la ville de Panama (Fuerte Amador, Isla Flamenco) : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS ».  Aux commandes de cette initiative, le Groupe SUEZ et son invitée la Fondation Race For Water : les deux entités souhaitent grâce à diverses actions d’informations et d’animations locales, sensibiliser le grand public à la nécessité d’optimiser la gestion et promouvoir le recyclage des déchets. 

La Mairie de Panama soutient cette initiative, convaincue que la prévention et l’enseignement auprès des usagers sont les premières actions nécessaires à une meilleure gestion des déchets au niveau local. Cet événement s’inscrit également dans une dynamique territoriale plus large : à l’heure où les régions caraïbes et pacifiques voient apparaître des « îles de déchets », l’objectif est surtout d’encourager les habitants à changer leur comportement dans la production, la séparation et le tri des déchets.

Sans une gestion efficace des déchets, les risques de pollution des mers et océans augmentent, avec pour principale conséquence une dégradation de la biodiversité et une modification des courants marins dont le rôle est essentiel dans la régulation du climat.  Au Panama et en Colombie, un habitant génère plus d’1.2 kg de déchets par jour dont la majorité se retrouve déversées dans les rivières et mers. Les impacts sur l’environnement sont catastrophiques. Le Panama compte une forêt de palétuviers unique au monde tandis que la Colombie abrite 70 % des espèces marines typiques de la région biogéographique du “Pacifique Oriental Tropical”. Il est donc important de valoriser les solutions technologiques possibles en termes de gestion des déchets pour préserver ces ressources.

« RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS » a ainsi débuté le 22 février par un séminaire universitaire organisé sur le célèbre catamaran 100% écologique de Race For Water.  Une quinzaine d’étudiants issus de l’Université Technologique de Panama (UTP) et de l’ISMUTH (école d’architecture) ont découvert le bateau, puis ont été invités  à réfléchir sur comment intégrer une gestion plus optimisée des déchets au plan de développement urbain de la capitale panaméenne. Les journées à venir seront, quant à elles, dédiées aux témoignages d’acteurs locaux et internationaux (ANCON, ONU Environnement) et à la sensibilisation du grand public et les collaborateurs du Groupe SUEZ.

“La protection des océans est une nécessité dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité. En Amérique centrale, Panama et Colombie, comme partout ailleurs, le groupe SUEZ a fait de la protection des océans une de ses priorités. Nous entendons apporter des solutions concrètes pour limiter la pollution des océans à la source, à savoir moins de déchets et eaux usées non traitées. Dans les villes de Panama ou Bogota, plus de la moitié des déchets n’est pas recyclée : les rivières et les plages se voient jonchées de détritus dangereux pour la préservation de la faune et la flore marines. SUEZ est déterminé à prendre une part décisive dans l’élaboration d’une politique de gestion durable des déchets.” assure Ana Giros, Directrice Générale de SUEZ en Amérique Latine.

“Race For Water ne se contente pas de vouloir alarmer la population quant à l’état des océans. Nous souhaitons aussi et surtout proposer des solutions à la pollution marine, en mer et sur terre. La solution ETIA permet de transformer les déchets plastiques en énergie, en valeur ajoutée pour l’économie des pays.” explique Marco Simeoni, Président de la Fondation Race For Water, “Cette alliance avec SUEZ et cette étape au Panama sont une opportunité pour nos deux institutions puisque nous portons des valeurs similaires et le même objectif : réduire la pollution marine.”

SUEZ, présent dans la région depuis plus de 50 ans, accompagne le développement des villes côtières telles que la ville de Panama ou Cartagena de Indias. Le Groupe a notamment construit la première station de traitement des eaux usées du Panama ainsi que de nombreuses unités de traitement d’eau potable au sein d’espaces insulaires (Barbade, Guadeloupe, Martinique, Jamaïque). A ce jour, près de 3 millions d’habitants bénéficient des services d’assainissement du Groupe sur l’ensemble de l’Amérique centrale, Caraïbe et Colombie.

La trace qu’on laisse

A chaque départ, nous nous posons la question de la trace que nous avons laissée. Pour y répondre, nous avons questionné deux de nos rencontres guadeloupéennes.

En arrivant sur une île ou à terre, les équipes de la Race for Water Odyssée déploient leur énergie, sensibilisent les jeunes, reçoivent les acteurs locaux. Avec l’objectif premier d’ouvrir la discussion autour de la pollution plastique des océans, le rôle de ces escales est ensuite de promouvoir des solutions adaptées au contexte local afin d’empêcher les plastiques d’atteindre les océans. Mais une fois les amarres larguées, qu’en reste-t-il ?

« Tout ce que je souhaite dire et bien que ça puisse paraître publicitaire… c’est merci, merci beaucoup Race For Water », dit Soazig Lemoine, chercheure en écotoxicologie marine à l’Université des Antilles en Guadeloupe. Rencontrée en septembre lors de la venue des scientifiques du projet d’étude Ephemare, cette dernière avait aidé les équipes venues de France et d’Italie en offrant une place de stockage dans ses laboratoires. De plus, connaissant parfaitement le milieu marin guadeloupéen, la scientifique était montée à bord du navire afin d’aider les chercheurs à faire leurs prélèvements.

En septembre 2017, 6 scientifiques sont venus à bord pour étudier les effets de la pollution plastique en Guadeloupe

 

« Sans les équipes de Bordeaux, je n’aurais jamais pu imaginer réaliser une telle étude car je n’en ai pas les ressources humaines nécessaires. Ici je suis la seule scientifique à travailler sur la contamination d’organismes par des polluants marins », explique Soazig. Emue de cette rencontre, elle souhaite poursuivre la collaboration et attend les résultats de l’étude avec impatiente. « J’espère qu’une fois les études publiées, je pourrai inviter l’équipe d’Ephemare à Pointe-à-Pitre afin de restituer les résultats de la Guadeloupe à ses habitants. » Encore en contact réguliers avec l’équipe d’écotoxicologie de Bordeaux, les deux entités semblent effectivement vouloir continuer à collaborer afin de mieux comprendre l’impact de la pollution et des plastiques en Guadeloupe.

Pour Philippe Wattiau, chef de la mission développement durable et évaluation environnementale à la DEAL[1] , ayant organisé un workshop sur l’économie circulaire à bord du navire : « la démarche adoptée par la Fondation, en accueillant des publics à bord, en sensibilisant des jeunes ainsi qu’en mettant en avant le fait que des solutions existent, est très pertinente ». Attestant travailler de la même manière, ce dernier a souhaité utiliser le navire comme lieu d’accueil afin de réunir multiples acteurs locaux.

Un workshop sur l’économie circulaire, organisé par Philippe Wattiau

 

« Mon objectif est de créer des synergies entre eux et de mener à bien des projets concrets basé sur des modèles d’économies circulaires. » Un concept valorisant au mieux les ressources disponibles en imaginant les déchets des uns comme pouvant être la matière première des autres. « C’est exactement ce qu’imagine Race For Water. », dit Philippe Wattiau. Pour citer un exemple concret en cours de réalisation, la DEAL a mis en relation une blanchisserie sur la zone industrielle de Jarry à Pointe-à-Pitre, avec son entreprise voisine, une cimenterie. La blanchisserie, en forte demande de chaleur pourrait bénéficier de la chaleur émise en masse par la cimenterie, une collaboration aux profits environnementaux et économiques intéressants pour ces deux entités. « J’aimerais noter la force que possède Marco Simeoni, j’admire cet homme dont les convictions le mènent à agir. A ma mesure, j’essaie de le faire au mieux. C’est un homme qui a compris qu’il est impossible de se développer au détriment des autres et que l’on ne peut vivre avec des gens malheureux autour de soi. », conclut Philippe Wattiau.

Tes témoignages poignant pour un équipage plus motivé que jamais

 

Galvanisées par de tels témoignages, les équipes de la Race For Water Odyssée repartent plus motivées que jamais. C’est en collaboration avec des acteurs locaux, par la force de conviction et l’envie d’action de chacun qu’il sera possible de lutter contre la pollution plastique des océans. Merci à vous.

 

[1] Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement

 

Nouvelle alerte cyclonique avec MARIA, arrivée décalée en Guadeloupe!

La période estivale dans l’arc antillais est souvent rythmée par un enchaînement de tempêtes tropicales. Si le phénomène est connu, il en reste pour autant impressionnant et cette année, particulièrement intense et inhabituel. Les spécialistes s’accordent à dire que la fréquence de ces événements météorologiques et leurs violences sont exceptionnelles.

Officiellement débutée le 1e juin, la saison cyclonique 2017 dans l’océan Atlantique nord devait s’étendre jusqu’au 30 novembre 2017 selon la définition de l’Organisation météorologique mondiale.

D’ici là, les différents centres de prévisions météorologiques continuent d’alerter sur la naissance de ces centres dépréssionnaires et de leur évolution.

C’est ainsi que ce dimanche 17 septembre, le Centre national des ouragans américain (NHC) a confirmé le renforcement de la tempête MARIA et son passage au stade d’ouragan

Ce nouveau cyclone devrait passer sur l’arc Antillais et plus particulièrement sur la Guadeloupe dès ce lundi soir. L’alerte Rouge a été déclenchée en Guadeloupe. Pascal Morizot et l’équipage du Race for Water ont donc pris la sage décision dès vendredi de faire une route très sud. Plus long et plus sécurisant, ce détour leur permet de contourner cette dépression tropicale qui va générer beaucoup de mer et des vents avoisinant 150-180 km/h sur son passage.

A bord, tout va bien à bord et vous pouvez suivre la route de Race for Water sur la carto accessible ici: http://tracker-odyssey.addviso.org/fr/

La nouvelle arrivée est prévue jeudi 21 septembre courant d’après-midi sur la marina du Fort à Pointe à Pitre.

Au milieu de l’Atlantique, les ressentis de l’équipage

Actuellement au milieu de l’Atlantique et depuis plus de deux semaines en pleine mer : comment va l’équipage ?

 

Pour Olivier, intendant à bord du navire, la routine est en place :

« Tous les jours après un sacré bon petit-déjeuner, je potasse un peu, réfléchis, post-it, puis un petit tour dans mes soutes, endroit où la nourriture est stockée. Je commence toujours par le frais. Dans le noir plié en deux, à la lueur de ma frontale, j’inspecte fruits et légumes, les retourne, les nettoie avant de puis prélever la part journalière… Je prépare pour le chef les ingrédients pour les deux repas du jour.

Réserve de fruits et légumes du bord

Aujourd’hui c’est au tour de Martin, je lui colle même la recette et il joue le jeu. Une belle salade toute croquante et une poêlée à tomber ! Allez, 3 étoiles pour Martin ! »

Martin, chef cuisinier du jour et l’équipage autour de la table 

 

Déjà deux semaines de pleine mer, comment Anne, vis-tu ta première traversée de l’Atlantique ?

« Parfois je rêve de terre ! Ça doit me manquer un peu inconsciemment, en même temps il n’y a que du bleu autour de nous…. Cette traversée est une opportunité qui ne se représentera pas de sitôt, alors autant essayer d’en profiter au maximum ce que je fais !

Une mer aux reflets d’argent

Et puis il y a la notion du temps qui semble changée. Déjà deux semaines que nous avons quitté Funchal sur l’île de Madère direction les Bermudes et j’ai l’impression que ça fait bien plus… Traverser l’Atlantique avec ce navire est assez long, mais je savais que ça allait prendre du temps avant de partir. Pourtant, je me rends compte que c’est seulement une fois lancé dans cette navigation que l’on se rend vraiment compte de ce temps.

Annelore me raconte qu’elle avait eu la même impression lorsqu’elle a voyagé en Australie. Lorsqu’on le regarde sur une carte, c’est vrai que l’on remarque que l’océan est vraiment grand, mais en fait, on s’en rend vraiment compte que lorsqu’on commence à faire des kilomètres à des petites vitesses.

Pascal, capitaine du navire et Martin, ingénieur à la lueur de la nuit

 

Et puis, il y a cette impression de solitude. Nous avons croisé peut-être 4-5 navire depuis le départ de Funchal, je m’attendais à en voir plus ! Heureusement, on a de temps en temps des dauphins qui viennent se caler aux étraves des flotteurs et nous tiennent compagnie pendant quelques temps, ou encore des poissons volants qui viennent « atterrir » sur les panneaux solaires… sans forcément redécoller ensuite hélas.

Gros plan sur les panneaux photovoltaïques

Quant à la vie à bord, elle est assez similaire à celle que nous avons eu à terre lors de la préparation du navire, en ralenti peut-être. Sur une liste, nous avons chacun nos petits travaux à faire pendant la transat, ainsi que des tâches ménagères. On a mis en place un tableau avec un système de rotation afin que chacun participe à la vie en communauté. L’ambiance est bonne à bord, c’est motivant.

Pour ma part, je travaille souvent avec Olivier sur l’aménagement, comment optimiser l’espace : préparer des étagères pour que l’on puisse ranger nos voiles de kite et les pod, ranger le laboratoire afin que les scientifiques puissent profiter pleinement de l’espace qu’on a à leur proposer… et diverses autres tâches. »

Coucher de soleil en mer