A mi-chemin entre Rapa Nui et Papeete

1150 milles devant les étraves du catamaran à propulsion mixte, Race for Water, avant d’atteindre Papeete. Ce dernier évolue au portant poussé par un vent soutenu de 30 à 40 nœuds. « La mer est courte et croisée » témoigne Annabelle Le Boudinot, second capitaine, « tout cela est le fait d’une dépression plus creuse que prévue qui est située dans notre nord. »

Cette situation est peu confortable pour l’équipage mené par Pascal Morizot mais elle n’entame en rien son moral et son dynamisme !

Annabelle Le Boudinot : « A notre actif ces derniers jours, 4 vols avec le matériel de notre partenaire Skysails et également 2 autres prélèvements dans le cadre de notre mission scientifique « Plastisphère ». Et, O bonne surprise, il y a moins de plastique que lors de nos précédents prélèvements ! Notre environnement fait que Race for Water bouge beaucoup et que le pilote décroche pas mal. C’est assez prenant et fatiguant. Vivement l’arrivée ! »

Race for Water est attendu dans la marine du port de Papeete début octobre, pour une escale d’un mois.

Signées Margaux Chalas, quelques images, en provenance du bord, qui mettent en scène notamment : Pathy et Petero Hucke Atan

« 10 jours de mer… le temps s’étiole, infini comme la mer. »

Parti de l’île de Pâques, il y a presque deux semaines, Race for Water a parcouru un bon tiers de son parcours vers Papeete et la Polynésie française. Pour l’équipage, la routine du bord est en place : réunion le lundi, relâche le dimanche, quart de jour, quart de nuit, bricolage, amélioration du bateau. « Le catamaran aime qu’on prenne soin de lui, nous ne ménageons pas nos efforts ! » témoigne Annabelle, second capitaine.

Annabelle : « Je ne compte pas les jours, sauf au moment des bilans, mais pour moi une fois en mer le temps passé est passé, le temps à venir sera ce qu’il sera.

Nous sommes à la disposition des éléments, ce sont eux qui décident de notre arrivée, nous avons simplement une petite marge de négociation en choisissant de nous positionner un peu plus sud ou un peu plus nord !

Ce qui est sûr, c’est que nous avons parcouru 815 miles et qu’il nous en reste 1500.

Nous avons eu plusieurs occasions de faire du kite, 4 vols au total, sur 3 jours.

Deux vols ont été des vols dédiés à la recherche et au développement pour notre partenaire Skysails. Ces vols sont organisés par Bernd (l’ingénieur Skysails en charge du projet Kite sur Race For Water) et l’équipage lui apporte son aide. Bernd est à bord dans ce but : continuer d’améliorer le système de kite de traction.

Deux vols ont été des vols Race for Water, menés par l’équipage. Ils nous servent à économiser les batteries et avancer plus vite.

Nous avons également continué les prélèvements « Plastisphère ».
Nous avons fait à ce jour 6 prélèvements révélant systématiquement du micro-plastique et toute une faune de plancton.

Pathy et Petero se sont bien accommodés à la vie à bord. Pathy a fait une cure de sommeil, dictée par une vie bien remplie avant le départ, et un léger mal de mer. Mais rien à craindre, comme elle le dit : « Le lit est mon ami ! Dès que je commence à me sentir mal, je me réfugie dedans et je dors un peu ! ». Toutefois nous la voyons de plus en plus ! Elle s’amarine !

Chacun à leur manière, Pathy et Petero racontent notre voyage : Pathy avec ses appareils photos et sa caméra ; Petero avec ses ciseaux à bois, sa vision d’artiste et son âme de conteur.

Petero s’est installé dans l’atelier et sculpte. Il veut tout savoir, il veut écrire nos biographies, comment nous en sommes arrivés là, sur cette aventure. Ce qu’elle représente pour nous. Il a également prévu de sculpter pour chacun un panneau de bois, qui nous représente dans la perspective de l’odyssée. Il a également partagé son savoir de sculpteur avec certains d’entre nous. Une fois à terre, il se fera l’écho de notre odyssée lors de conférences.

Pathy utilise les moyens modernes. Elle compteouvrir une page facebook pour les Rapa Nui for Water et utiliser les réseaux sociaux pour communiquer.

Chacun a sa façon ils veulent partager leur expérience, la transmettre. »

La municipalité de Rapa Nui et la Fondation Race for Water ont signé un protocole d’accord  sur un processus d’implémentation de la solution Biogreen   «Transformation des déchets plastiques en énergie » sur l’Ile de Pâques.

L’histoire entre Rapa Nui et la Fondation Race for Water remonte à mai 2015, lors du passage de la première odyssée sur l’île de Pâques avec comme objectif, à l’époque, de dresser un bilan précis de la pollution de nos océans par le plastique selon un protocole NOAA qui avait pu être appliqué sur chacune des plages des îles visitées.

En 2015, Rapa Nui avait déjà marqué les esprits des équipes de Race For Water avec un constat terrifiant, tant cette île la plus éloignée du monde, est impactée par une pollution quotidienne de micro-plastiques venant des océans.

Depuis ce passage, les équipes de la Fondation ont toujours gardé un contact régulier avec les autorités et responsables locaux afin de poursuivre la réflexion sur les solutions les plus adaptées aux problèmes et aux contraintes de l’île.

L’île de Pâques qui accueille le navire et les équipes de Race for Water depuis vendredi 31 août dernier, pour dix jours,  figure parmi les sites prioritaires de la Fondation, en matière d’implémentation de la solution Biogreen, qui permet une transformation optimale de tous types de déchets plastiques en énergie électrique.

 

Aujourd’hui, la signature d’un protocole d’accord entre Monsieur Petero Edmunds, Maire de Rapa Nui et Marco Simeoni, Président de la Fondation Race for Water est, par conséquent, une étape importante vers l’objectif ultime d’apporter une solution durable et efficace pour l’île de Pâques.

Lors de cette signature officielle, Monsieur Petero Edmunds a témoigné sur la nécessité pour son île de poursuivre vers des solutions environnementales durables : « Nous devons largement évoluer en matière de traitement des déchets et d’énergies renouvelables. Race for Water nous démontre que des solutions efficientes et adaptées existent qui, plus est, totalement en ligne avec notre vision sur le développement de Rapa Nui ».

Marco Simeoni a également précisé : « La solution Biogreen, développée par l’industriel franco-suisse ETIA et la Fondation Race for Water pourrait permettre à terme de générer près de 16 à 20% des besoins électriques de l’île de Pâques en traitant tous les déchets ménagers (hors compost) ainsi que les plastiques sauvages qui se déversent chaque jour sur les côtes. Cette solution Biogreen pourrait également s’intégrer à terme dans une solution plus globale en matière d’autonomie énergétique pour Rapa Nui, au travers d’un projet ambitieux entièrement basé sur les énergies renouvelables et l’économie circulaire ».

La Fondation Race for Water va ainsi poursuivre activement cette collaboration avec ses partenaires avec un objectif daté : 2020, pour l’implémentation de la solution Biogreen sur l’île de Rapa Nui.

Pit stop à Sala y Gomez, l’île aux oiseaux…

… une toute petite île volcanique de 700m de long par 350m de large, qui se situe à environ 200 miles nautiques à l’est de l’île de Pâques. Objectifs de la journée : récolter des déchets plastiques et observer les nids des oiseaux.

Anne Le Chantoux a activement participé à cette journée de fouilles en plein air :
« Tout d’abord, nous sommes allés faire du repérage, car il n’y a pas d’accès facile. Martin et moi avons pris l’annexe afin d’essayer de trouver un moyen sûr pour débarquer. Il y a beaucoup de haut fond tout autour de l’île, ce qui crée des vagues qui viennent se casser sur l’île… dangereux !

Une fois trouvé l’endroit ad hoc, il a fallu débarquer, sans tomber à l’eau car il y a du corail, des oursins et même des requins. Nous avons pris un standup-paddle avec nous afin de faire la navette entre l’annexe et la terre, car trop dangereux de s’approcher directement avec l’annexe. Chacun notre tour, Margaux, Diego et moi sommes allés en paddle avec Martin qui assurait à la pagaie, pour accéder à Sala Y Gomez !

Quelle île !! Nous avions à peine posé le pied à terre que les frégates, pétrels, pailles en queue ou même les fous, nous survolaient déjà, curieux de savoir qui nous étions et ce que nous allions faire. Pas très peureux.

 

Nous avions pour objectif d’aider Diego, notre scientifique chilien, à récolter le maximum de déchets sur l’île ayant des organismes vivants habitants les déchets, ou quelconques types d’écritures qui pourraient lui permettre de savoir d’où proviennent ces déchets.

Pendant ce temps-là, Diego a pu aller observer les nids des différentes espèces. Les frégates ont une tendance à utiliser des bouts de filets de pêches pour faire leur nid. Tous les nids se situent au niveau de la terre, alors il faut faire très attention en se déplaçant de ne pas écraser d’oeufs.

Nous avons trouvé des déchets provenant d’Australie, de Nouvelle Zélande, Shanghai.

Diego nous avait également demandé de lui ramener les cadavres d’oiseaux que l’on croiserait, afin d’analyser leurs estomacs.

Après 4h30 passé sur l’île, sommes rentrés avec 4 sacs poubelles remplis de déchets désirés, ainsi que des oiseaux morts et quelques nids.

Journée bien productive, qui nous change de notre travail à bord. »

Désormais, Race for Water fait route vers l’île de Pâques qu’il devrait atteindre demain vendredi en fin de journée.

Copyright photos : Margaux Chalas

Ile de Robinson Crusoé  : Témoignage post escale

Parti le 31 juillet dernier de Talcahuano, premier port militaire, industriel et de pêche du Chili, après un mois d’escale, Race for Water a entamé sa Trans-Pacifique. Le premier ralliement de cette traversée l’a conduit à s’amarrer sur une île mythique : celle de Robinson Crusoe située à 700 kilomètres des côtes chiliennes dans l’archipel de Juan Fernandez.
Dix jours d’escale ont marqué l’équipage du bateau ambassadeur de la Fondation Race for Water. Bilan.

« Isolée, la petite communauté de 800 habitants vit à flanc de montagne sur une île qu’on imagine très bien comme décor d’un film sur les dinosaures », témoigne Annabelle Boudinot, second capitaine du navire avant de poursuivre : « La nature ici, est belle et unique. Avec des espèces de plantes spécifiques à l’île, grandes et luxuriantes. D’ailleurs le parc national qui englobe la forêt native est reconnu au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils ont également développé des aires marines protégés, dont bénéficient les otaries qui ont re-colonisé les plages du sud de l’île. Notamment l’espèce locale : l’otarie à deux fourrures qui est passée de quasi-extinction, 40 spécimens dans les années 60, à plusieurs milliers aujourd’hui. Démontrant aux locaux l’importance et l’efficacité de mesures destinées à la protection de l’environnement.  »

Sur cette 9ème escale de la Race for Water Odyssée, 110 personnes ont été accueillies à bord, dont 72 scolaires sur les 147 que compte le collège insulaire.  Ce groupe d’étudiants est en charge d’apprendre comment préserver les océans et de sensibiliser les autres élèves. Il s’agit du projet sentinelle des Océans. Une vidéo lors de son passage à bord a été réalisée pour pouvoir partager la visite du bateau avec l’ensemble des habitants de l’île.

 

Visite et nettoyage des plages du sud dimanche 5 août

Annabelle : « Accompagnés de Felipe Paredes, correspondant pour National Géographique sur l’île, nous sommes allés visiter les plages du sud de l’île qui sont les plus affectées par les déchets flottants étant donné la configuration des courants marins. Nous avons visité la plage Arenal et la plage de la baie del Padre. Nous y avons ramassé plusieurs kilos de déchets, notamment des restes de filets de pêche.
Nous avons également pu constater que les otaries aiment jouer avec ses déchets qui peuvent malheureusement les blesser. Il arrive que des morceaux de filets se coincent autour de leur cou ; et lorsqu’elles grandissent, ces otaries meurent étranglées.
Nous avons pu secourir l’une d’entre elle, grâce à Felipe qui a réussi à isoler l’otarie, la maintenir et enlever la corde qui l’étranglait. »
 
 

Gestion des déchets :

Le principe sur l’île jusqu’à présent était l’enfouissement des déchets avec tout de même une tentative de tri de l’aluminium, du plastique et du verre. Durant les dernières années, plusieurs initiatives ont été mises en place : distribution de composteurs aux foyers de l’île, installation de « points propres » proposant des poubelles de tri. Malheureusement depuis plusieurs mois, les déchets triés (aluminium, plastique, verre, cartons) ne sont plus ramenés sur le continent. Ils sont accumulés sur l’île en espérant que la situation se débloque. En outre, un travail de sensibilisation reste à faire puisqu’à ce jour, 90% des foyers ne trient pas leurs poubelles.

Annabelle : « Aujourd’hui, la déforestation du terrain dans le but d’enfouir les déchets est trop importante entraînant des glissements de terrain, qui révèle les ordures enfouies. La commune tente de replanter pour fixer à nouveau le terrain, mais cela prend du temps… A la déchetterie nous avons pu constater des déchets qui brûlent continuellement à ciel ouvert. La présence de déchets organiques et recyclables prouvent que le tri et le compost est loin d’être dans les habitudes locales. Et les bacs contenant le verre s’accumulent sans solutions ».

L’île génère 325 tonnes de déchets par an : 20% sont recyclables et 15% sont des plastiques. Lors de la venue de Race for Water, il a été facile de réunir autour de la table les différents acteurs et d’échanger sur des données chiffrées qui ont permis tant à Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water, qu’à Olivier Lepez de la société partenaire ETIA, de réaliser une pré-étude pour voir si l’implantation de la machine de pyrolyse à haute-température conçue pour transformer les déchets plastiques en électricité, serait opportune. Il en ressort que, sur 15 ans, la machine permettrait de maintenir le coût de l’électricité actuel, tout en traitant l’intégralité des déchets plastiques solides de l’île. Le fonctionnement de la machine permettrait de générer 5% des besoins électriques de l’île. A suivre…

Les différentes institutions de l’ile ont également profité de la présence de Race for Water pour échanger et partager leur problématique liée au tourisme. Si actuellement, 1200 touristes profitent de l’île chaque année, les locaux souhaiteraient en augmenter un peu le volume, mais surtout développer un tourisme sélectif et durable. Quelques idées ont été évoquées dans ce sens comme la mise en place d’une taxe déchets permettant de traiter les déchets générés par le tourisme, ou encore d’une consigne sur les emballages recyclables pour qu’ils soient rapportés aux commerçants, et enfin la mise à disposition de fontaine d’eau associée à la vente de gourdes réutilisables.

Force est de constater, à l’heure de quitter cette terre isolée, que la volonté d’évoluer et d’apprendre est omniprésente. Notre visite a apporté beaucoup d’espoirs ; à nous tous de les aider à les concrétiser et à faire bouger les lignes.

 

Crédit photos : Margaux Chalas/R4W

« Salut du Pacifique sud ! »

Après avoir tiré un long bord le rapprochant des côtes, Race for Water fait désormais cap au sud en longeant la terre et navigue dans une houle bien formée qui berce ou pas… Récit du second capitaine, Anne-Laure Le Duff.

« Voilà 12 jours que nous sommes partis du Pérou.  Le rythme de la haute mer est pris, les quarts divisent les journées et les nuits, la houle berce ou secoue, le vent souffle plus ou moins fort selon les jours. Nous marchons doucement mais sûrement vers Valparaiso.

Cette semaine fut studieuse. Les filles ont enfilé leur tenue de peintre, Jean-Marc s’est transformé en plombier et Basile a enfilé la casquette d’électronicien.
En plus des travaux propres au bateau, le capitaine nous a concocté quelques exercices inopinés de sécurité. Le but du jeu : s’entraîner, s’améliorer et éprouver les procédures existantes.

En début de convoyage, deux exercices d’homme à la mer ont été réalisé.
Cette semaine c’est Incendie. Le premier fut dans l’atelier. Ni une ni deux, chacun prend son poste. Deux équipiers s’équipent de tenue de feu et d’extincteurs, un autre coordonne la lutte, un autre reste de veille en passerelle et un troisième se prépare à venir prêter main forte au cas où l’incendie prenne de l’ampleur.
Le capitaine met fin à l’exercice, s’en suit un débriefing et l’établissement de tous les scenarii possibles et des différentes actions correspondantes.

Quelques jours plus tard, c’est dans un local à l’avant du navire que le feu se déclare. Scénario différent. Là aussi, chacun sait ce qu’il doit faire. Nous mettons à l’épreuve la procédure mise en place, soulevons ses points faibles et ses points forts. L’exercice se déroule dans le calme et avec le plus grand sérieux. Le débriefing se passe en passerelle et chacun revient sur l’évènement. Ainsi, nous mettons en commun les retours de chacun et nous pouvons réajuster les rôles et actions si besoin.

Les exercices de sécurité doivent être fait régulièrement, ils participent à une bonne maîtrise de son rôle, des équipements utilisés et permettent d’automatiser des gestes qui, une fois en situation réelle, seront décisifs. Un équipage bien entraîné est un équipage qui, le moment venu, saura garder son sang-froid. Car comme dit notre capitaine « A entraînement difficile, guerre facile ». Il y en aura donc d’autres et de natures différentes : Homme à la mer, abandon, voie d’eau, incendie dans d’autres compartiments.

Entre la vie quotidienne du bord, les travaux, les exercices, la navigation nous offre des moments uniques.

Depuis quelques heures nous longeons les côtes chiliennes. Le spectacle est saisissant. Des montagnes de couleur ocre, dépourvues de toute végétation, se jettent dans le bleu vert de l’océan. Le contraste est à couper le souffle. Le paysage est sauvage, dur et magnifique. Sur l’eau les oiseaux jouent avec la houle, effleurent du bout des ailes la surface, s’amusent à suivre l’onde. Les contemplatifs laissent leurs regards se perdre sur cette immensité si belle. Nous enregistrons ces images sur nos rétines, prenant conscience de notre chance.

Pendant ce temps, le bateau est un manège sur une montagne russe. La forte houle le fait tanguer comme jamais, autant vous dire que plus personne ne marche droit à bord et le pisco n’y est pour rien !

Le soleil se couche, les quarts de nuit reprennent leur ronde. Nous poursuivons notre route vers le sud. Et sommes heureux d’être en mer. »

En quête de soleil…

Race for Water glisse doucement vers sa nouvelle destination, Valparaiso, mais doit faire face à un manque cruel de soleil, ce qui n’est pas anormal lorsque l’on navigue dans l’hémisphère sud, à cette époque hivernale de l’année. Pour tenter de profiter des éclaircies potentielles annoncées le long des côtes chiliennes, le capitaine a modifié la route du catamaran à propulsion multiples (soleil, kite et hydrogène) pour être en vue de la terre d’ici deux jours, à la hauteur d’Antofagasta, ville côtière chilienne.

Jean-Marc Normant : « Je vous joins une photo assez explicite… Cette percée dans les nuages nous donne un peu d’espoir pour cette nouvelle journée. Cela dit, nous avons déjà beaucoup de chance car la mer est belle et nous avons peu de vent contraire. »

Point à mi-parcours :

De notre intendante, Margaux Chalas : « La vie à bord se passe bien. Chacun a une tâche – technique, entretien, peinture, nettoyage –  à réaliser par jour. Sur cette navigation, le bateau reçoit toutes les finitions qui n’avaient pu être réalisées auparavant.

Etre dépendants de la météo nous fait prendre un rythme assez particulier. On marche au ralenti, on s’adapte. J’ai l’impression que même mon métabolisme commence à ralentir, mes cheveux poussent beaucoup moins vite depuis 10 jours, étrange ! Je crois même que mon cœur bat plus doucement ! Nous nous décalons vers la côte chilienne pour essayer de trouver un peu de soleil, car pour l’instant nous sommes dans une nébulosité opaque qui limite la production d’énergie.

Avant hier, le seul rayon de soleil de la semaine s’est montré sur notre arrière, juste à quelques longueurs de nous. Une toute petite percée de lumière brillant de mille feux sur la surface ; c’était comme mille diamants qui venaient nous narguer. Nous étions tous à la regarder comme des enfants, c’était notre petit cadeau du jour. Comme quoi il ne faut pas grand-chose pour nous faire plaisir ! Malheureusement le vent étant de face, elle s’est éloignée de nous…

Sur ce convoyage, nous rencontrons très peu de vie marine, si ce n’est un oiseau rescapé qui est devenu notre mascotte. Tout le monde s’est relayé pour lui apporter des soins ; puis il est reparti en pleine forme (photo à suivre).

Ce week-end, le capitaine nous a offert le privilège d’avoir deux journées de relâche, mis à part nos parts de nettoyage et de quarts nous étions off. La cuisine s’est donc mise à embaumer le chocolat. Les filles ont fait un atelier coupe de cheveux. La lessive à la main en équipe est devenue un sport officiel.  »

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Ralliement Lima-Valparaiso : News du bord après 8 jours de mer

Avec un peu plus de 500 milles nautiques parcourus depuis son départ de Lima dimanche 20 mai dernier, le catamaran Race for Water poursuit sa route vers Valparaiso qu’il devrait atteindre en milieu de semaine prochaine. Si l’ambiance est excellente, l’équipage reste studieux et doit gérer au mieux l’énergie du bord…

Message de Jean-Marc Normant, capitaine en poste à bord sur ce ralliement :

Avancée et énergie :
« Nous essayons de maintenir une moyenne de 3 nœuds. Sous les nuages depuis le départ, ce n’est pas simple de trouver un équilibre entre l’énergie solaire produite par nos panneaux et la consommation de nos moteurs. Nous sommes régulièrement en déficit et, par conséquent, nous utilisons notre réserve d’énergie stockée sous forme de gaz hydrogène. Ce gaz est produit lors de périodes au mouillage et est ensuite utilisé par nos piles à combustible afin de générer de l’électricité. Le soleil n’étant pas très présent sur notre descente, notre stock d’énergie s’amenuise ! A bord, nous réduisons au possible la consommation autre que la propulsion. On invoque le Dieu des Incas afin qu’il daigne nous rendre une visite ! »

Vie à bord :
« L’ambiance entre les membres de l’équipage est très bonne ; les échanges multiples et riches que ce soit au moment des repas ou lors de nos quarts en passerelle. Ces moments sont vraiment sympas. Cela ne m’empêche pas de les interrompre par des exercices impromptus de sécurité. Hier par exemple, j’ai déclenché intentionnellement un capteur de fumée dans le local atelier.   Ce qui nous permet de tester le bon fonctionnement de nos matériels et la bonne réaction de l’équipe. C’est très intéressant et instructif à chaque fois ! Par ailleurs, Race for Water étant un prototype, il est en constante évolution et les travaux sont perpétuels, de fait notre job liste est bien remplie. On ne s’ennuie pas ! »

Nouveau départ, nouvel équipage.

De gauche à droite : Margaux, Lucas, Jean-Marc, Basile, Camille (équipe ACT), Anne-Laure et Anne avec Dante du Yacht Club de Peruano,
juste avant le départ vers le Chili
………

Le catamaran Race for Water a levé l’ancre dans la nuit de samedi à dimanche 20 mai, vers minuit (Swiss Time) quittant le Pérou après deux mois d’escale. A bord, 6 marins ; devant eux, 1300 milles et la ville de Valparaiso qui se profilera d’ici une quinzaine de jours.

Côté bateau et équipage :

Jean-Marc, vous cumulez donc les casquettes de Directeur Technique et de Capitaine du navire, dernière fonction que vous occupez en alternance avec Pascal Morizot. Tous les postes du bord fonctionnent-ils en binôme ? Si oui, quelle en est la raison ?

Jean-Marc Normant : « En effet chacun des membres d’équipage a un binôme. Nous avons fait ce choix afin d’assurer une rotation régulière et assurer ainsi d’une part la possibilité de remplacer un membre de l’équipage si besoin et d’autre part les périodes de navigations sont pour certaines assez longues. Etant donné la durée de notre Odyssée, il faut permettre une mise au vert après de nombreux jours bleus océans. »

Quel est votre équipage sur le ralliement entre le Pérou et le Chili ?

JMN : « A bord pour ce départ de Lima vers Vaparaiso, nous aurons, honneur aux Dames :
Anne-Laure Le Duff en tant que second capitaine. Déjà quelques milles à bord du Race for Water, Anne-Laure le connait bien maintenant et assure parfaitement son rôle.
Anne Le Chantoux, qui nous rejoint après quelques congés bien mérités en plus d’être un marin fort efficace et polyvalent, Anne est notre interprète officielle ; l’espagnol n’a pas de secret pour elle, de même que l’anglais !
Margaux Chalas qui est à bord pour la première fois. Elle occupera le poste d’intendante. Sur les quelques jours de mer qui nous attendent, nous allons pouvoir faire mieux connaissance.
Puis côté masculin :
Lucas Rabiet, il ne fait pas partie de l’équipage mais c’est tout comme ; il est le spécialiste incontournable de l’hydrogène.
Basile Prime, notre ingénieur. Toujours très occupé, il assure la maintenance de tous nos systèmes embarqués et dieu sait qu’il y en a beaucoup à bord de ce bateau si particulier ».

Immersion, impressions :

Margaux Chalas est nouvelle à bord et assure le rôle d’intendante. Arrivée peu de jour avant le départ, Margaux s’est d’ores et déjà fondue dans le groupe.
Impressions : « Un nouvel océan. Un nouveau pays. Un nouveau bateau. Une nouvelle équipe. Un nouveau poste. L’organisation est bien rodée, chacun connaît son rôle et la partition sonne juste. Les équipes à terre ont fait un travail énorme de préparation et ça se sent. Le fait d’arriver avec un équipage présent sur place depuis quelques semaines, ça permet de prendre ses marques plus facilement ! Je n’ai pas découvert 1/10ème de toutes les cales, cachettes et rangements à bord de Race for Water, voilà une de mes prochaines missions personnelles ! La liste de travail est sans fin, c’est la douce joie de la vie à bord, on ne s’ennuie jamais sur un bateau, toujours un truc à faire ! On commence à se projeter pour la Transpac (ndlr Trans Pacifique), grosse étape logistique. Heureusement, il y aura eu l’entraînement sur ces 15 jours de navigation vers le Chili ; ce qui va me permettre d’avoir le recul nécessaire pour bien préparer les mois à venir. En tout cas, je suis ravie d’y être enfin ; ça fait quelques mois que je trépigne d’impatience à l’idée de commencer, j’étais coincée sur les bancs de l’école cet hiver à rêver de climats plus cléments ! » 

Côté mer et navigation :

Le bateau de la Fondation devra infléchir un peu se trajectoire. En effet, une route directe serait certes plus courte mais l’entrainerait sous une couverture nuageuse importante visible sur les fichiers météos ; qui plus est le vent de face sur la zone côtière sera plus faible qu’au large. Une autre composante dans ce secteur est le courant du Humbolt, c’est un courant océanique de surface, orienté du sud vers le nord qui sera également défavorable et plus sensible à la côte qu’au large.

Jean-Marc Normant : « Notre trajectoire sera donc le résultat d’un équilibre entre les nuages, le vent et le courant d’un côté et le soleil et les performances du bateau de l’autre. »

Race for Water et son équipage sont attendus début juin dans le port militaire de Valparaiso.

10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »