24h dans une dépression

 

Martin nous avait prévenu du passage d’une dépression qui venait du nord-est et que nous allions devoir l’affronter. Le gros de la dépression est passée devant nous, on a pu rester dans son sud et évoluer dans les limites convenables des conditions de navigation du bateau.

Mais bon, dans les moments de gros vent et forte mer, on avait 30/35 noeuds de vent avec des rafales à 40 noeuds et des vagues allant de 4 à 5m… Heureusement, on avait eu le temps de se préparer et de s’adapter. C’était la première fois que tous, nous rencontrions ce genre de conditions alors nous observions consciencieusement les comportements du navire, nous étions concentré.

Quand le vent a forcit, nous avons du rentrer complètement les ailes solaires, pour qu’ils ne percutent pas les vagues qui étaient déjà bien formées. Dans la gîte, l’île a parfois été à deux doigts de toucher l’eau.

Pour la manoeuvre consistant à rentrer les ailes, on est obligé de sortir sur le pont et marcher sur les panneaux, il faut faire très attention. Avec la gîte et l’eau de pluie, les panneaux deviennent très glissant, il faut être agile. C’est Martin qui est sorti sur le pont pour manoeuvrer, assuré dans ses déplacements par un bout pris à son harnais, en 30 minutes le travail était fait.

Martin manoeuvre en pleine tempête

À l’intérieur aussi il a fallu tout organiser. Ranger tables et chaises, arrimer les objets comme les ordinateurs, la caméra, l’appareil photo… Tout a sa place à bord pour affronter ces conditions, il n’y a pas eu trop de chute. Un frigo qui s’est ouvert, une cafetière dans la cambuse a chuté, une caisse de carotte dans les soutes et un panneau solaire de spare s’est cassé, rien de grave.

Concernant la navigation, on était au portant et sur notre route, Pascal nous a trouvé un bon compromis, panneaux solaires arrières relevés pour prendre le vent plein cul et avoir le maximum de vitesse. La barre en manuel pour éviter les décrochages du pilote et se retrouver travers à la vague. On a eu une aulofée sous pilote dans une rafale à 40 noeuds sanctionnée par une  » petite » vague de travers.  Ca a claqué très fort sur la coque, avec en prime un bon coup de gîte.

Barrer Race For Water avec la petite barre à roue est un bon exercice de concentration. La barre est dure, le bateau fait 100 tonnes. Il nécessite beaucoup d’anticipation quand à sa trajectoire, avec de gros contre-braquages nécessaires quand on se fait embarquer par la vague. On barre par petite session d’ 1/4 d’ heure/20 minutes et on tape les records ….plus de 10 nœuds sur la vague.

Les grains de pluie et de vent – Annabelle au pilote

 

Dans le gros temps les petits problèmes s’enchaînent toujours plus vite. Le zodiac qui bouge ou dans le genre une sonde d’angle de barre qui se met à disjoncter, un rail de panneau qui coince…

Mais ça y est, c’est passé! La houle ce matin était encore un peu forte et s’est calmée peu à peu, le vent idem.

APRES LA PLUIE , LE BEAU TEMPS

Olivier

 

Photos d’Olivier