Dans le brouillard…

Parti samedi de Valparaiso, Race for Water a mis le cap sur sa prochaine destination, le port de Talcahuano, aux portes de Concepcion, une ville située au centre-sud du Chili.  Si le ralliement précédent restera dans les annales du plus lent, le convoyage actuel bien qu’assez court est peu confortable puisqu’aucune visibilité ne s’offre à l’équipage depuis le départ. Un brouillard à couper au couteau les pourchasse…

Jean-Marc Normant, capitaine du bord : « Au menu du brouillard ! Avancer sans voir devant soi n’est pas très confortable ! Nous avons l’équivalent d’une longueur de bateau de visibilité. Heureusement le radar nous permet de détecter la plupart des obstacles et la cartographie électronique, liée au GPS nous indique notre position et notre déplacement. Ces moyens de navigation ont changé radicalement ce qu’était le métier de marin. Les cartes papiers et le sextant ne servent pas beaucoup ; c’est un peu par plaisir que nous sortons le crayon et la règle CRAS pour positionner le bateau. 🙂 »

Valparaiso La Mythique, Valparaiso la Désirée.

Anne-Laure Le Duff, second Capitaine : « Il nous a fallu 21 jours pour rallier Valparaiso la Mythique. Jusqu’au dernier moment, nous l’appelions Valparaiso la Désirée. Alors que nous l’avions à quelques milles des étraves, elle se refusait à nous. Il nous a fallu patienter une nuit au nord de la pointe de Con-Con, à 7 milles, avant de pouvoir amarrer le bateau au port militaire. Un temps automnal nous a cueilli au petit matin et notre arrivée s’est tenue sous la pluie. C’est avec un plaisir non dissimulé que les équipes terrestre et maritime se retrouvèrent. Il faut dire que nous nous sommes fait désirés, la faute à des conditions météos peu clémentes.
L’escale a tenu ses promesses. Elle fut intense, avec plus de430 personnes montées à bord en moins d’une semaine, des enfants, des étudiants, des décideurs locaux, des représentants Rapa Nui et pour finir en beauté le Président du Chili en personne nous a fait l’honneur de sa présence.
Elle fut hors norme par son voisinage : des frégates militaires aux navires porte-containers de 300 mètres , des lions de mer aux pélicans, des « Cerros » aux montagnes enneigées.
Elle fut forte en émotions : les retrouvailles de la grande famille R4W, les nouvelles rencontres, la beauté et les lumières de ce paysage du bout du monde.
Cette semaine est passée à la vitesse de la lumière, nous sommes repartis aussi fatigués que nous sommes arrivés mais avec le plein d’énergie (tant dans les batteries que dans les esprits) et le sourire aux lèvres.
Les dernières embrassades sur le quai, les amarres larguées, un lion de mer qui nage à côté de nous, un coup de corne de brume et voilà, on navigue à nouveau pour notre plus grand bonheur !
Quatre jours de mer en petit comité avec pour invité… le brouillard ! »

Visite présidentielle : l’équipe Race for Water a accueilli le Président chilien Sébastian Piñera

Samedi 16 juin, à Valparaiso, rencontre symbolique à bord de catamaran Race for Water : le Président Piñera accompagné de cinq de ses ministres et de membres des autorités Rapa Nui ont pu découvrir un projet innovant pour l’île de Pâques. Garantir l’autonomie énergétique, la gestion de l’eau, et la valorisation des déchets de l’île la plus isolée du monde, voilà le défi que se sont lancés la Fondation Race for Water et la Fondation Zeri de Gunter Pauli à horizon 2020 !

Retour en vidéo sur cette rencontre ainsi que l’interview du Président Piñera :

En bonus les photos de la visite …

    

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Workshop à Valparaiso :  réflexion autour de la problématique de la gestion des déchets

Trente-quatre spécialistes chiliens de l’environnement ont répondu présents à l’appel de la Fondation Race for Water pour participer au workshop « Plastic Waste to Energy » organisé à bord du navire à Valparaiso le 12 juin dernier.

Echanger pour avancer

« Si toutes les personnes présentes à cet évènement sont des experts dans leur domaine, elles ont, toutes à un moment donné, besoin d’échanger et de confronter leurs idées. C’est l’objectif de ces rendez-vous. » explique Camille Rollin, spécialiste des projets Plastic Waste to Energy pour la Fondation Race for Water. A chaque escale du navire, la jeune femme rejoint l’équipage pour organiser et animer ces rencontres. « C’est passionnant et très enrichissant pour notre cause, la préservation des océans, que de connaître et de comprendre les contraintes géographiques, historiques et environnementales de chaque pays que nous visitons. Nous sommes tous conscients de la nécessité de préserver l’environnement. Quant à la manière d’y arriver et les moyens mis en œuvre, chacun a sa propre idée. Comprendre tout cela, nous permet de proposer des solutions concrètes comme la technologie développée avec notre partenaire ETIA qui promet de transformer les déchets plastiques en énergie, donnant de la valeur au plastique et une nouvelle source de rémunération pour les collecteurs de rues. »

Des interventions variées

Lors de ce workshop, 34 acteurs impliqués sur les questions environnementales se sont réunis pour aborder des thèmes aussi variés que leurs profils.  Le contexte local a d’abord été abordé.


Monsieur Pablo Fernandez, chargé de la question des déchets pour le Bureau de l’Economie Circulaire du Ministère de l’Environnement a ouvert l’échange en présentant la nouvelle loi sur la responsabilité étendue des producteurs et sur l’encouragement au recyclage. Son objectif est de diminuer la production de déchets et de pousser à la réutilisation, au recyclage et à tout autre type de valorisation. Une loi ambitieuse dont la mise en œuvre reste encore à définir.

Si le Chili fait partie des pays qui produisent le moins déchets avec 1,1 kg de déchets par personne/jour, il est en fin de classement dans le traitement de ces derniers, ayant principalement comme moyen de gestion l’enfouissement dans des décharges souvent non contrôlées. La récente interdiction des sacs plastiques, première loi mise en œuvre par le nouveau gouvernement chilien, montre en tous cas que la lutte contre la pollution plastique fait aujourd’hui partie des priorités du pays.

Cependant, il reste encore du chemin à parcourir. Le second intervenant, Monsieur Aldo ARIAS, directeur de la société suisse Fromm au Chili a en effet poursuivi en pointant du doigt un système de collecte des déchets plastiques non efficient. En effet, alors que son activité est de transformer des bouteilles plastiques en sangles d’amarrage de produits sur palettes, il ne trouve pas assez de matières premières au Chili. Non pas que cette matière première manque. « Non, ce type de déchets n’arrive pas jusqu’à nous car il n’est tout simplement pas collectés dans la plupart du pays. Seulement 14% de bouteilles proviennent du Chili ! Pour le reste, nous sommes obligés d’importer d’Equateur, du Pérou, d’Allemagne, de Colombie, de Bolivie et d’Argentine.  C’est un non-sens ! »


Jorge SCHARP, le maire de Valparaiso
a, quant à lui, évoqué la topographie singulière de la ville de Valparaiso qui est construite à flan de hauteurs, la vétusté de son parc de camions poubelle et le manque de moyens pour faire face à cette gestion qui est un sujet parmi d’autres à traiter…

Au Chili, la conscience environnementale s’installe doucement dans l’esprit de certains habitants mais il reste encore un travail énorme à effectuer. Beaucoup évoquent un problème de culture.

« L’éducation est primordiale. Il faut que les gens sachent trier, recycler et connaissent les impacts de ces gestes. L’idéal serait même que ces sujets fassent partie du programme éducatif. » indique Camille Rollin avant de conclure la matinée où les débats ont parfois été agités entre les organisations qui travaillent directement sur le terrain et certains membres du gouvernement, en rappelant qu’ « Il y a urgence » et que,  pour faire face aux défis du 21ème, les efforts doivent venir de toutes parts. « Nous pensons bien sûr d’abord à la réglementation mais si l’on veut lutter efficacement contre la pollution plastique des océans, la réduction des déchets générés par chacun d’entre nous est la meilleure solution. La responsabilisation des industriels notamment les producteurs d’emballage est également clé. Ils doivent à tous prix considérer la fin de vie de leurs produits au moment de leur conception. Enfin la solution Plastic Waste to Energy mise en avant par la Fondation permet une gestion des déchets adaptée à différents contextes locaux. Cette solution technique de petites et moyennes capacités favorise une gestion de déchets décentralisées permettant de limiter les questions de transport et logistique souvent maillons faibles de la gestion des déchets. »

Race for Water à bon port à Valparaiso !

Dimanche 10 juin, dans la matinée, le navire Race for Water s’est amarré au quai du port militaire à Valparaiso clôturant ainsi la septième étape de navigation de son tour du monde au service des océans. A la force du vent, du soleil et de l’océan, le catamaran de 100 tonnes fonctionnant uniquement aux énergies renouvelables aura mis 21 jours pour relier le Pérou au Chili. Réunis autour de Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water, l’ensemble de l’équipe, avec le concours de la Marine chilienne, Agunsa et l’Ambassade de Suisse, partenaires de l’escale, a débuté une semaine dense, riche en rencontres et en temps-forts.

Navigation et gestion des énergies

Jean-Marc Normant, Directeur technique et capitaine du catamaran Race for Water revient sur les conditions de navigation lors du ralliement entre Lima au Pérou et Valparaiso au Chili, convoyage un peu plus long que prévu et qui a nécessité une attention particulière quant à la gestion de l’énergie.

JM Normant : « Les conditions ont été favorables au départ avec un peu de soleil, ce qui nous a permis de naviguer à une vitesse raisonnable. Ensuite, en revanche, s’est installé un joli matelas nuageux avec courant et vent contraires. Progressivement, nous avons dû diminuer la vitesse du bateau afin de gérer au mieux notre énergie puisque les panneaux solaires ne chargeaient que très peu. Les deux derniers jours le vent a tourné jusqu’à nous pousser à 6 nœuds ! Ce qui était incroyable pour nous, qui n’avions avancé qu’à deux nœuds pendant les 18 jours précédents. A noter également un atout considérable : l’hydrogène ! Grâce à l’électricité qu’il nous a permis d’obtenir, nous avons pu franchir une barre de nuages sans trop de problème. Niveau kite, nous avons fait un exercice de mise en place dans des conditions musclées avoisinant les 30 nœuds sans aller jusqu’à le lancer. Ne connaissant pas le comportement du système avec un voltage plus bas qu’à l’accoutumée, nous n’avons pas pris de risque. Au final, nous ne sommes pas tellement surpris de ces conditions et du retard engendré à l’arrivée puisque nous sommes ici en plein hiver austral. ».

LEARN – SHARE – ACT

Maintenant que le bateau est à quai, l’équipage s’investit comme à chaque escale dans les missions de représentation et de sensibilisation à la préservation des Océans aux côtés des équipes ACT et logistique.

Lors de la conférence de presse qui s’est tenue ce jour à bord du bateau se sont exprimés nos partenaires d’escales :

Edgar RÖDIG, Ambassadeur de Suisse au Chili : « Les Océans recouvrent 71% de la surface de notre planète, leur pollution est un problème affectant le monde entier. La Suisse, bien qu’étant un Etat sans accès direct à la mer, s’engage pour la préservation des Océans et travaille à des solutions pour empêcher l’arrivée des plastiques à la mer. Pour toutes ces raison, l’Ambassade de Suisse est fière de soutenir l’Odyssée Race for Water, un projet innovant et durable d’une grande importance. »

Le représentant de la  Marine Nationale Chilienne  : « L’arrivée au Chili de la Race for Water Odyssée est très importante pour nous que ce soit au niveau des aspects environnementaux ou bien technologiques. Elle contribue largement à la sensibilisation sur la pollution plastique auprès des citoyens, des leaders d’opinion et des jeunes générations.
Dans cette ligne, la Marine du Chili, reconnaissant la mer comme un facteur essentiel pour le développement du pays, travaille depuis plus de 10 ans à promouvoir la conscience environnementale, à travers des activités telles que des expositions éducatives dans les établissements scolaires ou encore la journée internationale du nettoyage des plages à travers le pays à laquelle participe activement des milliers de bénévoles dans les différentes régions du pays.
Dans le cadre des défis futurs, l’Autorité Maritime de la Marine Chilienne envisage d’obtenir un état des lieux à travers le développement d’un programme de suivi de la collecte des données, qui permettra d’évaluer l’ampleur du problème et d’avoir une méthodologie standardisée. En parallèle et au cours de cette année, il est prévu de lancer un plan de gestion des ordures marines, axé sur deux domaines : l’éducation environnementale et l’échantillonnage des déchets marins et des micro-plastiques. »

Programme de la semaine dans le détail :

Lundi 11 juin :
11h : Conférence de presse
15h à 17h : Visites de lycéens
16h à 17h : Conférence à l’Université Santa Maria avec Marco Simeoni et Camille Rollin

Mardi 12 juin
10h à 13h : Workshop « Plastic Waste to Energy »
15h à 17h : Visite autorités publiques et Institutions Internationales

Mercredi 13 juin
9h à 11h : Visites de scolaires
11h à 12h : Valpo Surf Project (ONG)
14h à17h : Visite autorités publiques et Institutions Internationales

Jeudi 14 juin
11h : Conférence SuizAgua en présence de Camille Rollin

Samedi 16 juin fin d’après-midi ou Dimanche 17 juin matin (en fonction de la météo)
Départ de Race for Water vers Concepcion

A suivre :
Escale technique à Concepcion du 22 juin au 30 juillet
Escale à Ile de Juan Fernandez du 3 au 8 août
Escale à Ile de Pâques du31 août au 9 septembre

Happy World Oceans Day !

L’égérie de cette journée mondiale des océans ? La pollution plastique. Thématique au cœur des préoccupations internationales actuelles, les Nations Unies lui font honneur à l’occasion de ce #WorldOceansDay. Les équipes de la Race for Water Odyssée, actuellement au Chili, se mobilisent à leur côté.

En ce 8 juin, la pollution plastique est érigée comme la thématique phare de cette journée mondiale des océans. Un choix des Nations Unies visant à éclairer le plus grand nombre sur les ravages de cette pollution d’envergure, mais aussi afin d’encourager la mise en place de solutions concrètes. Deux axes d’actions que la Fondation Race for Water défend depuis plus de dix ans. Au cœur de ses missions, la participation à de nombreuses études scientifiques, des campagnes de sensibilisation et la promotion de solutions technologiques durables afin de valoriser les déchets plastiques à terre, pour les empêcher d’atteindre les océans. Un vaste programme déroulé durant une odyssée autour du monde de cinq ans, débutée en France en avril 2017. Avec les équipes de la Race for Water Odyssée 2017-2021, actuellement au Chili, rejoignez le mouvement grâce au #WorldOceansDay. Ensemble, nous aurons la capacité de faire entendre nos voix afin de mettre en place les solutions de demain.

Nos océans, l’équilibre de notre planète

La planète bleue est un miracle encore jamais observé ailleurs dans l’univers. À l’origine de la vie sur terre, les océans sont les gardiens de la biodiversité actuelle et les régulateurs du climat mondial. Primordiaux au fonctionnement global de notre planète, les liens entre terre et mers sont le fruit d’un équilibre aussi subtil qu’extraordinaire. Cependant, ces dernières doivent faire face à une menace encore plus vaste qu’elle n’est récente : la pollution plastique.

Transformons un problème mondial en solutions plus durables

Sacs plastiques flottants, détritus de pailles ou encore micro-plastiques invisibles et néfastes, que ce soit au centre des océans, dans le sable de nos plages et même dans l’estomac des animaux marins, tous les milieux sont impactés. « Depuis plus d’une année, nous sillonnons les mers et rencontrons les populations côtières ou îliennes qui subissent de plein fouet les effets de la pollution plastique. Bien souvent, ces dernières sont démunies face à l’ampleur de ce désastre écologique et sanitaire. Notre objectif est de comprendre la problématique locale et d’aider à la mise en place d’un modèle économique, social et environnemental novateur grâce à l’utilisation d’une solution technologie durable permettant la transformation des déchets plastiques en énergie. Les revenus obtenus par la vente de cette énergie permettent de rémunérer les collecteurs et d’inciter ainsi au ramassage des déchets plastiques à terre, avant qu’ils n’atteignent l’eau. Véritable complément aux solutions de recyclage, ces unités de valorisation compactes et containérisées, peuvent être implémentées rapidement et au plus près des populations, limitant ainsi les problématiques de transport et de logistique. Enfin le procédé de pyrolyse à haute température utilisé pour la transformation énergétique permet de traiter des plastiques mélangés facilitant d’autant plus le ramassage. Nous espérons ainsi que plus aucun type de déchet plastique ne soit laissé à l’abandon dans la nature sous prétexte qu’il ne peut être recyclé ou valorisé. », explique Marco Simeoni, président de la Fondation Race For Water.

Un bateau ambassadeur et porteur d’espoir

Avec un navire emblématique, les équipes de la Race for Water Odyssée sont allées à la rencontre des populations afin de les sensibiliser à la problématique des plastiques mais aussi de leur proposer des solutions technologiques adaptées. « Notre navire atypique, propulsé par un mix d’énergies renouvelables, nous permet d’attirer les regards et d’échanger avec le plus grand nombre. Lors de notre dernière escale péruvienne, nous avons rencontré des dirigeants d’entreprises, des décideurs politiques ainsi que des ONG locales et sommes en train de monter une équipe dans le but d’implémenter un projet démonstrateur de notre chaine de valeur pour les déchets plastiques, dans une zone où les populations locales en ont le plus besoin. », explique Marco Simeoni.

Alors que le navire arrive le 9 juin à Valparaiso au Chili, les équipes de Race for Water se mobilisent à nouveau et partent à la rencontre de cette nouvelle population afin de comprendre où ils en sont face à cette problématique et réfléchir ensemble aux solutions à mettre en place, que ce soit en tant que consommateur, gouvernement ou industriel. « La toute récente loi interdisant l’usage des sacs plastiques donne bonne espoir que les choses avancent dans la bonne direction ! », conclut le Président de la Fondation.

A l’occasion de la Journée Mondiale des Océans, retour en image sur la mission scientifique portée par des chercheurs européens du projet Ephemare, que nous avons accueillis à bord de Race for Water en Guadeloupe, en septembre 2017.

Jérome Cachot, Bénédicte Morin (Université de Bordeaux en France) et Fransesco Regoli (Université Polytechnique de Marche en Italie) œuvrent sans relâche à la préservation des océans contre la pollution plastique.

Ce documentaire qui a été réalisé par trois caméramen européen de Markenfilm Crossing, avec en soutien, notre médiaman, Peter Charaf, est diffusé en 24 langues au sein de différents centres du Parlement Européen à Bruxelles mais aussi à Berlin, Ljubiljana, Strasbourg, Copenhagen, Helsinki, Paris…

Bon visionnage… 😉🎬😉

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Perce Vagues…

Mercredi 6 juin, Race for Water entre dans la partie nord de la baie de Coquimbo, baie constituée de nombreuses îles de toute taille.

Jean-Marc Normant : « La plupart d’entre elles sont assez hautes, à l’ouest protégées pas des falaises abruptes peu engageantes. Depuis Race for Water, nous les voyons blanchir sous l’écume. Il n’y a pas tant de vent, environ 20 noeuds, mais une belle houle .
Résultat : nos flotteurs de type « Perce Vagues » sont devenus des sous-marins sur lesquels notre nacelle repose.
Les algues commencent à coloniser la quasi-totalité du pont tribord et bâbord !!! Impossible d’en faire le nettoyage en mer, nous attendrons d’être à l’abris du port de Valparaiso. »

Le catamaran et son équipage devraient atteindre leur destination samedi 9 juin dans la journée.

#R4WO #ODYSSEY

Comme dit la chanson…

Comme dit la chanson « Nous irons à Valparaiso » mais…

« C’est un peu laborieux, toujours avec du vent de face et sous les nuages. Les prévisions nous donnent du soleil aujourd’hui et demain. Mais, à la suite de ces deux jours favorables, le vent montera assez fortement, toujours plein sud à 30 nœuds. Nous serons alors au niveau de la pointe sud de la baie de Coquimbo. »

De la compagnie au-dessus de Race for Water : « Nous croisons quelques albatros, ces grands oiseaux voyageurs, planant sans pareil au ras des vagues et profitant de la houle pour surfer de belle manière …Les côtes sont époustouflantes, de véritables montagnes de couleur sable tombent dans la mer agitée du Pacifique. »

« Ce n’est décidemment pas un quartier fréquentable pour notre bateau solaire, le manque de soleil est évident ; mais à la fois le paysage qui s’offre à nous ainsi que la faune, sont si particuliers et majestueux que nous sommes bien heureux d’être là, tout simplement. »

Jean -Marc Normant, capitaine du bord.

 

Premier test du protocole Plastisphère à bord du Race for Water

En route vers le port militaire de Valparaiso, nos marins ont réalisé cette semaine, avec succès un premier test du protocole « Plastisphère » confié par Linda Amaral Zettler et Erik Zettler du NIOZ. Ils sont ainsi fin prêts pour réaliser des prélèvements de plastiques qui leur sont confiés entre les côtes chiliennes et la Polynésie française dès fin juillet. Ce premier test a permis de s’assurer que tous les éléments sont réunis pour suivre à la lettre ce protocole lorsque le catamaran quittera le continent sud-américain.

Kim van Arkel, conseillère scientifique de la Fondation nous explique comment à bord les 6 hommes et femmes d’équipage se sont répartis les tâches pour appliquer à la lettre le protocole.

« Anne-Laure, notre Second Capitaine, s’est transformée en responsable scientifique pour dérouler le protocole testé,

Jean-Marc est aux commandes du navire et Basile reporte la position du navire entre autres paramètres utiles à la compréhension du milieu telle que la température de l’eau en surface en début et en fin de prélèvement (photo 02-06-DSC_4246)

Anne est notre experte en mise à l’eau du filet Manta, notamment depuis nos précédentes missions en mer avec les scientifiques JPI Oceans reçus à bord aux Bermudes, à Cuba et en Guadeloupe.


Le filet Manta est appelé ainsi de par son aspect similaire à une raie Manta qui aurait la bouche ouverte. Il est en général lancé du bord pour récupérer les particules flottantes à la surface de l’eau.

Quant à Margaux, notre nouvelle intendante, elle s’est transformée en grand reporter du large et signe ce reportage photos qui nous permet de visualiser ce test comme si nous étions !

Une fois le filet Manta remonté à bord, la procédure n’est pas finie ! Il faut ensuite le rincer à l’eau de mer afin de détacher toutes particules et micro-organismes du tissu (photo 1), récupérer le collecteur (l’embout du filet Manta qui contient les micro-plastiques prélevés en surface) (photo 2), analyser soigneusement le contenu du collecteur. (photo 3).

Puis, à l’aide d’une pince stérilisée au préalable (photo 25-51-DSC_4451), il faut encore prélever délicatement une particule de plastique visible la plus grosse possible (photo 28-54-DSC_4466 + 30-57-DSC_4472). Les données sont reportées sur le carnet de bord afin de garder une trace écrite de ce premier test du protocole « Plastisphère » réalisé à bord du Race for Water. (photo 33-62-DSC_4484 ou 4487). L’échantillon est enfin placé au congélateur à -20°C. C’est une fois l’ensemble des échantillons prélevés qu’ils seront envoyés au NIOZ pour analyse.

 

L’objectif principal du projet étant d’identifier les organismes qui se sont associés à ces plastiques, la partie la plus délicate de cette manipulation est de ne pas dégrader l’ADN révélateur des micro-organismes fixés qui intéressent tout particulièrement Linda et Erik dans le cadre de ce projet Plastisphère ».

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« Salut du Pacifique sud ! »

Après avoir tiré un long bord le rapprochant des côtes, Race for Water fait désormais cap au sud en longeant la terre et navigue dans une houle bien formée qui berce ou pas… Récit du second capitaine, Anne-Laure Le Duff.

« Voilà 12 jours que nous sommes partis du Pérou.  Le rythme de la haute mer est pris, les quarts divisent les journées et les nuits, la houle berce ou secoue, le vent souffle plus ou moins fort selon les jours. Nous marchons doucement mais sûrement vers Valparaiso.

Cette semaine fut studieuse. Les filles ont enfilé leur tenue de peintre, Jean-Marc s’est transformé en plombier et Basile a enfilé la casquette d’électronicien.
En plus des travaux propres au bateau, le capitaine nous a concocté quelques exercices inopinés de sécurité. Le but du jeu : s’entraîner, s’améliorer et éprouver les procédures existantes.

En début de convoyage, deux exercices d’homme à la mer ont été réalisé.
Cette semaine c’est Incendie. Le premier fut dans l’atelier. Ni une ni deux, chacun prend son poste. Deux équipiers s’équipent de tenue de feu et d’extincteurs, un autre coordonne la lutte, un autre reste de veille en passerelle et un troisième se prépare à venir prêter main forte au cas où l’incendie prenne de l’ampleur.
Le capitaine met fin à l’exercice, s’en suit un débriefing et l’établissement de tous les scenarii possibles et des différentes actions correspondantes.

Quelques jours plus tard, c’est dans un local à l’avant du navire que le feu se déclare. Scénario différent. Là aussi, chacun sait ce qu’il doit faire. Nous mettons à l’épreuve la procédure mise en place, soulevons ses points faibles et ses points forts. L’exercice se déroule dans le calme et avec le plus grand sérieux. Le débriefing se passe en passerelle et chacun revient sur l’évènement. Ainsi, nous mettons en commun les retours de chacun et nous pouvons réajuster les rôles et actions si besoin.

Les exercices de sécurité doivent être fait régulièrement, ils participent à une bonne maîtrise de son rôle, des équipements utilisés et permettent d’automatiser des gestes qui, une fois en situation réelle, seront décisifs. Un équipage bien entraîné est un équipage qui, le moment venu, saura garder son sang-froid. Car comme dit notre capitaine « A entraînement difficile, guerre facile ». Il y en aura donc d’autres et de natures différentes : Homme à la mer, abandon, voie d’eau, incendie dans d’autres compartiments.

Entre la vie quotidienne du bord, les travaux, les exercices, la navigation nous offre des moments uniques.

Depuis quelques heures nous longeons les côtes chiliennes. Le spectacle est saisissant. Des montagnes de couleur ocre, dépourvues de toute végétation, se jettent dans le bleu vert de l’océan. Le contraste est à couper le souffle. Le paysage est sauvage, dur et magnifique. Sur l’eau les oiseaux jouent avec la houle, effleurent du bout des ailes la surface, s’amusent à suivre l’onde. Les contemplatifs laissent leurs regards se perdre sur cette immensité si belle. Nous enregistrons ces images sur nos rétines, prenant conscience de notre chance.

Pendant ce temps, le bateau est un manège sur une montagne russe. La forte houle le fait tanguer comme jamais, autant vous dire que plus personne ne marche droit à bord et le pisco n’y est pour rien !

Le soleil se couche, les quarts de nuit reprennent leur ronde. Nous poursuivons notre route vers le sud. Et sommes heureux d’être en mer. »