Race for Water Odyssée, 1ère année :  Bilan scientifique et les perspectives  

Adapté aux expéditions scientifiques, le navire Race for Water a été entièrement réaménagé en 2016 afin d’offrir des conditions de travail optimales à bord. Grâce à ses 90 m2 dédiés à la science, sa stabilité et son autonomie énergétique, le catamaran permet d’embarquer à son bord des équipes de cinq à sept chercheurs, ainsi que des étudiants.  Depuis le départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux aux Bermudes (en juin-juillet 2017), à Cuba (en août 2017) et en Guadeloupe (octobre 2017).

Kim Van Arkel, conseillère scientifique à la Fondation Race for Water :

« Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC.

EPHEMARE dirigé par le Professeur Ricardo Beiras (Université de Vigo, Espagne) étudie les effets éco toxicologiques des micro plastiques sur les écosystèmes marins. Dans le cadre de ce projet, des prélèvements: de micro plastiques ont été réalisés en eau de surface, de sédiments, de plancton et d’organismes marins endémiques (poissons, crustacés, bivalves..) sur deux sites aux Bermudes (Whale Bone Bay et Well Bay) et en Guadeloupe (Petit Bourg et Capesterre) par 9 scientifiques européens (venant de l’Université de Bordeaux en France, de l’Université d’Anvers en Belgique, de l’Université de Vigo en Espagne, de l’Université Polytechnique de Marche et du CNR Institut des Sciences Marines en Italie) en collaboration localement avec Anne Hyde de Keep Bermuda Beautiful et Dr. Struan Robbie Smith aux Bermudes puis par Dr. Soazig Lemoine de l’Université des Antilles en Guadeloupe. Les différentes analyses (dissection, identification, chimie, toxicité) concernant les échantillons et micro plastiques prélevés lors de ces deux campagnes sont actuellement en cours dans les 4 universités européennes partenaires du projet EPHEMARE.

 

WEATHER-MIC mené par Dr Annika Jahnke (UFZ Leipzigg, Allemagne) et Dr. Hans Peter H. Arp (NGI, Norvège) vise quant à lui à comprendre les différentes étapes du vieillissement des micro plastiques et les effets que cela engendre dans le milieu marin. Dr Hans Peter H Arp, lui-même et 2 scientifiques du NGI impliqué également dans le projet ont réalisé une série de prélèvement du large à la côte cubaine jusque dans la Havane avec le soutien du Prof Carlos Manuel Alonso Hernandez et 6 autres scientifiques cubains du CEAC.

Les échantillons prélevés en eau de surface, dans la colonne d’eau à différentes profondeurs et dans le sédiment immergé ont été répartie entre les scientifiques du NGI et du CEAC afin de réaliser une analyse commune. Certains échantillons (les plus intéressants) seront envoyés à d’autres équipes du projet WEATHER-MIC pour observer plus en profondeur les signes de vieillissement basé sur des « empreintes de vieillissement » développés par le réseau JPI Oceans. »

 

Et la suite ?

Kim Van Arkel de poursuivre : « De nouvelles missions scientifiques sont attendues à bord du navire Race for Water ; à commencer par des prélèvements de particules de plastiques effectués par l’équipage lors des périodes de navigation de Concepcion (Chili) à Tahiti (Polynésie Française) pour le projet « Plastisphère » de Dr. Linda Amaral Zettler et de Dr. Erik Zettler, tous deux chercheurs au NIOZ, l’institut royal néerlandais de recherche marine. Ce projet explore les communautés associées aux particules de plastiques flottantes à la surface de l’océan. Notre passage dans la zone encore peu échantillonnée du Pacifique sud-est  est très important pour ces recherches. D’autres missions scientifiques seront accueillies à bord de la plateforme Race for Water et seront dévoilées au fur et à mesure de son parcours.»

10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »

Première partie d’escale à Lima terminée,  place à l’équipe ACT !

Race for Water arrivé aux abords de Lima au Pérou, le 15 mars dernier, est toujours au mouillage devant le Yacht Club de La Punta à Callao, et ce jusqu’au 20 mai prochain où il lèvera l’ancre en direction de Valparaiso au Chili.  Après une première partie riche en échanges et en apprentissages sur la situation de la pollution plastique au Pérou, l’équipe Race for Water en charge d’implémenter des projets de valorisation des déchets reste à l’œuvre, sur place, pendant les deux prochains mois pour poursuivre et concrétiser les discussions initiées.

Lima 1ère :  SHARE (visites et exposition à bord)

La première partie de cette escale s’est achevée en fin de semaine dernière par un Beach Clean Up en collaboration avec l’ONG WWF qui a réuni 400 volontaires et qui a permis de récupérer 2 tonnes de déchets !

Comme à chaque stop-over de la Race for Water odyssée, les équipes de la Fondation se mobilisent pour sensibiliser le plus grand nombre que ce soit des scolaires, des décideurs, des élus ou encore des entrepreneurs et acteurs environnementaux locaux. Force est de constater que l’engouement suscité par la présence du catamaran Race for Water a été incroyable. Ont été reçu et accueilli à bord près de 400 enfants, plus de 350 entrepreneurs locaux, 27 personnes lors du Worshop « Plastic Waste to Energy » ou encore 35 personnalités politiques qui ont tenu à bord une commission interministérielle qui coordonne l’implantation de projets écoresponsables pour la préservation des zones côtières. Occasion de réunir notre Président Marco Simeoni et la Ministre de l’environnement Madame Elza Galarza.

   

Camille Rollin, responsable ACT pour la Fondation Race for Water : « Quel enthousiasme de la part des péruviens ! L’accueil est formidable ! Nous ne pourrons malheureusement pas répondre positivement à toutes les sollicitations que nous recevons chaque jour. Nous sommes très contents de cette première partie d’escale à Lima qui était principalement dédiée à l’éducation puisqu’en dix jours nous avons accueillis presque 400 élèves et étudiants. Le nettoyage de la plage agua dulce organisé par WWF pour marquer le coup de notre visite à Chorrillos, a permis de réunir 400 volontaires surmotivés et de récupérer près de deux tonnes de déchets en seulement quelques heures. Cela montre deux choses : il y a encore un énorme travail éducatif à faire sur le terrain pour que la population locale se sente plus concernée par la préservation de son environnement, mais qu’une partie croissante de cette même population cherche à faire évoluer les consciences. »

Lima 2ème : ACT (présentation des solutions)

De nombreux acteurs locaux notamment des entrepreneurs et investisseurs sociaux qui s’engagent dans des projets durables qui répondent aux problématiques auxquelles est confronté leur pays, comme celle de la pollution plastique, sont venus échanger à bord avec les équipes Race for Water.   C’est notamment avec ces derniers qu’une équipe plus restreinte mais entièrement dédiée à l’implémentation de projets de valorisation énergétiques des déchets plastiques au Pérou va poursuivre le travail au cours des deux prochains mois.

Frédéric Sciacca, Responsable ACT à Lima pour la Fondation : « Dans le cadre du programme ACT et de la recherche de solutions, nous allons désormais porter notre attention sur les modes de collecte, de gestion et de valorisation des déchets plastiques localement. Le contexte de Lima nous permettra de mieux appréhender la collecte informelle qui est extrêmement dynamique au Pérou. Il nous faudra aussi rencontrer nombre d’acteurs du monde associatif, publique et privé afin d’identifier où la mise en œuvre de la chaîne de valeur complète de notre modèle fera le plus de sens, et aura le plus d’impacts positifs. »

L’équipe ACT de la Fondation est composée de Camille Rollin, Frédéric Sciacca mais également pour cette étape, de Jimena Collantes-Ortiz, péruvienne d’origine et qui est particulièrement impliquée à Lima : « En tant que Péruvienne, c’est un honneur de faire partie de l’escale Lima, nous travaillons avec une équipe très professionnelle et passionnée dans ce que nous faisons.  C’est un privilège d’avoir la présence d’un navire aussi unique que le catamaran Race for Water. Je suis convaincue que la réponse aux besoins de mon pays amalgame parfaitement la solution proposée par Race for Water. À ce jour, nous avons pu contacter des acteurs clés pour l’implémentation du projet Waste to Energy. De mon point de vue, nous avons un grand potentiel à exploiter et mon désir, certainement ambitieux, est de pouvoir crée un réel impact dans chaque coin des régions du Pérou. Le meilleur est à suivre. » 

Breguet et Race for Water s’unissent pour la préservation des océans

La Maison Breguet est honorée d’annoncer qu’elle devient le partenaire principal de Race for Water, une fondation dédiée à la préservation de l’eau. Cette association a été dévoilée à travers une exposition dédiée en présence de Marc A. Hayek, Président de Breguet et de Marco Simeoni, Président et Fondateur de Race for Water, le samedi 24 mars 2018 à Baselworld. Breguet et Race for Water s’engagent ainsi dès aujourd’hui pour une odyssée qui s’étend jusqu’en 2021.

 

La Fondation Race for Water engagée pour la préservation des océans contre la pollution plastique, contribue à l’avancement des connaissances scientifiques, sensibilise le grand public et les décideurs, et agit concrètement avec la mise en œuvre de solutions locales aux impacts économiques, environnementaux et sociaux durables. Aujourd’hui, elle s’associe à Breguet pour sensibiliser le public à la préservation des océans, menacés par la pollution plastique. Un navire révolutionnaire partira pour un voyage autour du monde qui vise à promouvoir des solutions innovantes capables de transformer les déchets plastiques en ressources énergétiques, accélérant ainsi la transition écologique. Lors des trente-cinq étapes prévues au cours de l’odyssée, la Fondation Race for Water invitera scientifiques et décideurs à nouer le dialogue autour de la nécessité de préserver l’eau, la ressource la plus précieuse de l’humanité. La Maison Breguet soutiendra cette odyssée jusqu’à son terme, soit en l’an 2021.

« Nous sommes fiers et ravis de soutenir Race for Water. Ce projet suisse apporte une contribution inestimable à la recherche sous-marine à l’échelle internationale et prouve que des solutions concrètes existent pour préserver les océans du monde entier. », affirme Marc A. Hayek. « Au début du XIXème siècle, les montres étaient des instruments de navigation essentiels en mer. Nous poursuivons aujourd’hui cette tradition en soutenant un projet vital qui s’engage pour notre avenir. »

« Nous sommes fiers d’accueillir Breguet à bord de cette expédition unique. Cette odyssée vise à redonner espoir au monde, en montrant que des solutions existent pour lutter contre la pollution plastique. », explique Marco Simeoni. « L’éducation est clé et c’est pourquoi nous ciblons principalement les jeunes générations. Mais nous montrons également aux décideurs que nous rencontrons à chaque escale que l’innovation et de nouveaux modèles d’entreprises peuvent offrir des bénéfices économiques, écologiques et sociaux durables. En donnant de la valeur au déchet plastique nous arriverons à rentrer dans un cycle vertueux et à atteindre un résultat positif. De plus, nous nous déplaçons à bord d’un bateau fonctionnant à l’énergie renouvelable et à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite. La preuve qu’un navire de 100 tonnes peut faire le tour du monde sans dépendre des énergies fossiles. La transition énergétique est déjà une réalité ! »

La Maison Breguet dédie d’ailleurs sa nouvelle exposition itinérante à ce partenariat. Présentée les 24 et 25 mars 2018 sur la Plaza du Swatch Group, elle partira ensuite en tournée mondiale avec comme objectif de sensibiliser le grand public.

Une série spéciale Race for Water voyagera au poignet des explorateurs de l’odyssée


Breguet a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire en équipant les navires de chronomètres fiables capables de calculer la longitude en mer.

La collection Marine est l’héritière contemporaine de cette maîtrise exceptionnelle de la mesure du temps. Pour célébrer son partenariat avec Race for Water, Breguet a créé une édition spéciale de son modèle Marine 5517, mêlant un boîtier en titane avec un cadran bleu décoré de la silhouette du bateau Race for Water guilloché main selon le motif « clou de Paris ». Ce garde-temps fera partie de l’odyssée autour du globe puisque chaque membre de l’équipage se verra remettre un exemplaire, afin de les accompagner durant leurs différentes missions.

Le monde marin inspire la Maison Breguet depuis ses débuts et particulièrement depuis la nomination d’Abraham-Louis Breguet au titre officiel d’Horloger de la Marine royale en 1815. Cette distinction décernée par le roi est la plus prestigieuse de celle qu’un horloger pouvait recevoir et a donné naissance à d’extraordinaires inventions au service du monde fascinant de la navigation maritime. La collection Marine s’inspire de ce riche passé en le réinterprétant de manière contemporaine. Il en résulte des garde-temps conçus pour traverser les générations. Dans la continuité de son implication dans le monde marin, c’est tout naturellement que Breguet a souhaité s’associer à une initiative à l’avant-garde de la recherche scientifique moderne sur les océans.

À propos de Breguet : La Maison Breguet, fondée en 1775, incarne l’excellence horlogère et fait partie du patrimoine culturel européen, qui déborde d’histoire et d’émotions. Ses créations ont fait le bonheur des plus grandes figures de l’histoire. Dans les célèbres archives Breguet sont enregistrés tous les garde-temps vendus depuis 1787. Les créations Breguet sont des œuvres d’art uniques que l’on doit aux prouesses des maîtres horlogers d’aujourd’hui. Dès ses débuts, Breguet a tissé des liens étroits avec la science et l’astronomie. La Maison est fière de proposer des modèles d’exception à l’image de la Grande Complication Marine Équation Marchante 5887. www.breguet.com

Rencontre avec Gunter PAULI,  le fondateur du concept de l’Economie Bleue

La Fondation Race for Water a entamé début 2018, une collaboration au niveau international avec la Fondation ZERI (Recherche et Initiatives pour Zéro Pollution) du professeur Gunter Pauli, père de l’Economie Bleue.

Marco Simeoni : « Avec sa Fondation, Gunter Pauli souhaite rendre autonome au niveau énergétique l’emblématique île de Pâques. La Fondation Race for Water rejoint ce projet et apporte sa contribution sur la partie valorisation des déchets. Nous sommes très heureux de cette collaboration que nous espérons inspirante pour que d’autres projets similaires sur des iles éloignées voient le jour. »

Entretien avec Monsieur Gunter PAULI :

Vous êtes économiste de formation ; comment vous êtes-vous intéressé à l’écologie ?
J’étais propriétaire d’une usine qui fabriquait des détergents. Je me suis aperçu que la base de mon entreprise reposait sur l’exploitation de l’huile de palme qui détruisait les forêts ainsi que l’habitat des orangs-outangs. Comment pourrais-je être un entrepreneur vert tout en détruisant l’écosystème dans la forêt tropicale humide ? C’est vraiment ce qui m’a transformé. J’ai vendu ma société et crée la Fondation ZERI (Recherche et Initiatives pour Zéro Pollution).

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’Economie Bleue (The Blue Economy)?
L’Economie Bleue est assez élémentaire. Nous utilisons ce qui est disponible localement avec pour objectif de créer des plus-values. Nous souhaitons avant tout répondre aux besoins de la population locale.  Nous ne nous concentrons pas sur une production à moindre coût pour aller conquérir le marché mondial. Nous souhaitons simplement créer une augmentation de la valeur d’une chose. Une fois que l’on est dans ce schéma, on est plus compétitif et on génère davantage d’atouts pour les consommateurs et les clients locaux.

Pour moi, la nature nous enseigne qu’il faut chercher des solutions là où cette dernière nous fait la preuve que ça fonctionne depuis des millions et millions d’années.

Le seul Etre sur terre capable de produire des déchets, c’est l’Homme. Les autres êtres humains ne produisent jamais de déchets car tout ce qui est produit, est toujours transformé en une énergie, un nutriment, une matière pour quelqu’un d’autre.

Il faut simplement suivre la sagesse des écosystèmes qui fournissent énergie et aliments, recyclent les déchets, répondent aux besoins de tous et se régénèrent sans cesse. Il faut mettre en place de nouvelles solutions intelligentes et adaptées à chaque situation locale en concevant des cycles de production inspirés du fonctionnement de la nature où il n’y a jamais de déchets et où tout est recyclé dans un processus harmonieux.

Vous avez monté une expérience sur l’ile EL HIERRO aux Canaries ; pouvez-vous nous en parler ?
La population de cette île pensait que d’ici 20 à 30 ans, plus personne n’y habiterait, que toute la population s’expatrierait à Barcelone, à Valence ou à Madrid. Une grande partie des habitants s’est alors mobilisée pour relever le défi de rester sur place et même de faire revenir leurs enfants.
A partir de ce moment-là, tout a été imaginé pour réimplanter différentes activités comme la pêche, l’élevage de chèvres, l’agriculture, le vignoble, les abattoirs, les énergies, l’eau et le traitement des déchets etc…
Aujourd’hui, EL HIERRO est devenue île de référence en Espagne. Il y a une plus haute densité de pêche qu’ailleurs en Espagne, ; le prix du litre de lait de chèvre est de 2,65 euros ; il y a une production de vin de 180.000 litres, ce n’est pas énorme, mais c’est produit localement. Nous avons réussi à générer des plus-values et à maintenir du cash-flow, un flux d’argent qui continue de circuler localement, ce qui est très important au niveau économique, puisque générant un effet multiplicateur.

Vous avez pour projet, dans le même esprit, de rendre autonome énergétiquement l’île de Pâques ?


Effectivement, quand vous avez su reconvertir une île alors qu’elle n’avait aucun avenir, on se prend ensuite à penser que d’autres îles pourraient suivre cet exemple.
A l’époque du projet El HIERRO, on ne connaissait rien à l’hydrogène, aucune idée de l’intégration d’une énergie venant de la transformation du plastique, le moment nous semble propice pour changer le modèle de l’île de Pâques.
En Amérique du sud, tout le monde sait que la Rapa Nuis vit un véritable désastre écologique.
Avec Race for Water, nous nous rassemblons parce qu’avec nos expériences respectives, nous allons nous concentrer sur des solutions et trouver un portefeuille d’opportunités !

Que représentent les Océans pour vous ?
L’Etre Humain a cru que la solution pour la nourriture, l’énergie, l’eau se trouvait sur terre. Or, la terre représente 30% de la planète et les océans 70% !  Pourquoi nous limiter à quelques centimètres de couche de terre pour nos productions ? Il y a moyen d’exploiter davantage les océans pour subvenir aux besoins alimentaires et énergétiques de demain. Dans les océans, vous avez une production en trois dimensions, qui permet d’avoir une productivité inachevable. L’eau à une densité supérieure à celle de l’air ; les nutriments que vous pouvez distribuer sont plus efficaces que ceux distribués via la terre.
Regardons les algues. Elles peuvent à la fois protéger la faune marine, participer à la biodiversité des océans et d’un autre côté, elles permettent de produire des quantités importantes de biogaz et d’aider à la production énergétique.



Les Fondations Race for Water et ZERI ensemble sur le projet île de Pâques, une évidence ?
Race for Water possède un bateau qui est une miniaturisation d’un portefeuille de technologies qui ne travaillent qu’à partir de ce qui est disponible en local (vent, soleil, eau de mer), pour en retirer des plus-values comme la propulsion, l’eau potable etc… Pour moi, c’est la même réflexion, je souhaite prouver que l’on peut transformer une réalité avec ce que nous avons à porter de mains.
Nous avons des approches culturelles similaires : nous agissons, prouvons que ça fonctionne et, grâce à cela, nous avons l’opportunité d’inspirer des gens qui prennent la relève.
Nos deux Fondations ne peuvent pas à elles seules tout révolutionner. Nous avons besoin d’inspirer concrètement des personnes qui, chacune, agira pour changer le monde.

Collecteurs de rue à Lima

Le vécu étant la meilleure manière d’appréhender les choses, une partie de l’équipe de la Fondation présente à Lima, parmi laquelle Marco Simeoni, a accompagné un groupe de collecteurs de déchets.

Eric Loizeau était présent et partage avec nous son expérience :

« Me voici embarqué ce matin dans un camion-plateau à ciel ouvert en compagnie d’une équipe de collecteurs de rue « officiels » de la commune de Magdalena en banlieue de Lima. Assis à même le plancher tout juste et hâtivement nettoyé, nous sommes serrés les uns contre les autres et ballotés par les mouvements brusques du véhicule cahotant dans les rues animées de la ville. Par opposition aux collecteurs « non officiels », ceux-ci appartiennent à une organisation bien huilée dépendant directement de la commune. Ils se rassemblent à l’aube dans un bâtiment sommaire à l’apparence vétuste calé entre la voie rapide circulaire et le bord de mer mangé par l’érosion. C’est à cet endroit que nous les avons retrouvés occupés à plier les sacs en plastique vert pomme destinés à la récupération des déchets.

Dans notre véhicule ils sont 10 dont 2 filles, tous habillés d’un gilet aux couleurs de l’association et marqués dans le dos « Magdalena Vamos a Recyclar » « Allons recycler à Magdalena ». José, un brun longiligne d’une vingtaine d’années m’explique qu’ils vont être débarqués dans un quartier de la ville pour une collecte d’environ deux heures concernant les familles qui ont adhéré à l’association et ont préparé leurs déchets recyclables dans les sacs verts prévus à cet effet.


Après s’être répartis les rues, ils s’en vont ainsi faire du porte à porte et réunir ensuite les sacs aux coins de chaque rue afin que le camion-plateau puisse les récupérer avant de les transporter dans un dépôt pour qu’ils soient triés et valorisés.

Nous sommes étonnés d’apprendre que pour une commune de 60 000 habitants comme Magdalena, il n’y ait que 35 collecteurs « officiels » pour 30 tonnes de déchets produits quotidiennement, dont quinze pour cent de plastiques. José nous confirme qu’il y a en parallèle et en compétition de nombreux collecteurs « non-officiels » (environ deux fois plus) qui travaillent en indépendants pour des revenus mensuels supérieurs.

Comme nous le disait hier Micaela la directrice de l’association L+1, réseau d’entrepreneurs très engagés au niveau développement durable, cette belle organisation est un peu comme l’arbre qui cache la forêt …. En effet, la collecte est toujours insuffisante par rapport à la masse des déchets produits. Ainsi, même dans des quartiers favorisés comme celui visité, le pourcentage des familles acceptant l’idée du tri est en minorité, ce qui laisse imaginer la situation dans le reste de la ville ».

Copyright photo : Eric Loizeau

Escale péruvienne à Lima

Parti de Panama City le 28 février dernier, le catamaran Race For Water est désormais au mouillage devant le Yacht Club Peruano de la Punta à Callao, au Pérou, pour une escale qui va durer près de deux mois. La première partie de ce stop-over (du 16 au 30 mars) est dédiée au programme global de la Fondation : Learn (sciences), Share (visites et exposition du bord) et Act (workshop et présentation des solutions).Une seconde partie, jusqu’au 20 mai, concrétisera des discussions initiées il y a près de deux ans, avec des industriels, des politiques et des entrepreneurs afin d’implémenter « la machine développée avec notre partenaire ETIA », qui permet de transformer les déchets plastiques en énergie ; et ainsi, prendre part à une avancée concrète et vertueuse au niveau local dans le traitement des déchets plastiques afin que les océans et les différents cours d’eau soient protégés.


Fondation Race for Water : LEARN, SHARE, ACT au programme !

Cette escale est la promesse d’un programme dense, élaboré en collaboration avec L+1, un réseau d’entrepreneurs engagés dans le développement durable au Pérou.

D’ores et déjà, a été accueillie à bord du catamaran Race For Water, une commission interministérielle qui coordonne l’implantation de projets écoresponsables pour la protection des zones côtières. En effet, Lima, la capitale du Pérou, est une métropole bouillonnante comptant parmi les plus grandes d’Amérique du Sud. Avec près de 11 millions d’habitants, la ville génère 40% des déchets du pays, plus que ce qu’elle peut traiter. Moins de 5% des Municipalités comptent avec une stratégie de récupération des déchets. Pour la majorité, la gestion des résidus solides n’est pas prioritaire, ce qui a pour conséquence que leurs déchets finissent dans les botaderos (décharges à ciel ouvert), au bord des rivières ou dans la mer.

Marco SIMEONI, président de la Fondation Race For Water : « C’était très intéressant de pouvoir assister à une réunion de cette ampleur sous l’égide de la ministre de l’environnement avec plusieurs ministères qui se coordonnent sur des projets en faveur de l’environnement et de la préservation des zones maritimes. Le thème des micro-plastiques étaient au cœur des débats. Les mots de collaboration, d’anticipation sont souvent revenus dans les discours afin de favoriser une mise en place rapide et efficace de nouveaux projets. C’est très encourageant ! Nous allons maintenant avancer sur l’implémentation de solutions de transformation des déchets plastiques en énergie. En donnant de la valeur à ces déchets, nous incitons à leur collecte, et réduisons ainsi la quantité qui se retrouve dans l’environnement. Cette solution permet également de créer des emplois dans des zones souvent défavorisés ; le déchet plastique devient alors une ressource permettant de produire localement de l’énergie. »


Gunter Pauli (The Bleu Economy), Markus-Alexander Antonietti ( Swiss Ambassador), Marco Simeoni et Juan Alberto Wu ( L+1 Président)

Collaboration avec la Fondation ZERI du professeur Gunter PAULI

Dans la poursuite de la concrétisation de nos actions, nous avons également entamé début 2018, une collaboration au niveau international avec la Fondation ZERI du professeur Gunter Pauli, père de l’Economie Bleue.

Marco Simeoni : « Avec sa Fondation, Gunter Pauli souhaite rendre autonome au niveau énergétique l’emblématique île de Pâques. La Fondation Race For Water rejoint ce projet et apporte sa contribution sur la partie valorisation des déchets. Nous sommes très heureux de cette collaboration que nous espérons inspirante pour que d’autres projets similaires sur des iles éloignées voient le jour. »

Fort de cette collaboration, La Fondation ZERi a organisé aux côtés de Race For Water, un événement unique regroupant près de 60 Business Angels de la LATAM avec un objectif ambitieux : appréhender, bâtir et financer une solution concrète de mix énergétique pour l’île de Pâques, à l’image de l’autonomie énergétique portée par le navire Race For Water, en s’affranchissant définitivement des énergies fossiles. Un modèle innovant qui pourrait ensuite être largement dupliqué sur de nombreuses îles.

Gunter Pauli : « Marco Simeoni est un homme avec lequel je partage la même culture de l’action et de solutions concrètes en intégrant la priorité environnementale. Le bateau, Race For Water, est très symbolique. Ce n’est pas un simple outil technologique propulsé par un mix énergétique.  Ce catamaran permet de faire passer un message fort. Nous pouvons y réunir présidents, chefs d’entreprises, élus etc… Ces derniers sont imprégnés durant quelques heures de ces technologies et peuvent ainsi imaginer qu’en les développant et les appliquant sur le terrain, on va changer le monde. »

Nos prochains grands rendez-vous dans les prochains jours au Pérou :
20, 21, 22 puis 27 et 28 mars :  Visite de scolaires à bord de Race For Water (près de 400 enfants attendus)
Mercredi 21 mars : Workshop de la Fondation « Plastic Waste to Energy » au Club des Regatas de Lima
Vendredi 23 mars : Conférence R4W à l’université UTEC et visites du navire par les étudiants
Samedi 24 mars : Beach Clean Up, en collaboration avec WWF et le club de Regatas Lima Chorillos – Barranco – Plage Agua Dulce.

Race For Water, à bon port au Pérou!

Parti le 28 février dernier de Panama City, la catamaran Race For Water vient de s’arriver à Callao, principal port de pêche et de commerce du Pérou et ville très proche de Lima qu’il ralliera vendredi. Eric Loizeau, notre ambassadeur embarqué depuis le Canal de Panama, nous livrait ses pensées quelques heures avant de toucher terre.

Eric Loizeau : « Toute la nuit il n’y a rien à voir ! Tout le jour il n’y a rien à voir. Nous avançons dans une brume tenace qui enveloppe en permanence notre bateau. On se croirait naviguer le long des côtes bretonnes entre Audierne et Camaret un milieu d’un jour d’été où l’air chaud poussé par le vent du sud lève sur la mer froide de la Manche un brouillard épais qui borne l’oeil du matelot à la proue de son navire. Mais ici, entre Equateur et Tropique du Capricorne cette météorologie est tout à fait inattendue. Nous pensions apercevoir les hauts sommets peut-être enneigés de la Cordillère des Andes flottant au-dessus des désertiques côtes péruviennes, mais nous en sommes réduits à scruter l’insondable faisant mugir par fois notre corne de brume pour nous annoncer auprès d’invisibles pêcheurs.

Bonne nouvelle, néanmoins, nous avons découvert la source de l’odeur de pêcherie qui assaillait nos narines depuis quelques jours déjà. Il s’agit d’un imprudent malheureux poisson volant qui à la suite d’un vol supersonique a réussi à se coincer entre deux panneaux solaires du pont supérieur et trépasser et pourrir à cet endroit.

Demain si tout va bien nous toucherons Lima et Callao. Retour à mes rêves d’enfant quand je dévorais les aventures de Tintin, Milou, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol, débarqués aux-aussi à Callao pour résoudre l’énigme du Temple du Soleil caché là-bas dans ces montagnes au large de Lima.

C’est donc notre dernier jour en mer et il est empreint de nostalgie. Finis les quarts de nuit à veiller pêcheurs et cargos dans la nuit étoilée sur l’océan profond. Finis pour un temps les apéros du soir dans le cockpit de quart à la recherche du Rayon Vert. Finis aussi les repas conviviaux dans la Marina bercés par le vent frais du large et agrémentés parfois de quelques bananes flambées. Nous allons devoir retrouver la foule, le bruit de la ville en lieu et place du silence de la mer seulement troublé par les cris des oiseaux de passage, comme ceux restés blottis en rangs serrés à l’extrémité de notre aile tribord une bonne partie de la matinée.

Néanmoins, je sens l’équipage satisfait d’avoir amené le bateau à bon port malgré les péripéties de la traversée et lui permettre ainsi de remplir le rôle auquel il est destiné dans ce tour du monde. Aujourd’hui, pour qu’il puisse servir de support à l’équipe ACT de la fondation venue à notre rencontre, nous allons passer notre journée à le nettoyer du fond de ses cales jusqu’au pont supérieur et mettre ainsi un terme à notre mission de convoyeurs. »

Bestiaire pacifique.

Le catamaran Race For Water qui poursuit sa descente le long des côtes péruviennes, vers Lima, est régulièrement accompagné par des cétacés ou autres oiseaux marins pour le plus grand plaisir de notre équipage qui ne s’en lasse jamais !

Récits :

ERIC LOIZEAU

Le courant froid de Humbolt n’est pas une légende! Il nait à l’ouest du Cap Horn, se nourrit des glaces de l’Antarctique et remonte le long des côtes sud-américaines, soi-disant jusqu’à L’Equateur. Nous en doutions encore hier mais certainement pas aujourd’hui. Cette nuit pendant mon quart je me suis surpris à aller chercher dans ma cabine la doudoune de montagne que j’avais heureusement emportée avec moi pour prendre l’avion dans la froidure de Paris…. Le vent soufflait du sud en fait directement de la banquise de ce côté de l’hémisphère.

Au matin, l’océan avait pris une froide couleur verdâtre contrastant avec le bleu éclatant des mers alizéennes. Nous en étions à prendre le café en passerelle quand une baleine franche vint faire le dos rond devant nos étraves incitant Annabelle à couper nos moteurs par une instinctive prudence. Sait-on jamais avec les cétacés joueurs qui s’amusent parfois à jouer des remakes de Moby Dick. Ce fut le prélude d’une incroyable journée de zoologie marine. Cette veine de courant froid que nous remontions à petits pas était le refuge de bancs innombrables de poissons invisibles mais pourchassés par des meutes de dauphins, marsouins, phoques enfin.

Des hordes de pélicans venaient de l’horizon en escadrilles serrées rasant les flots et attaquaient en piqués vertigineux les bancs de menu fretin qui s’égaillaient en tout sens pour tomber sous les becs acérés des noirs cormorans et agiles frégates. Passaient même lointains et semblant imperturbables des troupes de sombres globicéphales aux nageoires pointues en route vers des rendez-vous improbables. Pendant ce temps et contrastant avec l’activité industrielle d’hier, la côte péruvienne déroulait à l’est de longues plages désertes de sable très blanc au pied de falaises arides.
Des bancs de brume montaient ainsi de la mer et brouillaient l’atmosphère. Nous étions ravis de ce spectacle incroyable guettant du haut de notre pont supérieur les acrobaties et facéties de cette faune marine que la progression furtive de notre vaisseau solaire ne paraissait pas déranger mais au contraire intriguer.

Et le soir sous les étoiles revenues, heureux,  je songeais à la chance inestimable qui nous est donnée à nous autres marins de vivre de tels moments  de paix et de beauté silencieuse, loin, si loin des angoisses du monde moderne des terriens.

ANNE LE CHANTOUX

« Pendant mon quart, j’ai eu le droit à un spectacle magnifique. Je regarde au loin et je vois des éclaboussures de partout. J’ai d’abord cru à des souffles de baleines mais il y en avait trop et trop fréquemment. Ensuite, j’ai vu des « choses » sauter hors de l’eau, j’ai pensé à des espadons.  En fait, j’ai eu le droit à la visite d’un banc de dauphins en transit. Minimum une centaine voir plus. Ils ne s’arrêtent pas pour jouer avec le bateau, ils continuent leurs routes. On les voit sauter (certains très haut) et retomber de tout leur poids en faisant de gros plats !
Pendant presque une heure et demie, ils sont à 200m du bateau et vont dans la même direction que nous.
Mais ce n’est pas tout, j’ai aussi aperçu au loin des souffles : 3 ou 4, qui atteignent une certaine hauteur. Il s’agit de baleines.
Elles sont un peu loin malgré tout on les voit bien à la jumelle !

L’apothéose … lorsque j’ai eu au premier plan des dauphins, au deuxième des baleines et, attention tenez-vous bien, au troisième plan, des plateformes pétrolières, comme des champignons ! Derrière ce tableau se dessine la côte péruvienne.
C’est magique. »

Notre fier navire stoppé au passage de la Ligne par le dieu Neptune en personne !

C’est en total respect d’un rituel qui nous vient d’une époque lointaine que furent baptisés cinq membres de l’équipage de Race For Water qui, jamais, n’avaient franchi l’Equateur, la Ligne,  par voie maritime ; le Roi Neptune était là, qui veillait….

Eric Loizeau :

« A l’approche d’un cap lointain ce matin la mer s’est dotée d’une parure grise, plombée et aime à se confondre avec le ciel et la ligne d’horizon. Nous croisons une barque de pêche solitaire armée par deux marins équatoriens petites tâches vives bleues et jaunes qui illuminent toute cette grisaille. Ils sont à l’œuvre affairés autour d’un filet qu’ils brassent sur le côté sans daigner prêter attention à notre vaisseau spatial qui croise silencieux à quelques encablures derrière eux.

Ce matin-là  par 0 degré 1 minute Nord, l’océan Pacifique parait aussi plat et lisse que le dos d’une limande.
Surgis de l’horizon sans fin sur leurs fiers destriers Ocean Ride, voici qu’apparaissent soudain devant notre étrave solaire, tels les 3 cavaliers de l’Apocalypse, le Dieu Neptune lui-même accompagné de ses deux assesseurs.

Nous approchant doucement nous distinguons le grand panneau qu’ils tiennent devant leur poitrine marqué….. « La Ligne »…. Notre vaillant capitaine s’oblige alors à couper les moteurs et les voici qui montent à bord.

Ils sont cinq de l’équipage à n’avoir jamais passé en mer cette mythique ligne de démarcation séparant le nord du sud : Anne, Annabelle, Lucas, Peter et Yoann. Les voici alignés sur le pont supérieur à écouter inquiets la harangue du maitre des lieux, armé de son trident redoutable.

« Moi Neptune roi des océans, il m’est droit de vous baptiser avant de vous ouvrir la porte redoutée des mers du sud, royaume des monstres marins, des vents hurlants et vagues gigantesques, mais aussi des sirènes alanguies sur des îlots enchanteurs…. »

Sur ce, chaque candidat aux mers du sud est prié de rejoindre Neptune sur le passavant bâbord pour être oint d’huile fraiche de baleine à bosse avant de répondre à la question rituelle : « Pourquoi la mer est salée ? *»

Quelle que soit leur réponse, ces ignorants patentés doivent ingurgiter ensuite la piquante  liqueur des quarantièmes rugissants, puis recevoir l’onction de l’œuf de l’albatros royal, avant d’être précipités d’un coup du royal trident dans les profondeurs marines afin d’être purifiés et enfin acceptés comme impétrants de tous les océans.

 

Ainsi fut fait ce 7 mars 2018 à bord de Race For Water avec la bénédiction du dieu Neptune qui autorisa ensuite le capitaine à remettre son navire solaire en route vers le Pérou, patrie des Incas adorateurs de l’astre du même nom.

Ce matin, nous avons passé la ligne et, depuis quelques heures, imaginons marcher sur la tête. Mais ce n’est qu’une impression ! La seule différence est que, pour quelques mois durant, nous inscrirons sur le sempiternel livre de bord des latitudes sud plutôt que nord. Contre l’avis de certains, le soleil se couchera toujours à l’ouest vers un horizon vide propice au rayon vert et se lèvera à l’est derrière cette rangée de montagnes élevées que nous devinons maintenant, qui appartiennent à la cordillère des Andes que nous allons longer maintenant jusqu’à Lima. »


* « Pourquoi la mer est salée ? Et autres récits de marins » est un livre écrit par Eric Loizeau, paru aux éditions Gallimard  en septembre 2017.
A l’instar d’un certain Eric Tabarly, dont il a été l’équipier pendant quatre années sur le Pen Duick VI, Eric Loizeau fait partie des grands marins des années 1980. Les dix-sept récits composant ce livre retracent ses plus saisissants souvenirs et les nombreuses aventures humaines qui ont jalonné sa vie maritime, marquée par le goût du risque et de l’exploit, mais surtout de la liberté. Les clichés du skipper – également photographe pour l’Agence Gamma – illustrent un quotidien hors du commun.