Vous avez dit Pacifique ?

Race for Water fait route depuis hier vers l’île de Robinson située dans l’archipel de Juan Fernandez, accompagné par un vent de sud et une houle de quelques mètres…

Annabelle Boudinot, second capitaine : « Nous avons largué les amarres hier, il fait froid, les bonnets sont de rigueur. Nous sommes partis dans des conditions calmes, avec un joli couché de soleil en sortie de baie. Dans la nuit, le vent s’est levé et ça a pas mal bougé! Difficile de dormir dans ces conditions qui nous ont « cueilli » de nuit. Au matin les têtes étaient fatiguées et nos passagers restent au fond de leurs couchettes !

Quelques courageux sortent et profitent avec nous des Pétrels, Albatros, Damiers du cap qui dansent autour de nous. En partant de Lorient, j’étais loin de me douter que je verrai ce genre d’oiseau à bord de Race For Water. Je ne boude pas mon plaisir ; j’aime la mer dans toutes les conditions, et elle est en général encore plus belle quand c’est un peu musclé ! »

Quand l’hiver austral montre les dents !

Nouvelles de Race for Water,  en escale technique à Concepcion jusqu’au 30 juillet ! Anne-Laure, Second Capitaine, a pris sa plume pour nous écrire ces quelques lignes avant de quitter le bord, laissant sa place à Annabelle.

« Alors que nous étions amarrés à la base militaire de Talcahuano un vent de Nord-Est s’est levé, allant jusqu’à 20 nœuds dans les rafales. Pas grand-chose me direz-vous. Mais ce fut largement suffisant pour mettre le bateau dans une position inconfortable. Ce secteur fait que le  vent est accostant, il pousse contre le quai, et le clapot qui l’accompagne fait raguer la coque.
Aux premières heures du jour nous prenons les derniers fichiers météos, une dépression bien creuse est prévue pour la semaine suivante et le secteur de vent est identique. Rapidement nous nous mettons en lien avec l’équipe terrestre pour prendre une décision. Le bateau ne peut rester à cet emplacement, nous devons donc trouver une solution de repli le plus rapidement possible. Nos contacts locaux rentrent en jeu et font de leur mieux pour nous trouver une place à l’abri. Ce sera le chantier naval qui nous accueillera le surlendemain. Nous n’avions qu’un mince créneau météo pour déplacer le bateau sans trop de difficultés et avec un équipage réduit.
A présent nous sommes amarrés, bien à l’abri du vent de Nord Est et de son clapot. Nous avons vécu trois jours très intenses et nous sommes soulagés que le bateau soit en sécurité pour les semaines à venir.
Dans quelques heures, je passe la main à mon homologue et retourne sur mon île, l’esprit tranquille. »