Perce Vagues…

Mercredi 6 juin, Race for Water entre dans la partie nord de la baie de Coquimbo, baie constituée de nombreuses îles de toute taille.

Jean-Marc Normant : « La plupart d’entre elles sont assez hautes, à l’ouest protégées pas des falaises abruptes peu engageantes. Depuis Race for Water, nous les voyons blanchir sous l’écume. Il n’y a pas tant de vent, environ 20 noeuds, mais une belle houle .
Résultat : nos flotteurs de type « Perce Vagues » sont devenus des sous-marins sur lesquels notre nacelle repose.
Les algues commencent à coloniser la quasi-totalité du pont tribord et bâbord !!! Impossible d’en faire le nettoyage en mer, nous attendrons d’être à l’abris du port de Valparaiso. »

Le catamaran et son équipage devraient atteindre leur destination samedi 9 juin dans la journée.

#R4WO #ODYSSEY

Comme dit la chanson…

Comme dit la chanson « Nous irons à Valparaiso » mais…

« C’est un peu laborieux, toujours avec du vent de face et sous les nuages. Les prévisions nous donnent du soleil aujourd’hui et demain. Mais, à la suite de ces deux jours favorables, le vent montera assez fortement, toujours plein sud à 30 nœuds. Nous serons alors au niveau de la pointe sud de la baie de Coquimbo. »

De la compagnie au-dessus de Race for Water : « Nous croisons quelques albatros, ces grands oiseaux voyageurs, planant sans pareil au ras des vagues et profitant de la houle pour surfer de belle manière …Les côtes sont époustouflantes, de véritables montagnes de couleur sable tombent dans la mer agitée du Pacifique. »

« Ce n’est décidemment pas un quartier fréquentable pour notre bateau solaire, le manque de soleil est évident ; mais à la fois le paysage qui s’offre à nous ainsi que la faune, sont si particuliers et majestueux que nous sommes bien heureux d’être là, tout simplement. »

Jean -Marc Normant, capitaine du bord.

 

Premier test du protocole Plastisphère à bord du Race for Water

En route vers le port militaire de Valparaiso, nos marins ont réalisé cette semaine, avec succès un premier test du protocole « Plastisphère » confié par Linda Amaral Zettler et Erik Zettler du NIOZ. Ils sont ainsi fin prêts pour réaliser des prélèvements de plastiques qui leur sont confiés entre les côtes chiliennes et la Polynésie française dès fin juillet. Ce premier test a permis de s’assurer que tous les éléments sont réunis pour suivre à la lettre ce protocole lorsque le catamaran quittera le continent sud-américain.

Kim van Arkel, conseillère scientifique de la Fondation nous explique comment à bord les 6 hommes et femmes d’équipage se sont répartis les tâches pour appliquer à la lettre le protocole.

« Anne-Laure, notre Second Capitaine, s’est transformée en responsable scientifique pour dérouler le protocole testé,

Jean-Marc est aux commandes du navire et Basile reporte la position du navire entre autres paramètres utiles à la compréhension du milieu telle que la température de l’eau en surface en début et en fin de prélèvement (photo 02-06-DSC_4246)

Anne est notre experte en mise à l’eau du filet Manta, notamment depuis nos précédentes missions en mer avec les scientifiques JPI Oceans reçus à bord aux Bermudes, à Cuba et en Guadeloupe.


Le filet Manta est appelé ainsi de par son aspect similaire à une raie Manta qui aurait la bouche ouverte. Il est en général lancé du bord pour récupérer les particules flottantes à la surface de l’eau.

Quant à Margaux, notre nouvelle intendante, elle s’est transformée en grand reporter du large et signe ce reportage photos qui nous permet de visualiser ce test comme si nous étions !

Une fois le filet Manta remonté à bord, la procédure n’est pas finie ! Il faut ensuite le rincer à l’eau de mer afin de détacher toutes particules et micro-organismes du tissu (photo 1), récupérer le collecteur (l’embout du filet Manta qui contient les micro-plastiques prélevés en surface) (photo 2), analyser soigneusement le contenu du collecteur. (photo 3).

Puis, à l’aide d’une pince stérilisée au préalable (photo 25-51-DSC_4451), il faut encore prélever délicatement une particule de plastique visible la plus grosse possible (photo 28-54-DSC_4466 + 30-57-DSC_4472). Les données sont reportées sur le carnet de bord afin de garder une trace écrite de ce premier test du protocole « Plastisphère » réalisé à bord du Race for Water. (photo 33-62-DSC_4484 ou 4487). L’échantillon est enfin placé au congélateur à -20°C. C’est une fois l’ensemble des échantillons prélevés qu’ils seront envoyés au NIOZ pour analyse.

 

L’objectif principal du projet étant d’identifier les organismes qui se sont associés à ces plastiques, la partie la plus délicate de cette manipulation est de ne pas dégrader l’ADN révélateur des micro-organismes fixés qui intéressent tout particulièrement Linda et Erik dans le cadre de ce projet Plastisphère ».

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« Salut du Pacifique sud ! »

Après avoir tiré un long bord le rapprochant des côtes, Race for Water fait désormais cap au sud en longeant la terre et navigue dans une houle bien formée qui berce ou pas… Récit du second capitaine, Anne-Laure Le Duff.

« Voilà 12 jours que nous sommes partis du Pérou.  Le rythme de la haute mer est pris, les quarts divisent les journées et les nuits, la houle berce ou secoue, le vent souffle plus ou moins fort selon les jours. Nous marchons doucement mais sûrement vers Valparaiso.

Cette semaine fut studieuse. Les filles ont enfilé leur tenue de peintre, Jean-Marc s’est transformé en plombier et Basile a enfilé la casquette d’électronicien.
En plus des travaux propres au bateau, le capitaine nous a concocté quelques exercices inopinés de sécurité. Le but du jeu : s’entraîner, s’améliorer et éprouver les procédures existantes.

En début de convoyage, deux exercices d’homme à la mer ont été réalisé.
Cette semaine c’est Incendie. Le premier fut dans l’atelier. Ni une ni deux, chacun prend son poste. Deux équipiers s’équipent de tenue de feu et d’extincteurs, un autre coordonne la lutte, un autre reste de veille en passerelle et un troisième se prépare à venir prêter main forte au cas où l’incendie prenne de l’ampleur.
Le capitaine met fin à l’exercice, s’en suit un débriefing et l’établissement de tous les scenarii possibles et des différentes actions correspondantes.

Quelques jours plus tard, c’est dans un local à l’avant du navire que le feu se déclare. Scénario différent. Là aussi, chacun sait ce qu’il doit faire. Nous mettons à l’épreuve la procédure mise en place, soulevons ses points faibles et ses points forts. L’exercice se déroule dans le calme et avec le plus grand sérieux. Le débriefing se passe en passerelle et chacun revient sur l’évènement. Ainsi, nous mettons en commun les retours de chacun et nous pouvons réajuster les rôles et actions si besoin.

Les exercices de sécurité doivent être fait régulièrement, ils participent à une bonne maîtrise de son rôle, des équipements utilisés et permettent d’automatiser des gestes qui, une fois en situation réelle, seront décisifs. Un équipage bien entraîné est un équipage qui, le moment venu, saura garder son sang-froid. Car comme dit notre capitaine « A entraînement difficile, guerre facile ». Il y en aura donc d’autres et de natures différentes : Homme à la mer, abandon, voie d’eau, incendie dans d’autres compartiments.

Entre la vie quotidienne du bord, les travaux, les exercices, la navigation nous offre des moments uniques.

Depuis quelques heures nous longeons les côtes chiliennes. Le spectacle est saisissant. Des montagnes de couleur ocre, dépourvues de toute végétation, se jettent dans le bleu vert de l’océan. Le contraste est à couper le souffle. Le paysage est sauvage, dur et magnifique. Sur l’eau les oiseaux jouent avec la houle, effleurent du bout des ailes la surface, s’amusent à suivre l’onde. Les contemplatifs laissent leurs regards se perdre sur cette immensité si belle. Nous enregistrons ces images sur nos rétines, prenant conscience de notre chance.

Pendant ce temps, le bateau est un manège sur une montagne russe. La forte houle le fait tanguer comme jamais, autant vous dire que plus personne ne marche droit à bord et le pisco n’y est pour rien !

Le soleil se couche, les quarts de nuit reprennent leur ronde. Nous poursuivons notre route vers le sud. Et sommes heureux d’être en mer. »