Le Groupe SUEZ et la fondation Race For Water proposent ensemble un évènement unique en Amérique centrale : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS »

Pour la première fois en Amérique centrale, un évènement dédié à la protection des océans et à la gestion des déchets a lieu du 22 au 25 février 2018 dans la ville de Panama (Fuerte Amador, Isla Flamenco) : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS ».  Aux commandes de cette initiative, le Groupe SUEZ et son invitée la Fondation Race For Water : les deux entités souhaitent grâce à diverses actions d’informations et d’animations locales, sensibiliser le grand public à la nécessité d’optimiser la gestion et promouvoir le recyclage des déchets. 

La Mairie de Panama soutient cette initiative, convaincue que la prévention et l’enseignement auprès des usagers sont les premières actions nécessaires à une meilleure gestion des déchets au niveau local. Cet événement s’inscrit également dans une dynamique territoriale plus large : à l’heure où les régions caraïbes et pacifiques voient apparaître des « îles de déchets », l’objectif est surtout d’encourager les habitants à changer leur comportement dans la production, la séparation et le tri des déchets.

Sans une gestion efficace des déchets, les risques de pollution des mers et océans augmentent, avec pour principale conséquence une dégradation de la biodiversité et une modification des courants marins dont le rôle est essentiel dans la régulation du climat.  Au Panama et en Colombie, un habitant génère plus d’1.2 kg de déchets par jour dont la majorité se retrouve déversées dans les rivières et mers. Les impacts sur l’environnement sont catastrophiques. Le Panama compte une forêt de palétuviers unique au monde tandis que la Colombie abrite 70 % des espèces marines typiques de la région biogéographique du “Pacifique Oriental Tropical”. Il est donc important de valoriser les solutions technologiques possibles en termes de gestion des déchets pour préserver ces ressources.

« RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS » a ainsi débuté le 22 février par un séminaire universitaire organisé sur le célèbre catamaran 100% écologique de Race For Water.  Une quinzaine d’étudiants issus de l’Université Technologique de Panama (UTP) et de l’ISMUTH (école d’architecture) ont découvert le bateau, puis ont été invités  à réfléchir sur comment intégrer une gestion plus optimisée des déchets au plan de développement urbain de la capitale panaméenne. Les journées à venir seront, quant à elles, dédiées aux témoignages d’acteurs locaux et internationaux (ANCON, ONU Environnement) et à la sensibilisation du grand public et les collaborateurs du Groupe SUEZ.

“La protection des océans est une nécessité dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité. En Amérique centrale, Panama et Colombie, comme partout ailleurs, le groupe SUEZ a fait de la protection des océans une de ses priorités. Nous entendons apporter des solutions concrètes pour limiter la pollution des océans à la source, à savoir moins de déchets et eaux usées non traitées. Dans les villes de Panama ou Bogota, plus de la moitié des déchets n’est pas recyclée : les rivières et les plages se voient jonchées de détritus dangereux pour la préservation de la faune et la flore marines. SUEZ est déterminé à prendre une part décisive dans l’élaboration d’une politique de gestion durable des déchets.” assure Ana Giros, Directrice Générale de SUEZ en Amérique Latine.

“Race For Water ne se contente pas de vouloir alarmer la population quant à l’état des océans. Nous souhaitons aussi et surtout proposer des solutions à la pollution marine, en mer et sur terre. La solution ETIA permet de transformer les déchets plastiques en énergie, en valeur ajoutée pour l’économie des pays.” explique Marco Simeoni, Président de la Fondation Race For Water, “Cette alliance avec SUEZ et cette étape au Panama sont une opportunité pour nos deux institutions puisque nous portons des valeurs similaires et le même objectif : réduire la pollution marine.”

SUEZ, présent dans la région depuis plus de 50 ans, accompagne le développement des villes côtières telles que la ville de Panama ou Cartagena de Indias. Le Groupe a notamment construit la première station de traitement des eaux usées du Panama ainsi que de nombreuses unités de traitement d’eau potable au sein d’espaces insulaires (Barbade, Guadeloupe, Martinique, Jamaïque). A ce jour, près de 3 millions d’habitants bénéficient des services d’assainissement du Groupe sur l’ensemble de l’Amérique centrale, Caraïbe et Colombie.

Le récit du passage du canal de Panama avec une vidéo 360° !

 

Mouillé à Colon, nous attendons de pied ferme notre pilote professionnel car sans lui, pas de canal ! Le pilote arrive et tout de suite nous demande de faire route au plus vite vers le canal, le cargo qui doit passer avec nous est déjà en route, pas le temps de traîner sur les présentations ! La chaîne de mouillage est remontée prestement.

Pour passer le canal, un pilote professionnel monte à bord du navire

 

Aurélio (le pilote) nous appelle en passerelle pour un briefing général. « Les lamaneurs vous lanceront leurs toulines… » (il s’agit d’un filin avec à l’extrémité, une balle esthétiquement attachée au filin, ce qui permet de l’envoyer avec précision sur une belle distance.) Première interruption : « mais notre pont est en panneaux solaires… Autrement dit en verre… Nous aimerions mieux leur lancer nos toulines ! » Arrangeant, Aurélio nous dit que c’est possible et qu’il va même demander à un petit bateau de s’approcher pour que nous n’ayons pas besoin de réaliser un lancer olympique. Une fois que les lamaneurs auront nos toulines, ils s’avanceront avec nous le long de l’écluse, puis ils ramèneront nos lignes pour saisir nos amarres et les mettre sur les bollards.

 

Nous allons passer en même temps qu’un petit cargo, nous devrons donc avancer au maximum derrière lui dans l’écluse. Une fois correctement amarré, les portes de l’écluse vont se fermer, et l’eau montera d’une dizaine de mètres. Sur les flotteurs et à l’avant du bateau, les équipiers devront s’activer et reprendre les amarres pour limiter le mou, et donc les déplacements du bateau.

A moi la tâche de les coordonner pour que le bateau ne se mette pas de travers dans l’écluse, d’autant que le vent est au 3 quart arrière bâbord du bateau. Sur le Flotteur bâbord, celui qui tendra à s’éloigner du bord, Eric et Raphaël vont avoir du boulot ! Heureusement ils sont sacrément expérimentés. Eric a probablement la plus longue et incroyable expérience maritime à bord et Raphaël est l’initiateur du projet Planet Solar et a réalisé le tour du monde sur ce fameux navire qui est devenu aujourd’hui Race For Water, notre bateau !

La Race for Water entre les écluses

 

Lorsque les portes s’ouvrent, le cargo devant nous démarre et génère un beau flux ! Heureusement nous étions préparés, le bateau tourne un peu, mais l’espace est suffisant. Il y a 3 écluses à suivre, les lamaneurs nous renvoient nos amarres attachées à un messager, et marchent avec le messager, à mesure que nous avançons le long de l’écluse. Un peu comme s’ils nous promenaient en laisse, ou l’inverse je ne sais pas trop. A l’écluse suivante le processus se répète.

Canal et nuit sur le lac Gatún

 

La première écluse a refermé derrière nous les portes de l’Atlantique, après avoir monté nos 3 marches successives, nous atteignions le lac Gatùn, sur lequel nous passerons la nuit. Le lendemain on répète l’opération pour la descente, et la dernière écluse nous ouvre les portes du Pacifique… Moment magique !

Annabelle

Le navire Race for Water est arrivé à Panama City sur l’océan Pacifique

 

 

D’un océan à l’autre :  Race for Water aux portes du Canal de Panama

Dans 3 jours, après le passage du canal de Panama, le navire Race for Water rejoindra l’Océan Pacifique et Panama City, 7ème escale de la Race For Water Odyssée 2017-2021.

Parti dimanche 28 janvier dernier de Guadeloupe, ce navire ambassadeur uniquement propulsé par un mix d’énergies renouvelables (solaire, Kite, Hydrogène), est en stand-by dans la baie de Portobello sur la mer des Caraïbes depuis vendredi 9 février dernier, afin de remplir aux devoirs administratifs liés au passage du canal.

Le jeudi 15 février, le navire de la Fondation Suisse engagée contre la pollution plastique des océans traversera le canal de Panama pour rejoindre l’océan Pacifique. 77 kilomètres d’une route océanique parsemée d’écluses et d’un lac, qui vont permettre à l’équipage de Race For Water et à ses invités de rallier la mer des Caraïbes dans l’océan Atlantique au golfe de Panama dans l’océan Pacifique. Avec une escale d’une nuit prévue sur le lac Gatùn au cœur du canal, la remontée s’effectuera en 48h.

 

Marco Simeoni avec Raphael Domjan, à l’occasion d’une assemblée de la Fondation SolarPlanet

A bord de Race For Water, ce passage symbolique sera vécu dans le partage puisqu’ au-delà de l’équipage et du Président de la Fondation, Marco Simeoni, nous font le plaisir d’être à bord : l’éco-explorateur, Raphael Domjan et l’un des ambassadeurs de la Fondation, Eric Loizeau.

Raphael DOMJAN, fondateur et président de la Fondation PlanetSolar, a effectué entre 2010 et 2012 le premier tour du monde à l’énergie solaire à bord de PlanetSolar, l’actuel Race For Water, en tant que chef d’expédition. En 2014, il lance la mission SolarStratos, ayant pour objectif d’atteindre la stratosphère avec un avion solaire. Un nouveau record mondial qu’il envisage d’effectuer en 2018.

« Il y a 7 ans, avec mes compagnons d’aventure de PlanetSolar nous réalisions la première traversée du canal de Panama à l’énergie solaire. Aujourd’hui, grâce à Marco Simeoni, l’aventure de ce navire unique se poursuit et ce, avec toujours autant d’ambition et de technicité, en étant propulsé par un mix d’énergie renouvelables. Le soleil, le vent et l’eau sont les ressources énergétiques d’un futur plus propre. Le Race for Water est la représentation de ce qu’est la transition énergétique et de l’efficacité énergétique. Avoir le privilège d’accompagner les équipes de la Fondation Race for Water lors de ce passage symbolique est une belle démonstration de ce qui nous unis car, c’est ensemble que nous arriverons à construire cet avenir meilleur. »

 

Eric Loizeau, Ambassadeur de la Fondation Race For Water

Eric LOIZEAU, aventurier, skipper émérite et alpiniste chevronné, œuvre depuis 2015 aux côtés de la Fondation en faveur de la lutte contre la pollution plastique en mer et se consacre à de nombreuses missions pour la préservation des océans et la transition énergétique :

« On peut avoir fait 3 tours de monde à la voile et n’être jamais passé par Panama. Mais c’est vrai que jusqu’à présent, en ce qui me concerne, c’était plutôt en mode course.
 Ainsi j’associais plutôt ce nom de Panama aux larges chapeaux des riches sud-américains et les cigares hors de prix qui allaient avec. Mes pensées aujourd’hui vont aussi à mon arrière-grand-père ce capitaine au long cours moult fois cap-hornier qui aurait sûrement préféré les eaux tranquilles du canal aux affres de ce Cap Dur qu’il redoutait tant. S’il pouvait imaginer son héritier des splendeurs maritimes (c’est moi) passer ainsi facilement (j’espère) de l’atlantique au pacifique à bord d’un drôle d’esquif avançant grâce au soleil, cela l’intriguerait et l’amuserait probablement. Autant que moi aujourd’hui grâce à Race For Water… »

 

Passage du canal de Panama :

Après 8757 milles parcourus depuis son départ de Lorient (France), Race For Water est aux portes du Pacifique et s’apprête à franchir, comme plus de 14000 cargos par an, le canal de Panama ouvert en 1914. Le catamaran passera demain les trois premières écluses qui le feront monter de 26 mètres, jusqu’à la hauteur du lac de Gatun sur lequel l’équipage passera une nuit, au beau milieu du canal de Panama !  Vendredi 16 février, Race For Water franchira à nouveau trois autres écluses qui lui permettront de redescendre jusqu’au niveau des eaux du Pacifique…

Pascal Morizot, capitaine de Race For Water : « Nous n’avons pas eu de préparation spécifique pour ce passage du canal. Si ce n’est que nous avons reçu à bord, un inspecteur du canal qui a vérifié les spécificités de notre navire. Il nous a demandé un escalier de pilote stable et sécurisante. Niveau organisation, nous avons prévu des aussières ad hoc de 25 à 30 mètres aux quatre coins du bateau et du monde pour gérer l’ensemble, au moment du passage des écluses. Le pilote qui nous accompagnera gèrera le timing et donnera l’autorisation de rentrer dans l’écluse. Nous passerons en deux jours avec un mouillage de nuit dans le lac Gatun ; trois écluses à monter le premier jour et trois à descendre le second, et nous serons dans le Pacifique ! »

 

L’équipe à bord pour le passage du Canal de Panama

Marco Simeoni, chef d’expédition et Président de la Fondation Race For Water
Pascal Morizot, capitaine
Annabelle Boudinot, second capitaine
Martin Gavériaux, ingénieur de bord
Anne Le Chantoux, matelot
Olivier Rouvillois, intendant
Peter Charaf, media content manager
Raphaël Domjan, éco-explorateur et Président de la Fondation PlanetSolar
Eric Loizeau, ambassadeur de la Fondation Race For Water

 

Le canal de Panama en chiffres

1914 : inauguration du canal de Panama

77 km de long

8-10h de traversée

40 bateaux par jour, 15.000 par an

5% de la flotte maritime commerciale

3 écluses, 33.53 mètres de largeur, 304.8 mètres de long, 25 mètres de haut et 200.000 m3 d’eau à chaque passage de bateau

Lac Gatún : 423 km²

 

À quelques heures de débuter la traversée du canal de Panama : les impressions d’Anne !

 

Aujourd’hui, le 15 février, nous traverserons le canal du Panama. Je suis très intriguée de voir à quoi ressemble ce fameux canal et surtout la taille qu’il a. Je n’arrive pas trop à me le représenter. Dans tous les cas, la traversée se fera durant deux jours, autrement dit fini la vitesse de croisière a sept nœuds comme vécu sur la navigation entre la Guadeloupe et Panama !

Demain nous commencerons par passer les trois premières écluses qui nous font monter sur le lac de Gatun (d’environs 30m). Nous passerons ensuite la nuit sur ce lac, au beau milieu du canal de Panama. Le surlendemain, nous prendrons trois autres écluses qui nous permettrons de redescendre. Et puis derrière les portes de ces dernières écluses… place au Pacifique !

Infographie représentant les écluses et le lac qui forment le canal de Panama (Source : Courrier International)

 

Anne

 

 

À la veille du passage du canal de Panama, Annabelle vous raconte l’histoire maritime de ce dernier

 

 

Le Panamà et son canal sont pour moi au cœur de toute une histoire maritime que je souhaite vous raconter. Tout a commencé en 1502, quand Christophe Colomb a découvert la ville de Colon, encore aujourd’hui le point de départ du canal ! Pourtant, il était loin d’imaginer que derrière l’isthme se cachait un nouvel océan…

Carte du canal de Panama (source, ARTE)

 

C’est en 1513 qu’un dénommé Balboà a été le premier européen à « voir » le Pacifique ! En effet, après plusieurs jours d’exploration dans la jungle luxuriante de cette terre d’Amérique Centrale, il a découvert qu’après les Amériques, il y avait bien un autre océan.

Mais l’histoire de la construction du canal de Panamà est liée, en raison du commerce maritime des épices entre autres, à celui de l’archipel de la terre de feu. Ce dernier, situé à l’extrême-sud du continent sud-américain, est traversé par le Détroit de Magellan. Un nom qu’il tient de son premier explorateur, Fernand de Magellan, qui l’a découvert en 1520.

Ce passage naturel était en ce temps la route privilégiée des marins qui souhaitaient passer d’un océan à l’autre. Mais en 1600 tout se gâte. Le commerce se développant grandement, contrôler le Détroit de Magellan devenait intéressant… C’est alors que la Compagnie néerlandaise des Indes orientales s’est emparée du monopole des transports marchands hollandais et s’est mise à contrôler le détroit de Magellan, demandant des taxes aux passagers.

Une peinture de John Chancelor du petit trois-mâts barque anglais River Boyne en 1875 avec un incendie de charbon au Cap-Horn

 

Loin d’avoir envie de payer, des petits hollandais malins originaires du village de Hoorn, ont donc décidé de passer plus sud pour éviter la taxe. Ils découvrirent le fameux cap dont le nom ne sonne effectivement pas très espagnol… Mais la route par le Cap Horn était périlleuse et effrayait les marins, limitant alors les échanges commerciaux.

Plus de 200 ans plus tard, en 1881, des français (hé oui !) ont aouhaité palier à cette navigation dangereuse par le Grand Sud. C’est alors qu’ils décidèrent de construire un passage artificiel en Amérique Centrale : le canal de Panama. Plus court, plus sûr et plus rapide, détenir un tel endroit était une idée ingénieuse et certainement fructueuse.

Mais les travaux étant nombreux et compliqués, les français abandonnèrent sa construction qui fût reprise par les Etats-Unis. Ce n’est qu’en 1914 que le canal de Panama fût ouvert. Un ouvrage dantesque dont le prix de construction s’est avéré pharaonique tant en devise qu’en vies humaines, à l’échelle des pyramides d’Egypte…

Images d’archives de la construction du canal de Panama et des écluses (sources : Wikimédia et Goethals Collection, USMA)

 

Aujourd’hui plus de 14 000 cargos empruntent le canal par an ! Alors pour ma part, en attendant ce rendez-vous avec l’histoire, je profite de la végétation luxuriante, des nombreux oiseaux marins et terrestres et des quelques marsouins qui viennent nous trouver dans la baie où nous attendons notre tour de passer le canal.

Annabelle

 

Inspiration littéraire :

« Magellan » et « Les très riches heures de l’humanité » de Stefan Sweig

« Les voyages d’Amerigo Vespucci » de Jean-paul Duviols

Sources :

Wikipédia

 

Premiers pas en terre panaméenne !

 

Il y a quatre jours, nous sommes arrivés au Panamá, après quelques 12 jours de mer. Pour notre première escale, la rade de Colon où nous ne restons qu’une nuit afin d’exécuter les formalités de passage du canal de Panama. En effet, pour traverser le canal, le Race for Water doit être jaugé et un pilote professionnel monte à bord afin de voir le navire.

Le navire Race for Water en rade de Colon à Panama afin d’exécuter les formalités de passage du canal

 

Le 9 au soir, nous avons réglé toutes les formalités administratives mais la file d’attente est encore longue… Nous ne pourrons traverser l’isthme que le 15 février en début de journée. Sur ce, nous décidons de déplacer le Race for Water dans une rade mieux protégée du vent à 20 milles nautique de Colon. Arrivés à Portobello, la mer est calme, nous sommes très bien abrités et nous allons y passer les quelques jours restant avant le transit. Au programme, travaux d’entretien, dessalage du navire et lui donner un bon coup de nettoyage avant notre départ pour le canal et notre arrivée à Panamá City !

C A R N A V A L   A U   P A N A M A

Hier soir, après le travail de maintenance du navire, nous avons pour la première fois mis le pied à terre !  Toujours aussi agréable d’arriver par la mer vers de nouvelles destinations… Le bateau étant hors du commun, il se fait assez vite remarquer et donc prendre en photo par tous les petits bateaux qui passent à côté.

Et puis, nous n’arrivons pas à n’importe quelle période de l’année. C’est le carnaval en ce moment ! Partout les gens sont déguisés, la bonne humeur règne en maitre et l’ambiance est festive à Portobello. Le cœur des rues bat au rythme d’une musique entrainante, des chars décorés sillonnent les allées et des couleurs vives éclatent tout autour de nous. Un accueil chaleureux et festif, quoi de mieux pour ce premier contact avec les panaméens !

Anne

 

La fin de l’océan Atlantique… Anne, Annabelle et Martin vous racontent !

 

A N N E

Ça y’est, nous nous approchons de la fin de notre périple sur l’Atlantique. Un beau chapitre qui se clos. Nostalgique, je repense aux rencontres intenses que nous avons eu la chance de faire à chaque escale, tous ces bons souvenirs de moments de partage et notre effort de sensibilisation à la problématique de la pollution plastique autour de cet océan. En bref, c’était une magnifique année sur l’Atlantique.

 Ambiance maritime entre la Guadeloupe et le canal de Panama

 

Alors que nous naviguons depuis 10 jours avec pour seul horizon l’immensité de l’océan, d’ici la fin de journée nous allons apercevoir à nouveau la terre. Jusqu’alors, nous étions passablement seul sur l’eau, nous n’avons pas croisés beaucoup de navires. Pourtant depuis hier, nous ressentons très fortement le fait que nous nous rapprochons du canal de Panama. Le trafic maritime s’intensifie et en ce moment, surl’AIS (un radar qui nous permet de voir quels navires naviguent autour de nous), il y a sept navires qui sont apparus. A l’œil, ils sont tellement loin qu’il n’est pas encore possible de les apercevoir, mais nous ne sommes plus seuls et il faut rester vigilant en cas de croisement.

Concernant notre navigation, les conditions nous ont été très favorables ! Le vent, d’une allure stable et portante, nous a poussé depuis la Guadeloupe et la mer n’était pas trop formée. Une météo idéale pour que Martin et Annabelle puissent nous apprendre à piloter le kite. Bonne nouvelle, avec Basile nous pourrons bientôt en gérer les manœuvres en autonomie totale, du décollage à l’atterrissage. Parce que c’est ça aussi la Race for Water Odyssée, toujours en apprendre plus, comprendre de nouvelles choses et contribuer à l’avancée des technologies propres et durables.

 

A N N A B E L L E

Hier soir a eu lieu notre dernier coucher de soleil sur l’Atlantique !

Devant nous Panama et le Pacifique. 85 jours pour traverser l’Atlantique quand un autre boucle un tour du monde en 42 jours… Bon mais la mission n’est pas la même ! Notre traversée est loin d’être direct et notre devise est, pour ce qui concerne les convoyages « rien ne sert de courir, mieux vaut partir à point. » En outre , à l’instar de la tortue, nous transportons non seulement notre maison, mais en plus notre lieu d’exposition et de visite avec nous !

Et quelques jours derrière nous, La Guadeloupe. La soirée de départ est émouvante : « vous allez nous manquer ! », « on s’était habitué à vous », « merci pour tout, vous avez démarré quelque chose ici ! », « je pars tout de suite, sinon je vais verser une larme… » Notre présence à marquer les esprits, l’enthousiasme que nous avons suscité est émouvant.

Et puis lorsqu’il s’agit des connaissances et des idées, l’enrichissement est réciproque. Il a été fascinant pour nous de découvrir une association telle que « Mon école ma baleine » et leurs aires marines protégées. Des entreprises telles qu’Ecodec et la volonté de valoriser les déchets de manière locales sans avoir recours au continent et au transport maritime ou aux déchetteries locales. Et la volonté de certains politiques de vouloir appliquer par exemple des principes d’économie circulaire au port autonome de Pointe à Pitre. Toutes ces initiatives dont on rêve qu’elles verront le jour et initieront une transition écologique.

En ce qui les concerne, l’équipage et le bateau avancent vers le couchant tel Lucky Luke, en route vers de nouvelles aventures. Heureusement l’équipe terre saura suivre le mouvement initié en Guadeloupe, tout comme elle le fait pour les étapes précédentes.

En mer, les marins n’arrête jamais d’améliorer le navire : révision des voiles de kite pour Annabelle

 

M A R T I N

Un trajet comme celui qu’on est en train d’achever, on en commanderait chaque jour ! 10 jours plein vent arrière, du bon vent, du soleil, des conditions idéales pour le kite qui a beaucoup contribué à la traction du bateau. Bilan: des batteries bien remplies en fin de journée pour démarrer sereinement les nuits.

Après un coup de vent et des vagues courtes de 3 à 4 mètres pendant une douzaine d’heures, les conditions se calment peu à peu à l’approche de la côte, et il est bientôt temps d’aller prendre rendez-vous pour passer le canal. Il ne faut pas tarder à se placer dans la file d’attente si on souhaite accéder au Pacifique rapidement. Petit stop à Panama City pendant une dizaine de jours puis nous mettrons cap au sud vers Lima au mois de mars.


A bord, il y a toujours des travaux d’amélioration à faire, Martin ingénieur s’attèle à l’électronique !

Race For Water en approche du Canal de Panama avant de rejoindre Panama City et le Groupe SUEZ, notre partenaire sur cette escale

 

Le navire Race For Water, ambassadeur de la Fondation éponyme, poursuit son odyssée et est actuellement en approche du Canal de Panama, avant de rallier Panama City en fin de semaine prochaine. Cette première escale du Pacifique sera rythmée par une collaboration avec le Groupe SUEZ, présent en Amérique centrale depuis plus de 10 ans. Un partenariat de quatre jours durant lesquels un large programme de sensibilisation à la préservation des océans et à la problématique du traitement des déchets plastiques a été organisé conjointement, et avec le soutien de la municipalité de Panama City.

 

Canal de Panama, de l’Atlantique au Pacifique

Parti le 28 janvier dernier de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Race For Water, le catamaran propulsé par un mix d’énergie – vent, soleil et hydrogène – navigue vers Panama, la porte d’entrée vers le Pacifique. Cette traversée aura une fois de plus permis d’éprouver l’efficacité de la propulsion du kite dans des vents portants.
Le 10 février, le catamaran Race For Water arrivera à l’entrée du Canal et débutera la traversée de l’isthme le vendredi 16 février après s’être acquitté des formalités d’usage. Le navire 100% écologique atteindra la capitale du pays et Fuerte Amador, son port d’escale le dimanche 18 février en fin de journée.

 

 

Le Groupe SUEZ, partenaire de l’escale panaméenne du 20-28 février

Partageant des visions communes, la Fondation Race For Water et le Groupe SUEZ ont décidé de se réunir à l’occasion de l’emblématique passage du canal de Panama. Au cœur de cette collaboration, soutenue par la ville de Panama, la conviction partagée que des solutions contre la pollution plastique existent et que ces dernières sont à mettre en œuvre à terre. Une fois dans les océans, les plastiques se détériorent et imaginer les ramasser devient alors utopique. Cependant, pour garantir l’efficacité de ces solutions, la sensibilisation à la pollution et l’éducation des populations, notamment des enfants, sont absolument incontournables.
Avec ces objectifs, le groupe SUEZ et la fondation Race for Water organisent ensemble un événement de quatre jours intitulé « Residuos Reciclados, Océanos Limpios » (Déchets recyclés, océans propres). Une démarche visant à ouvrir les discussions sur les enjeux de la préservation des océans dans une région des Caraïbes en plein développement économique, industriel et touristique mais dans laquelle seulement moins de 30% des déchets sont recyclés.
Des conférences, un séminaire étudiant, une journée tout public : ce projet entend avoir une portée régionale grâce à l’intervention de porte-paroles locaux et internationaux.

 

« Nous sommes heureux d’être accueillis et de collaborer avec le groupe Suez de Panama qui est un des acteurs majeurs de la gestion des déchets et possédant une vision globale de cette problématique sur l’ensemble de l’Amérique Centrale »

Marco Simeoni, Président de la Fondation Race For Water 

 

Programme du navire Race For Water

  • du 9 au 15 février : Stand-by de Race For Water à l’entrée du canal de Panama
  • du 16 février au 18 février : passage du Canal de Panama
  • du 18 au 28 février : Escale à Panama City, à Fuerte Amador
  • 28 février : Départ vers le Pérou

Programme des actions communes avec le Groupe SUEZ

  • Jour 1 – 22 février : Session de travail sur la gestion des déchets solides dans la ville de Panama, avec des étudiants universitaires.
  • Jour 2 – 23 février : Conférence de presse et expositions sur le thème de la protection des océans au Panama et en Colombie.
  • Jour 3 – 24 février :  Ouverture au grand public – Visites du bateau suite à une participation à un concours + Conférence au Biomuseo
  • Jour 4 – 25 février : Journée exclusive pour les collaborateurs de SUEZ, afin de promouvoir la protection des océans en interne

 

La trace qu’on laisse

A chaque départ, nous nous posons la question de la trace que nous avons laissée. Pour y répondre, nous avons questionné deux de nos rencontres guadeloupéennes.

En arrivant sur une île ou à terre, les équipes de la Race for Water Odyssée déploient leur énergie, sensibilisent les jeunes, reçoivent les acteurs locaux. Avec l’objectif premier d’ouvrir la discussion autour de la pollution plastique des océans, le rôle de ces escales est ensuite de promouvoir des solutions adaptées au contexte local afin d’empêcher les plastiques d’atteindre les océans. Mais une fois les amarres larguées, qu’en reste-t-il ?

« Tout ce que je souhaite dire et bien que ça puisse paraître publicitaire… c’est merci, merci beaucoup Race For Water », dit Soazig Lemoine, chercheure en écotoxicologie marine à l’Université des Antilles en Guadeloupe. Rencontrée en septembre lors de la venue des scientifiques du projet d’étude Ephemare, cette dernière avait aidé les équipes venues de France et d’Italie en offrant une place de stockage dans ses laboratoires. De plus, connaissant parfaitement le milieu marin guadeloupéen, la scientifique était montée à bord du navire afin d’aider les chercheurs à faire leurs prélèvements.

En septembre 2017, 6 scientifiques sont venus à bord pour étudier les effets de la pollution plastique en Guadeloupe

 

« Sans les équipes de Bordeaux, je n’aurais jamais pu imaginer réaliser une telle étude car je n’en ai pas les ressources humaines nécessaires. Ici je suis la seule scientifique à travailler sur la contamination d’organismes par des polluants marins », explique Soazig. Emue de cette rencontre, elle souhaite poursuivre la collaboration et attend les résultats de l’étude avec impatiente. « J’espère qu’une fois les études publiées, je pourrai inviter l’équipe d’Ephemare à Pointe-à-Pitre afin de restituer les résultats de la Guadeloupe à ses habitants. » Encore en contact réguliers avec l’équipe d’écotoxicologie de Bordeaux, les deux entités semblent effectivement vouloir continuer à collaborer afin de mieux comprendre l’impact de la pollution et des plastiques en Guadeloupe.

Pour Philippe Wattiau, chef de la mission développement durable et évaluation environnementale à la DEAL[1] , ayant organisé un workshop sur l’économie circulaire à bord du navire : « la démarche adoptée par la Fondation, en accueillant des publics à bord, en sensibilisant des jeunes ainsi qu’en mettant en avant le fait que des solutions existent, est très pertinente ». Attestant travailler de la même manière, ce dernier a souhaité utiliser le navire comme lieu d’accueil afin de réunir multiples acteurs locaux.

Un workshop sur l’économie circulaire, organisé par Philippe Wattiau

 

« Mon objectif est de créer des synergies entre eux et de mener à bien des projets concrets basé sur des modèles d’économies circulaires. » Un concept valorisant au mieux les ressources disponibles en imaginant les déchets des uns comme pouvant être la matière première des autres. « C’est exactement ce qu’imagine Race For Water. », dit Philippe Wattiau. Pour citer un exemple concret en cours de réalisation, la DEAL a mis en relation une blanchisserie sur la zone industrielle de Jarry à Pointe-à-Pitre, avec son entreprise voisine, une cimenterie. La blanchisserie, en forte demande de chaleur pourrait bénéficier de la chaleur émise en masse par la cimenterie, une collaboration aux profits environnementaux et économiques intéressants pour ces deux entités. « J’aimerais noter la force que possède Marco Simeoni, j’admire cet homme dont les convictions le mènent à agir. A ma mesure, j’essaie de le faire au mieux. C’est un homme qui a compris qu’il est impossible de se développer au détriment des autres et que l’on ne peut vivre avec des gens malheureux autour de soi. », conclut Philippe Wattiau.

Tes témoignages poignant pour un équipage plus motivé que jamais

 

Galvanisées par de tels témoignages, les équipes de la Race For Water Odyssée repartent plus motivées que jamais. C’est en collaboration avec des acteurs locaux, par la force de conviction et l’envie d’action de chacun qu’il sera possible de lutter contre la pollution plastique des océans. Merci à vous.

 

[1] Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement

 

Race for Water quitte la Guadeloupe,  cap sur Panama City !

Ce dimanche 28 janvier clôture quatre mois d’escale guadeloupéenne rythmée de nombreux moments d’échanges et de travaux. Prochaine destination, Panama City ! Une première navigation permettant de tester les nouveautés du bord avant de rejoindre l’océan Pacifique.

Parti en avril 2017 de Lorient en France, le navire Race for Water est uniquement propulsé par un mix d’énergies renouvelables. Sa mission ? Sillonner les mers du globe afin de sensibiliser les populations locales à la pollution plastique, mener des campagnes scientifiques mais surtout proposer des solutions technologiques durables afin que les déchets plastiques n’atteignent plus les océans.

Au programme de 2018, l’océan Pacifique ! Lima, Valparaiso et l’île de Pâques, la Polynésie et les Fidji seront les escales phares de cette année. Au cœur de ce choix, la conscience des équipes de l’Odyssée Race For Water quant à l’immense problématique de la pollution plastique dans ces villes côtières et îles isolées. « A chaque escale, nous recevons à bord du navire nombres d’acteurs locaux comme des décideurs politiques, des industriels et des membres d’ONG afin d’ouvrir la discussion autour de cette terrible problématique. Ensemble nous réfléchissons à des solutions technologiques innovantes ayant des bénéfices environnementaux, sociaux et économiques durables », explique Marco Simeoni, Président de la Fondation Race for Water.
Quant à la navigation, tout est pensé en termes d’augmentation de l’autonomie énergétique. « Pour naviguer sur l’océan Pacifique et le traverser, toutes les ressources énergétiques dont nous disposons comme le soleil, le vent et l’eau doivent être utilisées de la manière la plus efficiente possible », dit Marco Simeoni.

Mémo des escales à venir 

  • Panama : du 19 au 27 février le navire stationnera à Panama City où différents événements seront organisés entre autres avec Suez Environnement
  • Lima (Pérou) : du 15 mars au 14 mai
  • Valparaiso (Chili) : du 31 mai au 29 juillet

Zoom sur une énergie renouvelable, le kite
Sous kite au large de la Guadeloupe

Une navigation entre la Guadeloupe et Panama se fera avec des conditions de vent s’annonçant favorables à l’utilisation de l’aile de kite et sollicitant peu la propulsion électrique. Mais en fait, comment ça marche ? D’une taille de 40m2, cette voile est capable de totalement tracter le navire de 100 tonnes, lui permettant alors d’utiliser l’énergie solaire afin de recharger les batteries. Reliée au Race for Water par un câble, l’aile est envoyée à plus de 100 mètres d’altitude où elle sillonne le ciel en faisant des formes de huit afin d’augmenter sa prise au vent. Un mouvement clé dans sa capacité à propulser de grands navires et géré de manière automatisée. Une fois le kite dans les airs, il s’ajuste aux changements de vent grâce à un système de pilotage automatique développé par l’entreprise Skysails Yacht. « Durant la première année de navigation du Race For Water, nous avons récupéré énormément de données de fonctionnement du kite. Ces dernières nous ont ensuite permis d’affiner le système de pilotage automatique et d’ainsi augmenter les performances du kite. », dit Sven Kilingenberg, co-fondateur de Skysails Yacht. Cette première navigation de l’année permettra aux équipes de Skysails Yacht de tester ce nouveau logiciel ainsi que de naviguer sous kite pour la première fois de nuit.

L’Atlantique en chiffres

Visite d’une classe à bord

1400 enfants à bord du navire, sensibilisés à la pollution plastique des océans

Plus de 100 acteurs locaux (gouvernement, industriels et ONG) invités à bord

1000 personnes invitées à des conférences grand public organisées entre autres dans des universités

15 chercheurs de 6 nationalités différentes pour 3 projets internationaux

443 millions d’individus potentiellement impactés par la couverture médiatique