A la rencontre d’enfants éco-citoyens

 

Tandis que le soleil se lève à peine sur la Guadeloupe, Peter embarque caméra, trépied et appareil photo dans le coffre de la voiture. Une heure plus tard nous arrivons à St-François, sur la partie appelée Grande-Terre de l’île, afin de retrouver une classe tout à fait spéciale participant au programme Aire Marine Protégée.

Ces élèves, rencontrés sur le navire Race For Water en septembre dernier, sont en charge de la préservation d’une plage. Il y a quelques mois, alors que l’année scolaire débutait à peine, ils prenaient conscience de la mission qui leur était confiée : campagnes de sensibilisation des habitants à la pollution, ramassages réguliers des déchets et contacts avec les mairies allaient faire partie de leur quotidien d’enfants engagés. Après quatre mois d’école, qu’ont-t-ils réalisé ?

Alors que nous entrons à pas feutrés dans cette petite école entourée de verdure, une personne nous indique l’emplacement de la classe. A peine arrivé, Peter déballe son matériel, place sa caméra et filme les enfants. Plus un bruit, les enfants nous regardent d’un air stupéfait, certainement gênés de cette intrusion matinale. En plein « conseil de la mer », la maitresse sourit puis nous explique le déroulé du cours : « Deux fois par semaine, nous discutons des actions que nous souhaitons engager sur notre plage, afin de préserver cet écosystème fragile », explique Yanni Bardail, directrice de l’école et responsable de la classe.

En plein ‘conseil de la mer’ les élèves d’une classe AME, responsable d’une plage sur le littoral Guadeloupéen

 

Au cœur des prochaines actions de la classe, l’inauguration de leurs panneaux de sensibilisation à la préservation de l’environnement, qui seront placés le long de la plage. « Nous allons aussi sur notre plage afin de discuter avec les personnes qui s’y baladent. Et parfois, lorsque nous donnons un conseil à une personne, elle nous reçoit mal et n’a pas envie de nous écouter ! Heureusement, c’est pas souvent le cas », explique Basile, 10 ans. « Et puis, on a écrit à Monsieur le Président Emmanuel Macron ! », ajoute Océane, 9 ans. Amusée, la directrice nous explique que toute décision est ici démocratique et que la majorité des élèves ont souhaité inviter ce dernier à l’inauguration officielle de leurs panneaux. Outre ces actions, les enfants ont ramassé les déchets, les ont triés, comptés avant d’en faire des graphiques et de les utiliser comme supports à un cours de mathématiques. « Ce que nous faisons sur le terrain est utile à leur apprentissage en classe et les motive », dit Yanni Bardail. Et d’ajouter : « La visite sur le navire Race for Water a été une révélation pour ces enfants ». Touchés de constater que leur mission contre la pollution plastique était défendue et engagée par d’autres, ils ont aussi questionné les thématiques énergétiques souhaitant comprendre ce qu’était l’hydrogène. « Au vu de leurs questionnements, j’ai demandé à un maitre de chimie de venir en classe et nous avons fabriqué notre propre hydrogène », dit la directrice.

Du terrain pour aider l’apprentissage scolaire

 

A ce jour, 8 classes de ce type existent en Guadeloupe et d’autres demandes surviennent maintenant de toute part de l’île. « Si je devais m’adresser aux équipes de Race For Water, je souhaiterais leur dire merci. Pour l’espoir qu’il nous offre, pour leur motivation et pour leurs actions », conclut la directrice. Et les élèves d’ajouter avec un sérieux sans faille : « Cette planète est la nôtre et si nous ne faisons rien, nous ne pourrons plus y vivre correctement quand nous serons grands, c’est très important ».

En interview avec Peter, les élèves expriment leurs convictions