Pérou : Clap de fin sur une escale dense  et pleine de promesses pour l’avenir

Le catamaran Race for Water qui fait actuellement route vers Valparaiso, au Chili,  est resté deux mois au Pérou, aux abords de Lima,  pour répondre à un programme dense qui s’est orchestré en deux temps.

Le premier a permis sur 10 jours de mener à bord, de nombreuses opérations telles l’accueil des élus et autres personnalités locales, un workshop « Plastic Waste to Energy » ou encore des visites d’écoles (bilan complet à lire ICI).

Sur la seconde période qui a duré un mois et demie, l’équipe ACT dont l’objectif est de développer des projets de chaînes de valeur des résidus plastiques à travers la valorisation énergétique et composée de Camille Rollin, Frédéric Sciacca et de la locale de l’étape Jimena Collantes Ortiz, a sillonné le Pérou, participé à des conférences et multiplié les rendez-vous avec des personnes motivées à agir pour un Pérou plus durable. BILAN.

L’EDUCATION

Un sujet clé pour gagner le combat face à la pollution plastique de notre environnement, sur lequel la Fondation ne lésine pas. Ce sont près de 400 enfants et étudiants péruviens qui ont été accueillis à bord au tout début de l’escale, auxquels il faut ajouter les centaines de personnes rencontrées lors des deux conférences réalisées à l’UTEC et à la PUCP. Chacun a pu repartir chez lui avec des idées concrètes de petits gestes qui comptent dans la lutte contre la pollution plastique : Refuser un sac plastique ou une paille, réutiliser un produit plusieurs fois, utiliser une bouteille et des sacs réutilisables, réparer un objet plutôt que d’en changer, choisir le produit qui a le moins d’emballage, et surtout ne rien jeter dans la nature. L’idée est également de faire le lien entre nous, les humains, et l’océan source de toute vie sur terre. En effet, la moitié de la population mondiale dépend de l’océan pour se nourrir (et nous savons à quel point le ceviche est essentiel pour les péruviens !). L’océan représente également notre principale ressource hydrique ainsi que le plus grand producteur de notre oxygène. Sans l’océan nous ne pouvons simplement pas survivre, alors quelle idée de l’empoisonner ?

Juan Alberto Wu, Président de L+1, réseau d’entrepreneurs sociaux engagés à promouvoir un développement durable pour le Pérou : « Le passage de Race for Water au Pérou nous inspire à chercher des solutions aux problèmes qui font partie aujourd’hui de notre quotidien. Les Péruviens ont le privilège de vivre sur une terre diverse avec des ressources abondantes. C’est pourquoi nous devons agir avec une plus grande responsabilité. Race for Water est un modèle à suivre … Les équipes de la Fondation nous ont montré que vivre de manière durable en combinant la technologie et les ressources fournies par la planète de manière naturelle est largement possible.  Aujourd’hui, nous avons les clés en main, à nous de bien nous en servir. »

 

TRAVAIL AUPRES DU GOUVERNEMENT

Pour la première fois, l’équipe ACT a pu rester plus de deux mois sur le terrain et travailler avec de nombreux acteurs décisionnaires. Le travail avec le gouvernement péruvien a commencé en 2016. C’est donc tout naturellement que le premier événement qui a lancé cette escale péruvienne rassemblait des membres de la COMUMA, la commission multisectorielle de gestion environnemental. Ainsi plusieurs ministères se réunissent plusieurs fois par an sous la gouvernance du Ministère de l’Environnement afin de mettre en place des projets en lien avec la préservation de l’environnement. Le dernier en date a donc eu lieu au Yacht Club Peruano, port d’accueil de notre navire ambassadeur.

« Nous avons ainsi pu mettre l’accent sur la nécessité d’avancer au niveau légal sur la question de la gestion des déchets plastiques et sur la nécessité de réduire les plastiques à usage unique. » indique Camille Rollin,

Avant de poursuivre : « Plusieurs congressistes sont également venus à bord, nous permettant de discuter directement avec les auteurs des derniers projets de lois sur l’interdiction des sacs plastiques. Ses rencontres se sont soldées par une invitation au Congrès pour participer au groupe de travail dédié à ces projets de lois. Nous avons ainsi pu donner nos commentaires et recommandations sur leur contenu et leur mise en place ».

 

« A la vue du projet de loi tout récemment proposé par le MINAM, nous constatons que nos messages ont été entendus. Le ministère cherche à aller plus loin que la seule interdiction des sacs plastiques à usage unique. Les pailles sont également devenues persona non grata. Le polystyrène expansé à usage alimentaire fait également partie de la liste des produits à interdire. Enfin, la volonté d’imposer un pourcentage de plastique recyclé dans la fabrication des bouteilles en PET montre que l’industrie est également mise à contribution dans la lutte contre la pollution plastique. Le MINAM travaille aujourd’hui main dans la main avec les différents congressistes ayant proposé des projets de lois afin de construire ensemble la mouture finale qu’ils espèrent présenter  dans les semaines à venir au vote de l’assemblée. »

Et de conclure : « Depuis notre arrivée, le sujet est de plus en plus présent dans les médias. Notre objectif est que la problématique de la contamination de l’eau et des océans par les plastiques fasse partie des priorités gouvernementales. Notre dernière rencontre avec la nouvelle Ministre de l’environnement nous donne beaucoup d’espoir pour le Pérou. »

Marcos Alegre – Vice-Ministre de l’Environnement : « L’initiative Race for Water est hautement pertinente parce qu’elle touche un sujet de préoccupation mondiale, et va au bout du problème  : chercher une nouvelle éthique environnementale, grâce à l’utilisation de technologie moderne pour générer de l’énergie à partir de matériaux comme le plastique… »

TRAVAIL DE TERRAIN

Le Pérou ne fait malheureusement pas exception sur l’incapacité et/ou le manque de volonté des gouvernements municipaux et nationaux à mettre en place une logistique efficace de collecte et traitement des déchets, sur le manque d’intérêt des industriels à développer des produits durables et recyclables, et sur le manque d’éducation des populations sur la préservation de l’environnement et la nécessaire bonne gestion de leurs déchets. Une trop grande partie des déchets, notamment plastiques sont abandonnés dans la rue, la nature ou directement jetés dans les voies d’eaux.

La mission principale de l’équipe ACT est la mise en place d’une chaîne de valeur pour les déchets plastiques qui va de la rémunération de la collecte jusqu’à la production d’une ressource utile localement. En effet, la vision de la Fondation Race for Water est de travailler à la source de la pollution plastique, c’est-à-dire à terre, dans les villes proches des principales voies d’eaux ou des océans. La transformation des déchets plastiques en électricité grâce à des unités moyennes de pyrolyse à haute température de l’entreprise ETIA, solution mise en avant par la Fondation, permettent de décentraliser la gestion des déchets plastiques, de donner des filières économiques supplémentaires aux collecteurs de rue et de transformer un problème environnemental en une ressource énergétique complémentaire pour des communautés souvent vulnérables, limitant ainsi les déchets plastiques laissés à l’abandon qui terminent bien trop souvent leur longue vie dans nos océans.

L’équipe a donc souhaité développer un premier projet de démonstration au Pérou.
Enchainant les réunions à bord du navire ambassadeur avec des dirigeants d’entreprises, des entités gouvernementales et des ONG, deux régions semblent sortir du lot comme candidat potentiel : Ica et Iquitos. Mais des projets sont également à l’étude dans d’autres régions.

Tout d’abord la Région d’ICA, portée par son gouverneur, Fernando Cillóniz, dont les nombreux projets sociaux et environnementaux démontrent la volonté de faire de sa région une pionnière en la matière.

Frédéric Sciacca : « Dès notre première rencontre, Fernando a décidé d’organiser un workshop à bord et d’inviter des acteurs clés du secteur privé et public d’Ica. La grande majorité des invités ont répondu positivement à l’invitation, pourtant envoyée seulement 72h avant la date fixée, et n’ont pas hésité à faire les 4h de routes qui séparent Ica de la capitale ».

Fernando Cillóniz – Gobernador Regional de Ica : « La visite du catamaran et la présentation des initiatives de Race for Water ont eu un écho très important au sein de la région d’Ica. Depuis l’expérience que nous avons eu à bord du Race for Water, l’engagement environnemental des directeurs de la direction régionale, ainsi que celui des entrepreneurs et des citadins est plus fort et chargé d’espoir.Un grand merci aux équipes de Race for Water pour le message que vous transmettez. Nous suivrons vos recommandations et ferons de la planète la grande gagnante. »

IQUITOS. Ville symbolique située au bord de l’Amazone en plein milieu de la jungle. Son isolement complexifie d’autant la gestion des déchets d’une population de près de 400 000 habitants tout comme son mode de production d’électricité. Une partie de ses habitants situés dans le district de Belen vivent sur pilotis dans les maisons en bois et leur mode de vie est rythmé par le niveau du fleuve.

Frédéric Sciacca : « Durant la saison des pluies, ils se déplacent grâce à un système de voies et de ponts en bois reconstruits chaque année en fonction du niveau de montée des eaux. La gestion des déchets, de l’eau et des sanitaires est inexistante. Des toilettes communes sont fabriquées sur pilotis et servent à plusieurs familles. Il s’agit simplement d’un trou placé entre 4 planches au-dessus du fleuve. Les déchets domestiques sont directement jetés dans le fleuve Itaya affluant de l’Amazone dont l’embouchure n’est qu’à quelques centaines de mètres. »

«  Une récente initiative a vu le jour, grâce à l’ONG Ciudad Saludable et à la Municipalité de Belen : un système de collecte par bateau. En seulement deux mois les résultats sont visibles. Des zones qui étaient en permanence recouvertes de déchets en sont quasi dépourvus aujourd’hui motivant d’autant plus de nouvelles familles à jouer le jeu de la conservation de leurs sacs poubelles jusqu’au passage du bateau de la municipalité. Durant la saison sèche, ce projet devrait permettre à la Municipalité de réduire en partie le temps nécessaire au déblaiement des déchets qui se sont déposés au fonds, recouvrant ainsi chaque année le lit du fleuve asséché. »

Seulement le système de ponts empêche l’accès à certains endroits et le nombre de bateaux n’est pas suffisant pour couvrir toute la zone. De plus, les déchets collectés terminent comme le reste des déchets municipaux collectés par la ville, dans une décharge non maitrisée source de pollution des sols, des nappes phréatiques et de réchauffement climatique.

Frédéric  : « Dans le reste de la province, peu de plastique sont collectés par manque de valeur économique. Le nécessaire export vers Lima par bateaux et camions est compliqué et réduit drastiquement le prix auquel les collecteurs de rue pourraient revendre le matériel. Une solution locale de transformation des déchets plastiques en électricité permettrait de garantir une rémunération beaucoup plus stable et plus élevée pour ces travailleurs de l’ombre qui font un travail essentiel mais si peu reconnu par le reste de la population.
Ciudad Saludable et sa directrice Albina Ruiz Rios travaillent depuis 30 ans et réalisent un travail remarquable avec les collecteurs de rue pour leur donner accès aux droits sociaux, les épauler dans leur travail et leur donner une reconnaissance sociale. Ils les forment également au porte-à-porte afin d’éduquer la population au tri sélectif et de récupérer leurs déchets recyclables. Merci à Carlos Enrique Aguilar Vasquez pour son accueil et sa visite guidée un peu particulière de la ville d’Iquitos.»

L’HEURE DU DEPART APPROCHE

Les équipes de la Fondation Race for Water resteront en contact avec tous les acteurs rencontrés et tiennent à remercier l’ensemble des entités qui les ont aidées tout au long des deux mois écoulés.

« Un grand merci à Mikaela Rizo-Patrón et Camila Clausen faisant parties de L+1, qui nous ont été d’une grande aide dans l’organisation de cette escale et ont permis des rencontres importantes dans le développement de projet au Pérou.

La collaboration avec des organisations telles que Ciudad Saludable et L+1 est clé dans le développement de projet comme les nôtres et nous espérons que les graines semées sur cette escale de deux mois permettront de voir grandir de beaux projets pour le Pérou.

Nous souhaitons également remercier Tierra y Ser pour leurs précieux contact. Cette organisation a un projet merveilleux de récolte de bouchons pour financer des fauteuils roulants pour les populations défavorisées. Elle participe également avec beaucoup d’énergie à l’effort d’éducation au recyclage.

Il faut également noter le support de plusieurs Municipalités dont celle de Magdalena qui nous a permis de rencontrer les collecteurs de rue et de partager un peu de leur quotidien.

Enfin le Yacht Club Peruano, leurs fabuleuses équipes techniques et de lancheros qui nous ont aider à recevoir nos invités de la meilleure des manières et ont accueillis notre équipage et son bateau tout au long de notre séjour péruvien.

Tout au long de cette escale, nous avons rencontré des personnes motivées à agir pour un Pérou plus durable. Nous repartons de Lima avec l’envie d’aller plus loin à leur côté et de concrétiser le travail initié pendant deux mois. »

QUELQUES CHIFFRES

Ont été accueillis à bord ou rencontré au cours de nos 2 mois au Pérou :
– 560 scolaires et étudiants
– Près de 230 décideurs (politiques, membres d’ONG, chef d’entreprises etc..) dont 50 ont participé aux Workshop  « Waste to Energy »
– 45 journalistes
– Près de 400 personnes lors de soirée de relations publiques ou d’actions telles le Beach Clean Up avec le WWF.

EN ROUTE VERS LE CHILI

Le catamaran Race for Water a quitté son mouillage situé devant le Yacht Club Peruano, près de Lima, dans la nuit de samedi à dimanche 20 mai et fait route vers le Chili et la ville de Valparaiso où il est attendu début juin.

Une escale Chilienne qui s’étalera sur près de 3 mois (5 juin au 30 août), rythmée par 4 étapes: Valparaiso, Concepcion, Juan Fernandez et, en point d’orgues, l’île de Pâques et le projet de son développement vers une totale autonomie énergétique en collaboration avec la Fondation ZERI de Gunter Pauli.

Programme prévisionnel à Valparaiso  du 6 au 17 juin :
mercredi 6 juin : Arrivée du bateau Race for Water au port militaire de Valparaiso
vendredi 8 juin : Conférence de presse à 11h – Journée Mondiale des Océans
samedi 9 et lundi 11 juin : Visite des scolaires et universitaires
mardi 12 juin : Workshop « Plastic Waste to Energy »
jeudi 14 juin à Santiago : Speaking Session avec Gunter Pauli et Marco Simeoni
dimanche 17 juin : Départ de Race for Water vers Concepcion

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Nouveau départ, nouvel équipage.

Le catamaran Race for Water a levé l’ancre dans la nuit de samedi à dimanche 20 mai, vers minuit (Swiss Time) quittant le Pérou après deux mois d’escale. A bord, 6 marins ; devant eux, 1300 milles et la ville de Valparaiso qui se profilera d’ici une quinzaine de jours.

Côté bateau et équipage :

Jean-Marc, vous cumulez donc les casquettes de Directeur Technique et de Capitaine du navire, dernière fonction que vous occupez en alternance avec Pascal Morizot. Tous les postes du bord fonctionnent-ils en binôme ? Si oui, quelle en est la raison ?

Jean-Marc Normant : « En effet chacun des membres d’équipage a un binôme. Nous avons fait ce choix afin d’assurer une rotation régulière et assurer ainsi d’une part la possibilité de remplacer un membre de l’équipage si besoin et d’autre part les périodes de navigations sont pour certaines assez longues. Etant donné la durée de notre Odyssée, il faut permettre une mise au vert après de nombreux jours bleus océans. »

Quel est votre équipage sur le ralliement entre le Pérou et le Chili ?

JMN : « A bord pour ce départ de Lima vers Vaparaiso, nous aurons, honneur aux Dames :
Anne-Laure Le Duff en tant que second capitaine. Déjà quelques milles à bord du Race for Water, Anne-Laure le connait bien maintenant et assure parfaitement son rôle.
Anne Le Chantoux, qui nous rejoint après quelques congés bien mérités en plus d’être un marin fort efficace et polyvalent, Anne est notre interprète officielle ; l’espagnol n’a pas de secret pour elle, de même que l’anglais !
Margaux Chalas qui est à bord pour la première fois. Elle occupera le poste d’intendante. Sur les quelques jours de mer qui nous attendent, nous allons pouvoir faire mieux connaissance.
Puis côté masculin :
Lucas Rabiet, il ne fait pas partie de l’équipage mais c’est tout comme ; il est le spécialiste incontournable de l’hydrogène.
Basile Prime, notre ingénieur. Toujours très occupé, il assure la maintenance de tous nos systèmes embarqués et dieu sait qu’il y en a beaucoup à bord de ce bateau si particulier ».

Immersion, impressions :

Margaux Chalas est nouvelle à bord et assure le rôle d’intendante. Arrivée peu de jour avant le départ, Margaux s’est d’ores et déjà fondue dans le groupe.
Impressions : « Un nouvel océan. Un nouveau pays. Un nouveau bateau. Une nouvelle équipe. Un nouveau poste. L’organisation est bien rodée, chacun connaît son rôle et la partition sonne juste. Les équipes à terre ont fait un travail énorme de préparation et ça se sent. Le fait d’arriver avec un équipage présent sur place depuis quelques semaines, ça permet de prendre ses marques plus facilement ! Je n’ai pas découvert 1/10ème de toutes les cales, cachettes et rangements à bord de Race for Water, voilà une de mes prochaines missions personnelles ! La liste de travail est sans fin, c’est la douce joie de la vie à bord, on ne s’ennuie jamais sur un bateau, toujours un truc à faire ! On commence à se projeter pour la Transpac (ndlr Trans Pacifique), grosse étape logistique. Heureusement, il y aura eu l’entraînement sur ces 15 jours de navigation vers le Chili ; ce qui va me permettre d’avoir le recul nécessaire pour bien préparer les mois à venir. En tout cas, je suis ravie d’y être enfin ; ça fait quelques mois que je trépigne d’impatience à l’idée de commencer, j’étais coincée sur les bancs de l’école cet hiver à rêver de climats plus cléments ! » 

Côté mer et navigation :

Le bateau de la Fondation devra infléchir un peu se trajectoire. En effet, une route directe serait certes plus courte mais l’entrainerait sous une couverture nuageuse importante visible sur les fichiers météos ; qui plus est le vent de face sur la zone côtière sera plus faible qu’au large. Une autre composante dans ce secteur est le courant du Humbolt, c’est un courant océanique de surface, orienté du sud vers le nord qui sera également défavorable et plus sensible à la côte qu’au large.

Jean-Marc Normant : « Notre trajectoire sera donc le résultat d’un équilibre entre les nuages, le vent et le courant d’un côté et le soleil et les performances du bateau de l’autre. »

Race for Water et son équipage sont attendus début juin dans le port militaire de Valparaiso.

Veille de départ à Lima…

A la veille du départ du catamaran Race for Water du Pérou, l’équipage s’active afin que tout soit prêt demain au moment de quitter le mouillage situé devant le Yacht Club de Peruano.

Deux mois d’escale denses et riches de belles rencontres, que nous vous proposons de vivre au travers de quelques unes des images de notre reporter Peter Charaf!

Bon visionnage!

Le Lac Titicaca et ses îles flottantes, les îles Uros, vus par Peter Charaf, notre photographe – Témoignage.

Le lac Titicaca est la plus haute étendue d’eau navigable au monde. Il s’étend sur le Pérou et la Bolivie, sur 190 km de long et 80km de large, à une altitude de 3812m. Berceau du peuple Inca, il représente un patrimoine historique important pour les peuples de cette région. Son nom viendrait d’un rocher situé sur l’Isla Del Sol (l’ile du soleil) dans la partie bolivienne du lac. Ce rocher, dans la langue Aymara s’appelait Titi Khon’Ka, le rocher du puma. Ses 1125km de côtes abritent 25 rivières qui l’alimentent en eau, bien sûr, mais aussi … en plastique.

Si on regarde le cycle des déchets on comprend que plus on se rapproche du niveau de la mer, plus les rivières se gorgent de plastiques. A l’inverse, on pourrait espérer qu’à près de 4000m d’altitude les cours d’eau soient limpides et vierges de tout plastique. Il n’en est rien…La ville de Puno, sur la rive péruvienne du lac, forte de ses 120 000 habitants, mais aussi de ses nombreux touristes, génère une quantité de déchets qu’elle ne peut absorber. Le lac est un atout majeur de l’industrie touristique. Toute la région est inondée de déchets sauvages ; chaque bord de route, chaque rivière… En conséquence, le lac est, lui aussi, colonisé par ce fléau moderne.

Ici, comme partout ailleurs dans le monde, il semble que le tournant du troisième millénaire ait marqué une profonde accélération de la pollution plastique ; comme s’il était sorti du sol du jour au lendemain, à la manière d’un champignon.

Faute de pouvoir se doter d’un programme de traitement des déchets à la hauteur de l’enjeu et d’offrir des solutions de ramassage au quotidien, les autorités locales boliviennes, conscientes du problème, ont développé une signalétique visant à alerter la population. Des panneaux interdisant le dépôt d’ordures, en passant par d’autres plus philosophiques, jusqu’à des messages forts comme par exemple « La basura mata » (les déchets tuent). On trouve même, maintenant des avis à la délation, invitant les témoins d’actes de pollution à agir en citoyens responsables.

 

Malheureusement ces initiatives, qu’elles visent à éveiller les consciences ou à réprimer les comportements délictueux, ne sont pas couronnées de succès. Seule la mise en place de circuits de ramassage et de traitement des déchets pourrait venir entraver la croissance exponentielle des déchets sauvages.

Recyclage et énergie solaire chez les Uros

L’histoire du peuple Uros est marquée par l’exil volontaire pour échapper, entre autres, à l’envahisseur Inca. Au 13ème siècle, ils choisissent d’émigrer sur le lac Titicaca en construisant des iles flottantes en roseau. Les iles flottent mais sont tout de même amarrées par des cordages à des tronc d’Eucalyptus afin qu’elles ne dérivent pas.

Depuis, la tradition des iles flottantes a perduré. Le peuple Uros a disparu vers 1950 et aujourd’hui ce sont en réalité environ 2000 Aymaras qui perpétuent la tradition. Tous les 15 jours environ une nouvelle couche de roseau est rajoutée sur chaque ile pour compenser leur érosion.


 

La source de revenus principale des habitants des iles Uros est le tourisme. Les visites sont organisées, pour quelques bolivianos, depuis la ville de Puno. Après environ 30mn de navigation on peut fouler le sol mouvant et être accueilli par le président de l’ile. Chaque ile a son propre président. Il se charge d’expliquer aux touristes l’histoire de l’archipel et la technique de construction employée. Dès l’arrivée sur l’ile j’ai remarqué que le banc sur lequel il m‘était proposé de m’asseoir mêlait roseau tressé et bouteilles de PET… !

Eloy, le président de l’ile, m’a donc expliqué que depuis quelques années ils utilisent les bouteilles en plastique comme flotteurs. Bien sûr, elles n’ont pas remplacé le roseau, mais elles viennent se loger au cœur du tressage, augmentant la flottabilité tout en gardant l’aspect traditionnel du roseau. L’intégration des bouteilles en pet diminue la quantité de déchets à évacuer en bateau vers Puno.

Depuis 2015, ils ont même fait de ces bouteilles un élément essentiel de la structure de leurs bateaux ancestraux à tête de puma. Le bateau d’Eloy contient 4000 bouteilles. Il flotte mieux, vieillit moins vite et se fabrique plus rapidement. Pas certain que ce soit une bonne nouvelle pour le lac, mais c’est une preuve d’adaptation et d’évolution des traditions.

 

Une autre chose a attiré mon regard. La plupart des petites maisons en roseau ont une source d’électricité assurée par des panneaux solaires, cadeau du gouvernement. Cela me fait penser à notre bateau ; comme nous ils flottent et utilisent l’énergie du soleil. Mais ici la vénération du soleil est ancestrale. Le temple du soleil, l’ile du soleil restent des lieux sacrés de la mythologie Inca. L’astre brillant est source d’énergie et d’inspiration, mais aussi un des facteurs qui participe à la dégradation des plastiques sauvages dans notre environnement…

L’ile du soleil, justement, et sa petite sœur l’ile de la lune sont des aimants à touristes. On y vient depuis le village de Copacabana sur la rive bolivienne. Ces deux lieux hautement symboliques de l’histoire Inca doivent relever le défi des quantités de déchets générées par l’industrie du tourisme. Les plastiques flottent sur les rives, on brûle ce que l’on peut au fond des jardins. Ici aussi quelques panneaux viennent rappeler que l’ignorance humaine tend à détruire la beauté de la nature.

Eveiller les consciences est un travail que nous menons sans relâche, à chaque étape de notre périple autour du monde. C’est un pilier essentiel de notre action auprès du grand public (Share) qui nous permet de partager les observations (Learn) que nous faisons depuis des années au travers du programme Odyssée. C’est aussi un préalable nécessaire à l’action que nous menons (Act) pour tenter d’endiguer le flux incessant des plastiques vers l’océan en proposant une solution visant à le transformer en énergie.

Nos étapes au Pérou (mars à mai) et au Chili (juin et juillet) visent à développer les réseaux qui nous permettront, espérons-le, d’améliorer la situation de ces deux pays en termes de pollution par les déchets plastiques. »

Texte et illustrations de Peter Charaf

Race for Water Odyssée, 1ère année :  Bilan scientifique et les perspectives  

Adapté aux expéditions scientifiques, le navire Race for Water a été entièrement réaménagé en 2016 afin d’offrir des conditions de travail optimales à bord. Grâce à ses 90 m2 dédiés à la science, sa stabilité et son autonomie énergétique, le catamaran permet d’embarquer à son bord des équipes de cinq à sept chercheurs, ainsi que des étudiants.  Depuis le départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux aux Bermudes (en juin-juillet 2017), à Cuba (en août 2017) et en Guadeloupe (octobre 2017).

Kim Van Arkel, conseillère scientifique à la Fondation Race for Water :

« Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC.

EPHEMARE dirigé par le Professeur Ricardo Beiras (Université de Vigo, Espagne) étudie les effets éco toxicologiques des micro plastiques sur les écosystèmes marins. Dans le cadre de ce projet, des prélèvements: de micro plastiques ont été réalisés en eau de surface, de sédiments, de plancton et d’organismes marins endémiques (poissons, crustacés, bivalves..) sur deux sites aux Bermudes (Whale Bone Bay et Well Bay) et en Guadeloupe (Petit Bourg et Capesterre) par 9 scientifiques européens (venant de l’Université de Bordeaux en France, de l’Université d’Anvers en Belgique, de l’Université de Vigo en Espagne, de l’Université Polytechnique de Marche et du CNR Institut des Sciences Marines en Italie) en collaboration localement avec Anne Hyde de Keep Bermuda Beautiful et Dr. Struan Robbie Smith aux Bermudes puis par Dr. Soazig Lemoine de l’Université des Antilles en Guadeloupe. Les différentes analyses (dissection, identification, chimie, toxicité) concernant les échantillons et micro plastiques prélevés lors de ces deux campagnes sont actuellement en cours dans les 4 universités européennes partenaires du projet EPHEMARE.

 

WEATHER-MIC mené par Dr Annika Jahnke (UFZ Leipzigg, Allemagne) et Dr. Hans Peter H. Arp (NGI, Norvège) vise quant à lui à comprendre les différentes étapes du vieillissement des micro plastiques et les effets que cela engendre dans le milieu marin. Dr Hans Peter H Arp, lui-même et 2 scientifiques du NGI impliqué également dans le projet ont réalisé une série de prélèvement du large à la côte cubaine jusque dans la Havane avec le soutien du Prof Carlos Manuel Alonso Hernandez et 6 autres scientifiques cubains du CEAC.

Les échantillons prélevés en eau de surface, dans la colonne d’eau à différentes profondeurs et dans le sédiment immergé ont été répartie entre les scientifiques du NGI et du CEAC afin de réaliser une analyse commune. Certains échantillons (les plus intéressants) seront envoyés à d’autres équipes du projet WEATHER-MIC pour observer plus en profondeur les signes de vieillissement basé sur des « empreintes de vieillissement » développés par le réseau JPI Oceans. »

 

Et la suite ?

Kim Van Arkel de poursuivre : « De nouvelles missions scientifiques sont attendues à bord du navire Race for Water ; à commencer par des prélèvements de particules de plastiques effectués par l’équipage lors des périodes de navigation de Concepcion (Chili) à Tahiti (Polynésie Française) pour le projet « Plastisphère » de Dr. Linda Amaral Zettler et de Dr. Erik Zettler, tous deux chercheurs au NIOZ, l’institut royal néerlandais de recherche marine. Ce projet explore les communautés associées aux particules de plastiques flottantes à la surface de l’océan. Notre passage dans la zone encore peu échantillonnée du Pacifique sud-est  est très important pour ces recherches. D’autres missions scientifiques seront accueillies à bord de la plateforme Race for Water et seront dévoilées au fur et à mesure de son parcours.»

10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »

10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »

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Première partie d’escale à Lima terminée,  place à l’équipe ACT !

Race for Water arrivé aux abords de Lima au Pérou, le 15 mars dernier, est toujours au mouillage devant le Yacht Club de La Punta à Callao, et ce jusqu’au 20 mai prochain où il lèvera l’ancre en direction de Valparaiso au Chili.  Après une première partie riche en échanges et en apprentissages sur la situation de la pollution plastique au Pérou, l’équipe Race for Water en charge d’implémenter des projets de valorisation des déchets reste à l’œuvre, sur place, pendant les deux prochains mois pour poursuivre et concrétiser les discussions initiées.

Lima 1ère :  SHARE (visites et exposition à bord)

La première partie de cette escale s’est achevée en fin de semaine dernière par un Beach Clean Up en collaboration avec l’ONG WWF qui a réuni 400 volontaires et qui a permis de récupérer 2 tonnes de déchets !

Comme à chaque stop-over de la Race for Water odyssée, les équipes de la Fondation se mobilisent pour sensibiliser le plus grand nombre que ce soit des scolaires, des décideurs, des élus ou encore des entrepreneurs et acteurs environnementaux locaux. Force est de constater que l’engouement suscité par la présence du catamaran Race for Water a été incroyable. Ont été reçu et accueilli à bord près de 400 enfants, plus de 350 entrepreneurs locaux, 27 personnes lors du Worshop « Plastic Waste to Energy » ou encore 35 personnalités politiques qui ont tenu à bord une commission interministérielle qui coordonne l’implantation de projets écoresponsables pour la préservation des zones côtières. Occasion de réunir notre Président Marco Simeoni et la Ministre de l’environnement Madame Elza Galarza.

   

Camille Rollin, responsable ACT pour la Fondation Race for Water : « Quel enthousiasme de la part des péruviens ! L’accueil est formidable ! Nous ne pourrons malheureusement pas répondre positivement à toutes les sollicitations que nous recevons chaque jour. Nous sommes très contents de cette première partie d’escale à Lima qui était principalement dédiée à l’éducation puisqu’en dix jours nous avons accueillis presque 400 élèves et étudiants. Le nettoyage de la plage agua dulce organisé par WWF pour marquer le coup de notre visite à Chorrillos, a permis de réunir 400 volontaires surmotivés et de récupérer près de deux tonnes de déchets en seulement quelques heures. Cela montre deux choses : il y a encore un énorme travail éducatif à faire sur le terrain pour que la population locale se sente plus concernée par la préservation de son environnement, mais qu’une partie croissante de cette même population cherche à faire évoluer les consciences. »

Lima 2ème : ACT (présentation des solutions)

De nombreux acteurs locaux notamment des entrepreneurs et investisseurs sociaux qui s’engagent dans des projets durables qui répondent aux problématiques auxquelles est confronté leur pays, comme celle de la pollution plastique, sont venus échanger à bord avec les équipes Race for Water.   C’est notamment avec ces derniers qu’une équipe plus restreinte mais entièrement dédiée à l’implémentation de projets de valorisation énergétiques des déchets plastiques au Pérou va poursuivre le travail au cours des deux prochains mois.

Frédéric Sciacca, Responsable ACT à Lima pour la Fondation : « Dans le cadre du programme ACT et de la recherche de solutions, nous allons désormais porter notre attention sur les modes de collecte, de gestion et de valorisation des déchets plastiques localement. Le contexte de Lima nous permettra de mieux appréhender la collecte informelle qui est extrêmement dynamique au Pérou. Il nous faudra aussi rencontrer nombre d’acteurs du monde associatif, publique et privé afin d’identifier où la mise en œuvre de la chaîne de valeur complète de notre modèle fera le plus de sens, et aura le plus d’impacts positifs. »

L’équipe ACT de la Fondation est composée de Camille Rollin, Frédéric Sciacca mais également pour cette étape, de Jimena Collantes-Ortiz, péruvienne d’origine et qui est particulièrement impliquée à Lima : « En tant que Péruvienne, c’est un honneur de faire partie de l’escale Lima, nous travaillons avec une équipe très professionnelle et passionnée dans ce que nous faisons.  C’est un privilège d’avoir la présence d’un navire aussi unique que le catamaran Race for Water. Je suis convaincue que la réponse aux besoins de mon pays amalgame parfaitement la solution proposée par Race for Water. À ce jour, nous avons pu contacter des acteurs clés pour l’implémentation du projet Waste to Energy. De mon point de vue, nous avons un grand potentiel à exploiter et mon désir, certainement ambitieux, est de pouvoir crée un réel impact dans chaque coin des régions du Pérou. Le meilleur est à suivre. » 

Breguet et Race for Water s’unissent pour la préservation des océans

La Maison Breguet est honorée d’annoncer qu’elle devient le partenaire principal de Race for Water, une fondation dédiée à la préservation de l’eau. Cette association a été dévoilée à travers une exposition dédiée en présence de Marc A. Hayek, Président de Breguet et de Marco Simeoni, Président et Fondateur de Race for Water, le samedi 24 mars 2018 à Baselworld. Breguet et Race for Water s’engagent ainsi dès aujourd’hui pour une odyssée qui s’étend jusqu’en 2021.

 

La Fondation Race for Water engagée pour la préservation des océans contre la pollution plastique, contribue à l’avancement des connaissances scientifiques, sensibilise le grand public et les décideurs, et agit concrètement avec la mise en œuvre de solutions locales aux impacts économiques, environnementaux et sociaux durables. Aujourd’hui, elle s’associe à Breguet pour sensibiliser le public à la préservation des océans, menacés par la pollution plastique. Un navire révolutionnaire partira pour un voyage autour du monde qui vise à promouvoir des solutions innovantes capables de transformer les déchets plastiques en ressources énergétiques, accélérant ainsi la transition écologique. Lors des trente-cinq étapes prévues au cours de l’odyssée, la Fondation Race for Water invitera scientifiques et décideurs à nouer le dialogue autour de la nécessité de préserver l’eau, la ressource la plus précieuse de l’humanité. La Maison Breguet soutiendra cette odyssée jusqu’à son terme, soit en l’an 2021.

« Nous sommes fiers et ravis de soutenir Race for Water. Ce projet suisse apporte une contribution inestimable à la recherche sous-marine à l’échelle internationale et prouve que des solutions concrètes existent pour préserver les océans du monde entier. », affirme Marc A. Hayek. « Au début du XIXème siècle, les montres étaient des instruments de navigation essentiels en mer. Nous poursuivons aujourd’hui cette tradition en soutenant un projet vital qui s’engage pour notre avenir. »

« Nous sommes fiers d’accueillir Breguet à bord de cette expédition unique. Cette odyssée vise à redonner espoir au monde, en montrant que des solutions existent pour lutter contre la pollution plastique. », explique Marco Simeoni. « L’éducation est clé et c’est pourquoi nous ciblons principalement les jeunes générations. Mais nous montrons également aux décideurs que nous rencontrons à chaque escale que l’innovation et de nouveaux modèles d’entreprises peuvent offrir des bénéfices économiques, écologiques et sociaux durables. En donnant de la valeur au déchet plastique nous arriverons à rentrer dans un cycle vertueux et à atteindre un résultat positif. De plus, nous nous déplaçons à bord d’un bateau fonctionnant à l’énergie renouvelable et à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite. La preuve qu’un navire de 100 tonnes peut faire le tour du monde sans dépendre des énergies fossiles. La transition énergétique est déjà une réalité ! »

La Maison Breguet dédie d’ailleurs sa nouvelle exposition itinérante à ce partenariat. Présentée les 24 et 25 mars 2018 sur la Plaza du Swatch Group, elle partira ensuite en tournée mondiale avec comme objectif de sensibiliser le grand public.

Une série spéciale Race for Water voyagera au poignet des explorateurs de l’odyssée


Breguet a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire en équipant les navires de chronomètres fiables capables de calculer la longitude en mer.

La collection Marine est l’héritière contemporaine de cette maîtrise exceptionnelle de la mesure du temps. Pour célébrer son partenariat avec Race for Water, Breguet a créé une édition spéciale de son modèle Marine 5517, mêlant un boîtier en titane avec un cadran bleu décoré de la silhouette du bateau Race for Water guilloché main selon le motif « clou de Paris ». Ce garde-temps fera partie de l’odyssée autour du globe puisque chaque membre de l’équipage se verra remettre un exemplaire, afin de les accompagner durant leurs différentes missions.

Le monde marin inspire la Maison Breguet depuis ses débuts et particulièrement depuis la nomination d’Abraham-Louis Breguet au titre officiel d’Horloger de la Marine royale en 1815. Cette distinction décernée par le roi est la plus prestigieuse de celle qu’un horloger pouvait recevoir et a donné naissance à d’extraordinaires inventions au service du monde fascinant de la navigation maritime. La collection Marine s’inspire de ce riche passé en le réinterprétant de manière contemporaine. Il en résulte des garde-temps conçus pour traverser les générations. Dans la continuité de son implication dans le monde marin, c’est tout naturellement que Breguet a souhaité s’associer à une initiative à l’avant-garde de la recherche scientifique moderne sur les océans.

À propos de Breguet : La Maison Breguet, fondée en 1775, incarne l’excellence horlogère et fait partie du patrimoine culturel européen, qui déborde d’histoire et d’émotions. Ses créations ont fait le bonheur des plus grandes figures de l’histoire. Dans les célèbres archives Breguet sont enregistrés tous les garde-temps vendus depuis 1787. Les créations Breguet sont des œuvres d’art uniques que l’on doit aux prouesses des maîtres horlogers d’aujourd’hui. Dès ses débuts, Breguet a tissé des liens étroits avec la science et l’astronomie. La Maison est fière de proposer des modèles d’exception à l’image de la Grande Complication Marine Équation Marchante 5887. www.breguet.com

Rencontre avec Gunter PAULI,  le fondateur du concept de l’Economie Bleue

La Fondation Race for Water a entamé début 2018, une collaboration au niveau international avec la Fondation ZERI (Recherche et Initiatives pour Zéro Pollution) du professeur Gunter Pauli, père de l’Economie Bleue.

Marco Simeoni : « Avec sa Fondation, Gunter Pauli souhaite rendre autonome au niveau énergétique l’emblématique île de Pâques. La Fondation Race for Water rejoint ce projet et apporte sa contribution sur la partie valorisation des déchets. Nous sommes très heureux de cette collaboration que nous espérons inspirante pour que d’autres projets similaires sur des iles éloignées voient le jour. »

Entretien avec Monsieur Gunter PAULI :

Vous êtes économiste de formation ; comment vous êtes-vous intéressé à l’écologie ?
J’étais propriétaire d’une usine qui fabriquait des détergents. Je me suis aperçu que la base de mon entreprise reposait sur l’exploitation de l’huile de palme qui détruisait les forêts ainsi que l’habitat des orangs-outangs. Comment pourrais-je être un entrepreneur vert tout en détruisant l’écosystème dans la forêt tropicale humide ? C’est vraiment ce qui m’a transformé. J’ai vendu ma société et crée la Fondation ZERI (Recherche et Initiatives pour Zéro Pollution).

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’Economie Bleue (The Blue Economy)?
L’Economie Bleue est assez élémentaire. Nous utilisons ce qui est disponible localement avec pour objectif de créer des plus-values. Nous souhaitons avant tout répondre aux besoins de la population locale.  Nous ne nous concentrons pas sur une production à moindre coût pour aller conquérir le marché mondial. Nous souhaitons simplement créer une augmentation de la valeur d’une chose. Une fois que l’on est dans ce schéma, on est plus compétitif et on génère davantage d’atouts pour les consommateurs et les clients locaux.

Pour moi, la nature nous enseigne qu’il faut chercher des solutions là où cette dernière nous fait la preuve que ça fonctionne depuis des millions et millions d’années.

Le seul Etre sur terre capable de produire des déchets, c’est l’Homme. Les autres êtres humains ne produisent jamais de déchets car tout ce qui est produit, est toujours transformé en une énergie, un nutriment, une matière pour quelqu’un d’autre.

Il faut simplement suivre la sagesse des écosystèmes qui fournissent énergie et aliments, recyclent les déchets, répondent aux besoins de tous et se régénèrent sans cesse. Il faut mettre en place de nouvelles solutions intelligentes et adaptées à chaque situation locale en concevant des cycles de production inspirés du fonctionnement de la nature où il n’y a jamais de déchets et où tout est recyclé dans un processus harmonieux.

Vous avez monté une expérience sur l’ile EL HIERRO aux Canaries ; pouvez-vous nous en parler ?
La population de cette île pensait que d’ici 20 à 30 ans, plus personne n’y habiterait, que toute la population s’expatrierait à Barcelone, à Valence ou à Madrid. Une grande partie des habitants s’est alors mobilisée pour relever le défi de rester sur place et même de faire revenir leurs enfants.
A partir de ce moment-là, tout a été imaginé pour réimplanter différentes activités comme la pêche, l’élevage de chèvres, l’agriculture, le vignoble, les abattoirs, les énergies, l’eau et le traitement des déchets etc…
Aujourd’hui, EL HIERRO est devenue île de référence en Espagne. Il y a une plus haute densité de pêche qu’ailleurs en Espagne, ; le prix du litre de lait de chèvre est de 2,65 euros ; il y a une production de vin de 180.000 litres, ce n’est pas énorme, mais c’est produit localement. Nous avons réussi à générer des plus-values et à maintenir du cash-flow, un flux d’argent qui continue de circuler localement, ce qui est très important au niveau économique, puisque générant un effet multiplicateur.

Vous avez pour projet, dans le même esprit, de rendre autonome énergétiquement l’île de Pâques ?


Effectivement, quand vous avez su reconvertir une île alors qu’elle n’avait aucun avenir, on se prend ensuite à penser que d’autres îles pourraient suivre cet exemple.
A l’époque du projet El HIERRO, on ne connaissait rien à l’hydrogène, aucune idée de l’intégration d’une énergie venant de la transformation du plastique, le moment nous semble propice pour changer le modèle de l’île de Pâques.
En Amérique du sud, tout le monde sait que la Rapa Nuis vit un véritable désastre écologique.
Avec Race for Water, nous nous rassemblons parce qu’avec nos expériences respectives, nous allons nous concentrer sur des solutions et trouver un portefeuille d’opportunités !

Que représentent les Océans pour vous ?
L’Etre Humain a cru que la solution pour la nourriture, l’énergie, l’eau se trouvait sur terre. Or, la terre représente 30% de la planète et les océans 70% !  Pourquoi nous limiter à quelques centimètres de couche de terre pour nos productions ? Il y a moyen d’exploiter davantage les océans pour subvenir aux besoins alimentaires et énergétiques de demain. Dans les océans, vous avez une production en trois dimensions, qui permet d’avoir une productivité inachevable. L’eau à une densité supérieure à celle de l’air ; les nutriments que vous pouvez distribuer sont plus efficaces que ceux distribués via la terre.
Regardons les algues. Elles peuvent à la fois protéger la faune marine, participer à la biodiversité des océans et d’un autre côté, elles permettent de produire des quantités importantes de biogaz et d’aider à la production énergétique.



Les Fondations Race for Water et ZERI ensemble sur le projet île de Pâques, une évidence ?
Race for Water possède un bateau qui est une miniaturisation d’un portefeuille de technologies qui ne travaillent qu’à partir de ce qui est disponible en local (vent, soleil, eau de mer), pour en retirer des plus-values comme la propulsion, l’eau potable etc… Pour moi, c’est la même réflexion, je souhaite prouver que l’on peut transformer une réalité avec ce que nous avons à porter de mains.
Nous avons des approches culturelles similaires : nous agissons, prouvons que ça fonctionne et, grâce à cela, nous avons l’opportunité d’inspirer des gens qui prennent la relève.
Nos deux Fondations ne peuvent pas à elles seules tout révolutionner. Nous avons besoin d’inspirer concrètement des personnes qui, chacune, agira pour changer le monde.