Escale péruvienne à Lima

Parti de Panama City le 28 février dernier, le catamaran Race For Water est désormais au mouillage devant le Yacht Club Peruano de la Punta à Callao, au Pérou, pour une escale qui va durer près de deux mois. La première partie de ce stop-over (du 16 au 30 mars) est dédiée au programme global de la Fondation : Learn (sciences), Share (visites et exposition du bord) et Act (workshop et présentation des solutions).Une seconde partie, jusqu’au 20 mai, concrétisera des discussions initiées il y a près de deux ans, avec des industriels, des politiques et des entrepreneurs afin d’implémenter « la machine développée avec notre partenaire ETIA », qui permet de transformer les déchets plastiques en énergie ; et ainsi, prendre part à une avancée concrète et vertueuse au niveau local dans le traitement des déchets plastiques afin que les océans et les différents cours d’eau soient protégés.


Fondation Race for Water : LEARN, SHARE, ACT au programme !

Cette escale est la promesse d’un programme dense, élaboré en collaboration avec L+1, un réseau d’entrepreneurs engagés dans le développement durable au Pérou.

D’ores et déjà, a été accueillie à bord du catamaran Race For Water, une commission interministérielle qui coordonne l’implantation de projets écoresponsables pour la protection des zones côtières. En effet, Lima, la capitale du Pérou, est une métropole bouillonnante comptant parmi les plus grandes d’Amérique du Sud. Avec près de 11 millions d’habitants, la ville génère 40% des déchets du pays, plus que ce qu’elle peut traiter. Moins de 5% des Municipalités comptent avec une stratégie de récupération des déchets. Pour la majorité, la gestion des résidus solides n’est pas prioritaire, ce qui a pour conséquence que leurs déchets finissent dans les botaderos (décharges à ciel ouvert), au bord des rivières ou dans la mer.

Marco SIMEONI, président de la Fondation Race For Water : « C’était très intéressant de pouvoir assister à une réunion de cette ampleur sous l’égide de la ministre de l’environnement avec plusieurs ministères qui se coordonnent sur des projets en faveur de l’environnement et de la préservation des zones maritimes. Le thème des micro-plastiques étaient au cœur des débats. Les mots de collaboration, d’anticipation sont souvent revenus dans les discours afin de favoriser une mise en place rapide et efficace de nouveaux projets. C’est très encourageant ! Nous allons maintenant avancer sur l’implémentation de solutions de transformation des déchets plastiques en énergie. En donnant de la valeur à ces déchets, nous incitons à leur collecte, et réduisons ainsi la quantité qui se retrouve dans l’environnement. Cette solution permet également de créer des emplois dans des zones souvent défavorisés ; le déchet plastique devient alors une ressource permettant de produire localement de l’énergie. »


Gunter Pauli (The Bleu Economy), Markus-Alexander Antonietti ( Swiss Ambassador), Marco Simeoni et Juan Alberto Wu ( L+1 Président)

Collaboration avec la Fondation ZERI du professeur Gunter PAULI

Dans la poursuite de la concrétisation de nos actions, nous avons également entamé début 2018, une collaboration au niveau international avec la Fondation ZERI du professeur Gunter Pauli, père de l’Economie Bleue.

Marco Simeoni : « Avec sa Fondation, Gunter Pauli souhaite rendre autonome au niveau énergétique l’emblématique île de Pâques. La Fondation Race For Water rejoint ce projet et apporte sa contribution sur la partie valorisation des déchets. Nous sommes très heureux de cette collaboration que nous espérons inspirante pour que d’autres projets similaires sur des iles éloignées voient le jour. »

Fort de cette collaboration, La Fondation ZERi a organisé aux côtés de Race For Water, un événement unique regroupant près de 60 Business Angels de la LATAM avec un objectif ambitieux : appréhender, bâtir et financer une solution concrète de mix énergétique pour l’île de Pâques, à l’image de l’autonomie énergétique portée par le navire Race For Water, en s’affranchissant définitivement des énergies fossiles. Un modèle innovant qui pourrait ensuite être largement dupliqué sur de nombreuses îles.

Gunter Pauli : « Marco Simeoni est un homme avec lequel je partage la même culture de l’action et de solutions concrètes en intégrant la priorité environnementale. Le bateau, Race For Water, est très symbolique. Ce n’est pas un simple outil technologique propulsé par un mix énergétique.  Ce catamaran permet de faire passer un message fort. Nous pouvons y réunir présidents, chefs d’entreprises, élus etc… Ces derniers sont imprégnés durant quelques heures de ces technologies et peuvent ainsi imaginer qu’en les développant et les appliquant sur le terrain, on va changer le monde. »

Nos prochains grands rendez-vous dans les prochains jours au Pérou :
20, 21, 22 puis 27 et 28 mars :  Visite de scolaires à bord de Race For Water (près de 400 enfants attendus)
Mercredi 21 mars : Workshop de la Fondation « Plastic Waste to Energy » au Club des Regatas de Lima
Vendredi 23 mars : Conférence R4W à l’université UTEC et visites du navire par les étudiants
Samedi 24 mars : Beach Clean Up, en collaboration avec WWF et le club de Regatas Lima Chorillos – Barranco – Plage Agua Dulce.

Race For Water, à bon port au Pérou!

Parti le 28 février dernier de Panama City, la catamaran Race For Water vient de s’arriver à Callao, principal port de pêche et de commerce du Pérou et ville très proche de Lima qu’il ralliera vendredi. Eric Loizeau, notre ambassadeur embarqué depuis le Canal de Panama, nous livrait ses pensées quelques heures avant de toucher terre.

Eric Loizeau : « Toute la nuit il n’y a rien à voir ! Tout le jour il n’y a rien à voir. Nous avançons dans une brume tenace qui enveloppe en permanence notre bateau. On se croirait naviguer le long des côtes bretonnes entre Audierne et Camaret un milieu d’un jour d’été où l’air chaud poussé par le vent du sud lève sur la mer froide de la Manche un brouillard épais qui borne l’oeil du matelot à la proue de son navire. Mais ici, entre Equateur et Tropique du Capricorne cette météorologie est tout à fait inattendue. Nous pensions apercevoir les hauts sommets peut-être enneigés de la Cordillère des Andes flottant au-dessus des désertiques côtes péruviennes, mais nous en sommes réduits à scruter l’insondable faisant mugir par fois notre corne de brume pour nous annoncer auprès d’invisibles pêcheurs.

Bonne nouvelle, néanmoins, nous avons découvert la source de l’odeur de pêcherie qui assaillait nos narines depuis quelques jours déjà. Il s’agit d’un imprudent malheureux poisson volant qui à la suite d’un vol supersonique a réussi à se coincer entre deux panneaux solaires du pont supérieur et trépasser et pourrir à cet endroit.

Demain si tout va bien nous toucherons Lima et Callao. Retour à mes rêves d’enfant quand je dévorais les aventures de Tintin, Milou, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol, débarqués aux-aussi à Callao pour résoudre l’énigme du Temple du Soleil caché là-bas dans ces montagnes au large de Lima.

C’est donc notre dernier jour en mer et il est empreint de nostalgie. Finis les quarts de nuit à veiller pêcheurs et cargos dans la nuit étoilée sur l’océan profond. Finis pour un temps les apéros du soir dans le cockpit de quart à la recherche du Rayon Vert. Finis aussi les repas conviviaux dans la Marina bercés par le vent frais du large et agrémentés parfois de quelques bananes flambées. Nous allons devoir retrouver la foule, le bruit de la ville en lieu et place du silence de la mer seulement troublé par les cris des oiseaux de passage, comme ceux restés blottis en rangs serrés à l’extrémité de notre aile tribord une bonne partie de la matinée.

Néanmoins, je sens l’équipage satisfait d’avoir amené le bateau à bon port malgré les péripéties de la traversée et lui permettre ainsi de remplir le rôle auquel il est destiné dans ce tour du monde. Aujourd’hui, pour qu’il puisse servir de support à l’équipe ACT de la fondation venue à notre rencontre, nous allons passer notre journée à le nettoyer du fond de ses cales jusqu’au pont supérieur et mettre ainsi un terme à notre mission de convoyeurs. »

Bestiaire pacifique.

Le catamaran Race For Water qui poursuit sa descente le long des côtes péruviennes, vers Lima, est régulièrement accompagné par des cétacés ou autres oiseaux marins pour le plus grand plaisir de notre équipage qui ne s’en lasse jamais !

Récits :

ERIC LOIZEAU

Le courant froid de Humbolt n’est pas une légende! Il nait à l’ouest du Cap Horn, se nourrit des glaces de l’Antarctique et remonte le long des côtes sud-américaines, soi-disant jusqu’à L’Equateur. Nous en doutions encore hier mais certainement pas aujourd’hui. Cette nuit pendant mon quart je me suis surpris à aller chercher dans ma cabine la doudoune de montagne que j’avais heureusement emportée avec moi pour prendre l’avion dans la froidure de Paris…. Le vent soufflait du sud en fait directement de la banquise de ce côté de l’hémisphère.

Au matin, l’océan avait pris une froide couleur verdâtre contrastant avec le bleu éclatant des mers alizéennes. Nous en étions à prendre le café en passerelle quand une baleine franche vint faire le dos rond devant nos étraves incitant Annabelle à couper nos moteurs par une instinctive prudence. Sait-on jamais avec les cétacés joueurs qui s’amusent parfois à jouer des remakes de Moby Dick. Ce fut le prélude d’une incroyable journée de zoologie marine. Cette veine de courant froid que nous remontions à petits pas était le refuge de bancs innombrables de poissons invisibles mais pourchassés par des meutes de dauphins, marsouins, phoques enfin.

Des hordes de pélicans venaient de l’horizon en escadrilles serrées rasant les flots et attaquaient en piqués vertigineux les bancs de menu fretin qui s’égaillaient en tout sens pour tomber sous les becs acérés des noirs cormorans et agiles frégates. Passaient même lointains et semblant imperturbables des troupes de sombres globicéphales aux nageoires pointues en route vers des rendez-vous improbables. Pendant ce temps et contrastant avec l’activité industrielle d’hier, la côte péruvienne déroulait à l’est de longues plages désertes de sable très blanc au pied de falaises arides.
Des bancs de brume montaient ainsi de la mer et brouillaient l’atmosphère. Nous étions ravis de ce spectacle incroyable guettant du haut de notre pont supérieur les acrobaties et facéties de cette faune marine que la progression furtive de notre vaisseau solaire ne paraissait pas déranger mais au contraire intriguer.

Et le soir sous les étoiles revenues, heureux,  je songeais à la chance inestimable qui nous est donnée à nous autres marins de vivre de tels moments  de paix et de beauté silencieuse, loin, si loin des angoisses du monde moderne des terriens.

ANNE LE CHANTOUX

« Pendant mon quart, j’ai eu le droit à un spectacle magnifique. Je regarde au loin et je vois des éclaboussures de partout. J’ai d’abord cru à des souffles de baleines mais il y en avait trop et trop fréquemment. Ensuite, j’ai vu des « choses » sauter hors de l’eau, j’ai pensé à des espadons.  En fait, j’ai eu le droit à la visite d’un banc de dauphins en transit. Minimum une centaine voir plus. Ils ne s’arrêtent pas pour jouer avec le bateau, ils continuent leurs routes. On les voit sauter (certains très haut) et retomber de tout leur poids en faisant de gros plats !
Pendant presque une heure et demie, ils sont à 200m du bateau et vont dans la même direction que nous.
Mais ce n’est pas tout, j’ai aussi aperçu au loin des souffles : 3 ou 4, qui atteignent une certaine hauteur. Il s’agit de baleines.
Elles sont un peu loin malgré tout on les voit bien à la jumelle !

L’apothéose … lorsque j’ai eu au premier plan des dauphins, au deuxième des baleines et, attention tenez-vous bien, au troisième plan, des plateformes pétrolières, comme des champignons ! Derrière ce tableau se dessine la côte péruvienne.
C’est magique. »

Notre fier navire stoppé au passage de la Ligne par le dieu Neptune en personne !

C’est en total respect d’un rituel qui nous vient d’une époque lointaine que furent baptisés cinq membres de l’équipage de Race For Water qui, jamais, n’avaient franchi l’Equateur, la Ligne,  par voie maritime ; le Roi Neptune était là, qui veillait….

Eric Loizeau :

« A l’approche d’un cap lointain ce matin la mer s’est dotée d’une parure grise, plombée et aime à se confondre avec le ciel et la ligne d’horizon. Nous croisons une barque de pêche solitaire armée par deux marins équatoriens petites tâches vives bleues et jaunes qui illuminent toute cette grisaille. Ils sont à l’œuvre affairés autour d’un filet qu’ils brassent sur le côté sans daigner prêter attention à notre vaisseau spatial qui croise silencieux à quelques encablures derrière eux.

Ce matin-là  par 0 degré 1 minute Nord, l’océan Pacifique parait aussi plat et lisse que le dos d’une limande.
Surgis de l’horizon sans fin sur leurs fiers destriers Ocean Ride, voici qu’apparaissent soudain devant notre étrave solaire, tels les 3 cavaliers de l’Apocalypse, le Dieu Neptune lui-même accompagné de ses deux assesseurs.

Nous approchant doucement nous distinguons le grand panneau qu’ils tiennent devant leur poitrine marqué….. « La Ligne »…. Notre vaillant capitaine s’oblige alors à couper les moteurs et les voici qui montent à bord.

Ils sont cinq de l’équipage à n’avoir jamais passé en mer cette mythique ligne de démarcation séparant le nord du sud : Anne, Annabelle, Lucas, Peter et Yoann. Les voici alignés sur le pont supérieur à écouter inquiets la harangue du maitre des lieux, armé de son trident redoutable.

« Moi Neptune roi des océans, il m’est droit de vous baptiser avant de vous ouvrir la porte redoutée des mers du sud, royaume des monstres marins, des vents hurlants et vagues gigantesques, mais aussi des sirènes alanguies sur des îlots enchanteurs…. »

Sur ce, chaque candidat aux mers du sud est prié de rejoindre Neptune sur le passavant bâbord pour être oint d’huile fraiche de baleine à bosse avant de répondre à la question rituelle : « Pourquoi la mer est salée ? *»

Quelle que soit leur réponse, ces ignorants patentés doivent ingurgiter ensuite la piquante  liqueur des quarantièmes rugissants, puis recevoir l’onction de l’œuf de l’albatros royal, avant d’être précipités d’un coup du royal trident dans les profondeurs marines afin d’être purifiés et enfin acceptés comme impétrants de tous les océans.

 

Ainsi fut fait ce 7 mars 2018 à bord de Race For Water avec la bénédiction du dieu Neptune qui autorisa ensuite le capitaine à remettre son navire solaire en route vers le Pérou, patrie des Incas adorateurs de l’astre du même nom.

Ce matin, nous avons passé la ligne et, depuis quelques heures, imaginons marcher sur la tête. Mais ce n’est qu’une impression ! La seule différence est que, pour quelques mois durant, nous inscrirons sur le sempiternel livre de bord des latitudes sud plutôt que nord. Contre l’avis de certains, le soleil se couchera toujours à l’ouest vers un horizon vide propice au rayon vert et se lèvera à l’est derrière cette rangée de montagnes élevées que nous devinons maintenant, qui appartiennent à la cordillère des Andes que nous allons longer maintenant jusqu’à Lima. »


* « Pourquoi la mer est salée ? Et autres récits de marins » est un livre écrit par Eric Loizeau, paru aux éditions Gallimard  en septembre 2017.
A l’instar d’un certain Eric Tabarly, dont il a été l’équipier pendant quatre années sur le Pen Duick VI, Eric Loizeau fait partie des grands marins des années 1980. Les dix-sept récits composant ce livre retracent ses plus saisissants souvenirs et les nombreuses aventures humaines qui ont jalonné sa vie maritime, marquée par le goût du risque et de l’exploit, mais surtout de la liberté. Les clichés du skipper – également photographe pour l’Agence Gamma – illustrent un quotidien hors du commun.

Ladies’ Kite

Si notre Président Marco Simeoni incarne la Fondation Race For Water, autour de lui se mue une équipe de femmes aux talents divers et variés mais toutes passionnées par la cause soutenue : la préservation des Océans.  A terre, il y a Magda, Daphnée, Camille, Kim, Virginie, Aliénor, Corentine. En mer, à bord du catamaran portant haut les couleurs de la Fondation, on retrouve Anne-Laure, Annabelle et Anne.

Ces deux dernières ont souhaité nous offrir, en cette journée internationale de droits de la femme, un moment de liberté. Premier vol de kite entièrement féminin à bord de Race For Water. Cent tonnes tractées par Annabelle Boudinot, second capitaine, et Anne Le Chantoux, matelot, qui découvre l’univers marin depuis qu’elle a rejoint l’odyssée l’an passé…

Joli défi ! Bravo les filles et merci pour cette belle session de kite !

Récit d’Annabelle :

Le kite comment ça fonctionne ?

«  Entre le Panamà et le Pérou, un petit vent portant s’est installé, l’occasion d’envoyer notre kite… entre filles, avec Anne ! J’aime beaucoup travailler avec Anne ; je lui fais vraiment confiance, c’est un très bon marin. Elle est sérieuse, attentive et concentrée ; et pour se lancer dans la procédure de mise en œuvre du kite, mieux vaut l’être !

Le kite nous permet d’exploiter l’énergie du vent. Nous le mettons en place lorsque le vent souffle entre 25 et 60 km/h, nous appelons ça « une jolie brise » entre marin. Il faut qu’il souffle sur le côté, « par le travers » dans notre jargon, ou par l’arrière du bateau.

Nos kites ressemblent aux ailes des parapentistes, ce sont des ailes de 20 à 40m² qui se gonflent avec le vent. Quand on y pense, c’est petit ! Une aile de kitesurf classique comme on en voit sur les plages, peut facilement mesurer 12m2 pour une personne qui pèse à peine 80kg… Notre bateau, lui fait 100 tonnes !

Le kite une fois en l’air effectue un mouvement de 8, ce qui permet d’augmenter le vent que voit l’aile, et directement sa puissance. Cette figure est pilotée automatiquement depuis le bateau.

Ce 8 permet de multiplier par 25 l’effort sur la ligne de traction. C’est cette ligne, reliée au bateau qui nous permet de le tirer directement avec le kite. Grâce au kite et à l’ensemble du système développé par notre partenaire SkySails Yacht , nous pouvons atteindre 5-8 nœuds, (10-15 km/h) alors que notre vitesse de croisière habituelle est de 4 nœuds.

Lorsque nous sommes sous kite, les moteurs électriques ne consomment pas ou peu d’électricité. L’électricité des panneaux solaires peut donc aller directement charger nos batteries, ou produire de l’hydrogène ! »

Tout homme est fort qui sait s’y prendre

« Le vol entre filles, c’est juste un petit clin d’œil. J’ai toujours été étonnée en tant que marin de la différence que peut représenter le sexe. Pour moi, en mer, je suis marin avant tout. Être une femme me semble indépendant. En mer sur n’importe quel bateau, les efforts sont démultipliés. Quand j’étais petite nous naviguions sur un croiseur de 8m60, donc pour un enfant de 10 ans, les efforts étaient déjà importants. Mon père, à l’époque, me répétait « Tout homme est fort qui sait s’y prendre, et par homme, j’entends être humain ! Si tu as la bonne technique, tu y arriveras toute seule ! »
Il avait raison. »

Escale à Monpiche…

… où ils décidèrent d’aller quérir de l’eau douce dans un petit village de pêcheurs sur la côte équatorienne !

Eric Loizeau, notre ambassadeur embarqué à bord de Race For Water, nous livre régulièrement les coulisses de leur cheminement entre Panama et Lima… Aujourd’hui, Eric nous parle d’une escale improvisée à Monpiche pour faire le plein des réserves en eau du catamaran suite à une défection du dessalinisateur.

« Décision prise par notre Capitaine après l’ultime panne de notre satanée machine à fabriquer de l’eau douce en début de nuit. Nous entamons donc subito presto un virage à quatre vingt dix degrés vers l’Est en direction d’un village supposé de pêcheurs, abri côtier d’un ami d’enfance de Bunny, surnommé Mondas, tenancier exilé breton d’un rade équatorien appartenant à la chaine Buddha Bar, tout un programme ! Pour votre information, il existe l’identique à Katmandou capitale du Népal, estaminet dont j’ai l’honneur d’être invité à vie en tant que « summiter » du mont Everest…. Espérons simplement que ces bières Mondas auront une saveur équivalente sous l’Equateur pour nous autres  pauvres pêcheurs.

Je rappelle que ce tournant inopiné était destiné exclusivement à nous approvisionner en eau douce afin de nourrir nos intimes cellules assoiffées . Par une curieuse coïncidence, le dieu Neptune dans toute son impunité, décida au même moment de déverser sur notre petit navire des cataractes de pluie, trombes d’eau de folie, qui nous arrosèrent toute la nuit !

C’est dans cette ambiance poteau-noiresque ou tout simplement finistérienne qu’à l’aube se dessina au sein de la côte emboucaillée la silhouette endormie de notre havre tant espéré.

A mesure que nous approchons, le jour se lève et dissipe le mystère de cette bourgade de quelques maisons basses aux toits de tôle ondulée, protégée des attaques de l’océan par une sorte d’enrochement prolongé d’une plage à cocotiers où s’alignent une ribambelle de barques de couleurs vives.

Cartographié  du nom de Monpiche ou Mon Pichet comme le prononce malicieusement Bunny, décidément bien inspiré par l’idée de se dégourdir les jambes à terre, ce village inespéré se révèlera comme une escale à tout point de vue bénéfique. Ainsi aidé par une bande de joyeux jeunes lurons dont nous affrétâmes la « lancha » pour une poignée de dollars, ici encore la monnaie fétiche, il nous fut possible, non seulement de récupérer 700 litres d’eau douce de qualité moyenne, mais aussi plus de 200 litres d’eau potable, de quoi tenir sans souci jusqu’à Lima et rassurer notre tourmenté capitaine.

   

Monpiche est une bourgade côtière d’un millier d’âmes dont la pêche fut la principale occupation depuis son origine. Voici quelques dizaines d’années une myriade de surfeurs de toutes nationalités ont débarqué, ayant découvert dans le secteur des vagues qu’ils qualifièrent de splendides. Le village s’est agrandi et on y trouve aujourd’hui des hôtels, de nombreux commerces et au bonheur des dames quelques maraichers venus des montagnes voisines, auprès desquels Bunny et Yohan réussirent à s’approvisionner en légumes et fruits frais bienvenus pour la suite de notre voyage et nous éviter ainsi tout risque de scorbut.

Bien entendu, nous ne nous privâmes pas de boire quelques bières chez notre ami Mondas au Buddha Bar avant de reprendre la mer en fin d’après-midi, sous les meilleurs auspices, avec un soleil revenu, prélude à notre observation rituelle du Rayon Vert. »

Histoires d’eau …

Partis de Panama City, dans la nuit de mardi à mercredi dernier, le catamaran Race For Water évolue vers sa nouvelle escale, Lima au Pérou où il est attendu le 15 mars prochain. A bord, les 9 membres d’équipage sont contraints par une restriction d’eau due à un caprice du dessalinisateur qui a décidé de leur faire faux bond ; une réparation est en cours.Le moral des neuf reste au beau fixe avant le passage dans les jours à venir de la fameuse ligne de l’Equateur.

Récits et témoignages signés Eric Loizeau et Anne Le Chantoux.


La lune et l’océan – Copyright : Eric Loizeau

ERIC :  Vendredi 2 mars 2018 – Réflexions nocturnes

«  Belle mer, temps calme. Premier quart de nuit silencieux, laiteux, dans la clarté de la pleine lune tamisée par un léger voile de nuages d’altitude, cirrus de beau temps qui malheureusement ne nous apporteront pas cette averse salvatrice que nous attendons tous, privés pour un temps indéterminé de notre dessalinisateur lâcheur.

Cette nuit à minuit la brise du nord gaillarde toute la journée s’est faite évanescente en prenant de la droite (langage moderne de compétiteur figariste), c’est à dire venant à l’Est soit par notre travers tribord. Nous avons été bien inspirés d’utiliser notre Kite hier car ce sera probablement la seule occasion jusqu’à Lima….


Session de kite entre Panama et Lima – Copyright : Eric Loizeau

Restrictions d’eau douce à partir de maintenant, comme l’a annoncé notre capitaine avec cet air sombre qu’il sait prendre à certaines occasions. Donc ! Brossage de dents et toilette à l’eau de mer, pissottières ouvertes à l’arrière pour les garçons. Nous disposons de 50 petits litres journaliers pour arriver à bon port avec nos réserves actuelles. Heureusement, cette panne impromptue inattendue ne nous atteint pas au cours d’une longue traversée transocéanique. Dans notre situation actuelle, la côte la plus proche ne se situe qu’à 250 nautiques, soit à peine deux jours de mer. Nous ne nous trouvons pas en condition de survie! Ouf, vous voilà rassurés !

Quart de nuit solitaire, silencieux à bord de notre soucoupe volante flottante endormie. Café noir fumant dans tasse blanche de la nuit. AIS tout vert de cargo lointain nous rattrapant à 20 noeuds sous le vent. Doux balancement, doux bercement du bateau endormi roulant bord sur bord au gré des ondulations pacifiques océanes. Quart de nuit. Mollesse caresse du tiède vent d’est sur ma peau moite de rosée matinale.

Ce bateau solaire solitaire sur l’océan pacifique est tout à la fois un empire de silence et un éloge à la lenteur au calme et à la douceur. Un îlot de tranquillité magique au milieu de l’océan pacifique si grand, si calme ce matin. A l’ouest rien de nouveau. »

 

ANNE
« Notre escale de 10 jours à Panamá City c’est bien passée mise à part le fait de ne pas avoir été à quai suffisamment longtemps pour pouvoir se réapprovisionner en eau régulièrement.

Durant ces 10 jours notre plus grande contrainte n’a pas été d’être au mouillage, ça a été l’eau !  Imaginez-vous, 11 à vivre sur le Race For Water pendant l’escale. Chacun a vaqué à ses occupations : entretien du catamaran, accueil et visites du public et de la presse… ; tout cela par 30 degrés Celsius!!  Après cela, le soir, chacun rêve d’une bonne petite douche ! Or, pas possible ! Le plus gênant n’est pas forcément cette douche de confort, mais le manque d’eau potable. Les douches, les machines à laver on peut encore s’en passer, mais l’eau potable moins et acheter des bouteilles en plastiques… on évite.

Nous n’avons pas pu faire tourner notre dessalinisateur parce que l’eau au mouillage n’était pas la plus propre. Toutefois, on s’en est bien sorti pendant l’escale ; tout le monde a bien fait attention à sa consommation.

Désormais, nous sommes partis à 9, direction le Pérou avec environ 700 lites d’eau dans nos deux réservoirs. Ça suffit car une fois au large nous pouvons recommencer à faire de l’eau avec notre dessalinisateur. Le premier jour de ce convoyage jour, nous en avons tous profité pour faire des machines, laver le linge, remplir nos réservoirs : celui de 500 litres (le journalier) et celui de 1000 litres (réserve). Quand, tout d’un coup, le dessalinisateur s’est arrêté de fonctionner !!


Martin Gavériaux et Pascal Morizot en plein réparation !

Cela fait trois jours maintenant que Pascal (le capitaine) et Martin (l’ingénieur) sont sur le problème et essayent de trouver une solution. Nous sommes de nouveau en restriction d’eau. Il nous reste environ 500 litres. Nous lavons donc notre vaisselle à l’eau salée. Les douches aussi se font à l’eau de mer avec un mini rinçage à l’eau douce. Nous gardons notre eau pour nous hydrater, c’est le plus important.

Nous avons environ 12 jours de navigation pour arriver à Lima. Nous allons longer la côte afin de pouvoir, si nécessaire, s’arrêter sur le chemin pour s’approvisionner en eau.

En attendant, avec un peu d’huile de coude et le dessalinisateur manuel, j’arrive à produire 5 litres d’eau douce par heure et autant de litres de sueur !!! 🙂 🙂

Hormis ce « petit » souci d’eau, le moral est au beau fixe à bord de race For Water. »

News du bord par 08°08 de latitude Nord et 79°34 de longitude Ouest

Eric Loizeau, l’un des ambassadeurs de la Fondation Race For Water, actuellement à bord du catamaran en direction du Pérou, partage avec nous, un instantané de la vie du bord.

 » Changement de quart entre Bunny et Martin.

Il est 7 heures locales et le soleil quasi équatorial étincèle déjà haut dans le ciel dégagé de tout nuages. L’horizon s’étend vide, autour de nous avec peut-être tout là-bas dans notre sillage, côté nord, un morceau d’île lointaine qui s’efface brumeuse et bleutée dans le matin clair. Après tout le tumulte panaméen, j’aime bien ça !


Couple de frégates
Copyright : Eric Loizeau

Nous sommes partis depuis 12 heures à peine et la faune marine nous a rejoint. L’océan pacifique est loin d’être vide. Nous avons été abordés par un couple de frégates ces délicats oiseaux qui ne supportent que la chaleur des tropiques . Ils se sont installés impassibles au sommet des mâts en carbone utilisés pour envoyer le Kite. Monsieur Tête Noire et Madame Tête Blanche nous observent du haut de leur perchoir avec leurs yeux vifs et perçants, agitant leurs becs acérés bizarrement recourbés. Nous admirons leur élégance et leur adresse à s’équilibrer, placides selon les mouvements du bateau.

La mer a perdu ses couleurs limoneuses pour retrouver ce bleu indigo qui lui va si bien. Le vent léger alizé qui fête son retour, la mouchette de menues crêtes blanches et incite Martin à penser Kite.

Des bancs de mouettes étincellent dans les rayons mordorés du soleil en chasse d’essaims de poissons courant à la surface de l’onde, pourchassés eux-mêmes par quelques prédateurs affamés.

Et voici que surgit de l’horizon lointain une bande de dauphins joueurs pour compléter cette matinée parfaite. »

Cap

En route vers le Pérou et Lima.

Après une escale de 10 jours en Amérique centrale, à Panama City, le navire Race for Water ambassadeur de la Fondation éponyme, met le cap ce mardi 27 février sur le Pérou qu’il rejoindra mi-mars. Mais pour l’instant, retour sur un séjour à Panama City intense et très instructif notamment grâce à la campagne « Déchets recyclés, océans propres » organisée par SUEZ, partenaire de la Race for Water Odyssée lors de l’escale panaméenne mais aussi grâce à la diversité des publics rencontrés.

  

Bilan d’une escale panaméenne très rythmée

En quatre jours, se sont succédés à bord, plus de 500 personnes dont 20 journalistes, des étudiants en architecture et ingénieurs le temps d’un workshop, mais aussi près de 450 panaméens ayant gagné un concours ou encore 40 élus et autres personnalités locales. Une opération rythmée et réussie, en collaboration avec notre partenaire d’escale SUEZ.

  

Marco Simeoni :  « Notre séjour panaméen a été un réel succès principalement grâce à la magnifique campagne « déchets recyclés, océans propres » montée par SUEZ, partenaire de cette escale. La diversité des publics rencontrés et la qualité des échanges nous donne beaucoup d’espoir sur la capacité de Panama à s’orienter vers un traitement plus durable de ses déchets. L’idée de faire plancher pendant trois jours des groupes composés d’étudiants architectes et ingénieurs environnementaux sur la gestion des déchets de leur ville est géniale. La créativité des projets présentés donne l’espoir de voir nos villes de demain pensée et dessinée de manière durable pour l’environnement.
Quand on sait que Panama City est la deuxième ville la plus productrice de déchets par habitant en Amérique Latine avec 1,6kg/jour/habitants, il était également crucial de recevoir le grand public panaméen. Expliquer que l’océan est le gage de toute vie sur terre et montrer que la pollution plastique est en train d’empoisonner cette ressource essentielle permet d’engager les gens vers de meilleurs comportements. Il est important que tout le monde comprenne que la meilleure manière de lutter contre la pollution plastique des océans est de réduire sa production de déchets notamment plastique. Les jeux organisés par SUEZ autour du recyclage sont également un moyen ludique d’initier la population au tri et aux éco-gestes qui peuvent préserver nos océans.
Enfin, ces événements nous ont permis de rencontrer des acteurs engagés à faire changer les choses à Panama. Que ce soit au niveau du gouvernement, de la municipalité de Panama City ainsi que du tissu industriel local. La nouvelle loi 173 récemment adoptée permet de donner un cadre au traitement des déchets et est un premier pas extrêmement important pour une gestion efficace des résidus.
Le succès de cette escale prouve la pertinence de notre collaboration avec SUEZ. Nous croyons beaucoup à des partenariats public/privé/ONG pour mettre en place des projets durables. Nous comptons maintenant poursuivre le travail sur le terrain avec SUEZ en accompagnant la Municipalité de Panama dans la mise en place de solutions concrètes pour empêcher les déchets plastiques sauvages d’atteindre les voies d’eau. »


Pour la suite des aventures, rendez-vous à Lima au Pérou du 15 mars au 25 mai avec un programme qui sera également intensif et au cours duquel nous aurons l’honneur de recevoir à bord de Race For Water le père de l’Economie Bleue, Gunter Pauli.

Rencontre

Lors de notre escale panaméenne, nous avons le plaisir de collaborer avec les équipes de Suez Amérique Centrale le temps de l’opération « RESIDUOS RECICLADOS, OCEANOS LIMPIOS* ». A cette occasion, nous avons pu rencontrer Madame Ana Giros, Directrice Général de la Business Unit Europe – Amérique Latine. Entretien croisé entre Marco Simeoni, Président de la Fondation Race For Water et Ana Giros.

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Quelle est votre vision du monde actuel et des problématiques majeures auxquelles les populations humaines font face ?

Ana Giros : Il y a trois axes de problématiques assez clairs. La première chose est que la croissance démographique est exponentielle. Ensuite, les populations se rassemblent autour des villes, ce qui est un gros enjeu pour la planète. Et enfin, le changement climatique qui impacte en termes de résilience et le quotidien des citoyens.

Marco Simeoni : En complément, il y a une fracture sociale de plus en plus importante entre les pays émergents et les pays dit développés. J’ai la chance de beaucoup voyager et je me rends compte que le fossé ne cesse de se creuser et ça m’inquiète énormément.
La mondialisation impacte fortement l’environnement. Il faudrait pouvoir ramener des activités au niveau local afin que les populations puissent retrouver des emplois et ainsi pouvoir améliorer leur qualité de vie. Nous avons été un peu loin au niveau mondialisation et il faudrait pouvoir remettre le curseur au bon niveau.

Selon vous, comment construire un avenir plus respectueux de notre planète ?

Ana Giros : Au niveau très macro, il y a un seul moyen : rendre l’économie circulaire. On avait misé sur une planète aux ressources infinies, or, on se rend compte que c’est fini.  Il faut nous orienter vers des modèles où les déchets des unsdeviennent une fois traités la matière première des autresd’un nouveau processus.

Marco Simeoni : Tout à fait. De plus, il existe aujourd’hui des technologies abouties permettant d’envisager une transition énergétique viable et durable. En revanche, notre modèle économique est à réinventer. Il est basé uniquement sur des considérations de profitabilité directe. Il devient impératif de prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux, trop souvent négligés.

Pour vous, que représentent les océans ?

Ana Giros : Les océans représentent la vie ; la vie vient des océans et il faut les préserver pour qu’elle puisse perdurer sur la planète. Un élément important à appréhender : les océans nourrissent la moitié de la planète ; et un autre point qui est crucial :  ils participent activement à la régulation du le climat car ils absorbent plus de 90% de la chaleur cumulée dans l’atmosphère et 25% du CO2 créé par l’homme. Ils contribuent donc énormément à l’équilibre climatique des territoires.

Marco Simeoni : L’océan c’est la vie, c’est aussi l’avenir de notre planète. Pour moi, les océans sont synonymes de liberté, de voyages et d’inspiration. Ils nous permettent de respirer et de nous nourrir.  Ils sont aussi notre plus grande ressource en eau puisqu’ils représentent 97% de la ressource hydrique sur terre. Or, aujourd’hui, nous prenons les océans pour une énorme poubelle. Comme ils n’appartiennent à la fois à personne et à tout le monde, le sujet est complexe et peu d’entre nous se sentent concernés.

Suez et Race For Water ensemble à Panama, une évidence ?

Ana Giros : Une évidence au niveau local, parce que SUEZ est très présent au Panama, pays qui est notre hub pour toute l’Amérique Centrale et les Caraïbes. On y est depuis de nombreuses années et on continue de travailler avec la population panaméenne et les entités publiques pour développer les infrastructures en eau et puis travailler sur la partie performance des services du cycle municipal de l’eau. On commence à regarder les opportunités dans la gestion des déchets car on voit que le pays se mobilise sur ce sujet avec des idées très concrètes et industrielles de traitement des déchets, comme le programme BASURA CERO.
De plus nous sommes très engagés sur la protection des océans au niveau mondial. Ce partenariat local avec Race For Water matérialise des choses plus globales comme nos accords avec l’UNESCO et notre collaboration avec différentes COP à partir de la COP 21 et la feuille de route que le groupe SUEZ a sur le sujet des océans.

Marco Simeoni : Que dire de plus ! Cette collaboration est plutôt évidente puisque nous portons les mêmes causes. Tout d’abord, SUEZ a une branche spécialisée dans le traitement des eaux ; or l’objectif premier de la Fondation est de préserver l’eau au sens large. La seconde activité principale de SUEZ est la gestion des déchets ; Race for Water se bat pour empécher ces derniers d’atteindre les voies d’eaux. Dans ce sens, le travail de SUEZ est donc primordial, en amont et en parfaite complémentarité avec le travail de la Fondation sur le terrain.

Lors de cette escale panaméenne, quels enjeux locaux ont été évoqués en matière de gestion des déchets et préservations des ressources marines ?

Ana Giros : Je crois qu’au niveau local, il y a un focus très fort sur l’assainissement des eaux pour protéger la baie de Panama qui, à ce jour, est encore très polluée.
Sur la partie collecte des déchets solides, il commence à y avoir des initiatives qui se font. Maintenant, il faut passer à l’étape suivante : que faire de ces déchets en plus de les emmener dans les décharges municipales. Passer le cap  du traitement et de la valorisation des déchets permetra d’enrichir le pays et de créerde la valeur localement, c’est l’étape ultime que le Panama doit franchir !

Marco Simeoni : Pour ma part, je vais me focaliser principalement sur la problématique posée par les déchets plastiques car c’est le sujet de Race For Water.
Sur cette partie, j’ai cru comprendre que le pourcentage de plastique dans les déchets est plus élevé que la moyenne mondiale.
J’ai en tête 19% de plastique par rapport aux déchets générés alors qu’au niveau mondial c’est déjà 10 % ! On double presque les déchets plastiques à Panama ! Je n’en connais pas les raisons mais c’est inquiétant.
J’ai eu l’opportunité de me rendre à Portobello à 1h15 de route de Panama City. Tout au long du chemin, j’ai constaté la présence de déchets . Je me dis qu’il y a encore un travail important à faire d’éducation, de sensibilisation, de collecte et de traitement du déchet, particulièrement du déchet plastique.

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*Pour la première fois en Amérique centrale, un évènement dédié à la protection des océans et à la gestion des déchets a lieu du 22 au 25 février 2018 dans la ville de Panama (Fuerte Amador, Isla Flamenco) : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS ».  Aux commandes de cette initiative, le Groupe SUEZ et son invitée la Fondation Race For Water : les deux entités souhaitent grâce à diverses actions d’informations et d’animations locales, sensibiliser le grand public à la nécessité d’optimiser la gestion et promouvoir le recyclage des déchets.