À la veille du passage du canal de Panama, Annabelle vous raconte l’histoire maritime de ce dernier

 

 

Le Panamà et son canal sont pour moi au cœur de toute une histoire maritime que je souhaite vous raconter. Tout a commencé en 1502, quand Christophe Colomb a découvert la ville de Colon, encore aujourd’hui le point de départ du canal ! Pourtant, il était loin d’imaginer que derrière l’isthme se cachait un nouvel océan…

Carte du canal de Panama (source, ARTE)

 

C’est en 1513 qu’un dénommé Balboà a été le premier européen à « voir » le Pacifique ! En effet, après plusieurs jours d’exploration dans la jungle luxuriante de cette terre d’Amérique Centrale, il a découvert qu’après les Amériques, il y avait bien un autre océan.

Mais l’histoire de la construction du canal de Panamà est liée, en raison du commerce maritime des épices entre autres, à celui de l’archipel de la terre de feu. Ce dernier, situé à l’extrême-sud du continent sud-américain, est traversé par le Détroit de Magellan. Un nom qu’il tient de son premier explorateur, Fernand de Magellan, qui l’a découvert en 1520.

Ce passage naturel était en ce temps la route privilégiée des marins qui souhaitaient passer d’un océan à l’autre. Mais en 1600 tout se gâte. Le commerce se développant grandement, contrôler le Détroit de Magellan devenait intéressant… C’est alors que la Compagnie néerlandaise des Indes orientales s’est emparée du monopole des transports marchands hollandais et s’est mise à contrôler le détroit de Magellan, demandant des taxes aux passagers.

Une peinture de John Chancelor du petit trois-mâts barque anglais River Boyne en 1875 avec un incendie de charbon au Cap-Horn

 

Loin d’avoir envie de payer, des petits hollandais malins originaires du village de Hoorn, ont donc décidé de passer plus sud pour éviter la taxe. Ils découvrirent le fameux cap dont le nom ne sonne effectivement pas très espagnol… Mais la route par le Cap Horn était périlleuse et effrayait les marins, limitant alors les échanges commerciaux.

Plus de 200 ans plus tard, en 1881, des français (hé oui !) ont aouhaité palier à cette navigation dangereuse par le Grand Sud. C’est alors qu’ils décidèrent de construire un passage artificiel en Amérique Centrale : le canal de Panama. Plus court, plus sûr et plus rapide, détenir un tel endroit était une idée ingénieuse et certainement fructueuse.

Mais les travaux étant nombreux et compliqués, les français abandonnèrent sa construction qui fût reprise par les Etats-Unis. Ce n’est qu’en 1914 que le canal de Panama fût ouvert. Un ouvrage dantesque dont le prix de construction s’est avéré pharaonique tant en devise qu’en vies humaines, à l’échelle des pyramides d’Egypte…

Images d’archives de la construction du canal de Panama et des écluses (sources : Wikimédia et Goethals Collection, USMA)

 

Aujourd’hui plus de 14 000 cargos empruntent le canal par an ! Alors pour ma part, en attendant ce rendez-vous avec l’histoire, je profite de la végétation luxuriante, des nombreux oiseaux marins et terrestres et des quelques marsouins qui viennent nous trouver dans la baie où nous attendons notre tour de passer le canal.

Annabelle

 

Inspiration littéraire :

« Magellan » et « Les très riches heures de l’humanité » de Stefan Sweig

« Les voyages d’Amerigo Vespucci » de Jean-paul Duviols

Sources :

Wikipédia