Plastic Omnium devient sponsor officiel de Race for Water  et s’engage pour la préservation des océans et la transition énergétique.

Plastic Omnium s’associe à la Fondation Race for Water en devenant sponsor officiel de Race for Water, navire propulsé par une combinaison d’énergies renouvelables ‑ solaire, vent, et hydrogène ‑. Parti de Lorient en avril 2017 pour un tour du monde de cinq ans, ce navire révolutionnaire promeut la transition énergétique et s’engage pour préserver les océans de la pollution par le plastique. Il fera notamment escale dans la baie de Tokyo pour les Jeux Olympiques d’août 2020.

Plastic Omnium, à travers sa filiale récemment acquise Swiss Hydrogen basée à Fribourg en Suisse, est l’architecte de la propulsion par pile à combustible : celle-ci convertit en électricité l’hydrogène stocké à bord dans des bonbonnes sous pression. L’électricité ainsi produite alimente directement le moteur électrique qui entraîne les hélices et maintient le niveau de charge des batteries. L’hydrogène est produit directement à bord par électrolyse de l’eau de mer préalablement dessalée et purifiée, le tout grâce à l’excédent d’énergie solaire lorsque le bateau est à quai. Le navire est également propulsé par deux autres énergies, le soleil, qui est converti directement en électricité par les panneaux solaires et le vent, qui pousse une aile de kite. Pesant plus de cent tonnes, Race for Water est donc un bateau à propulsion électrique, exclusivement alimenté par ces trois sources d’énergie propre.
Le navire démontre ainsi la viabilité de solutions techniques novatrices et durables capables de préserver les océans de la pollution par énergies fossiles.

Simultanément, par son engagement auprès de Race for Water, Plastic Omnium apporte sa contribution à la recherche de solutions pour éviter que les déchets plastiques qui constituent aujourd’hui 80 % des déchets marins, n’atteignent les océans. Il s’agit d’aider à valoriser les déchets plastiques en s’inspirant de l’entreprenariat social et de l’économie circulaire. La fondation Race for Water a ainsi imaginé le moyen de transformer en énergie les plastiques sauvages pour intéresser à leur collecte les populations affectées par cette pollution comme elles le sont déjà pour le ramassage de bien des matériaux, tels que l’aluminium, le papier, le carton ou le verre.

Contribuer à la connaissance scientifique, sensibiliser et éduquer, mettre en œuvre des solutions durables conçues grâce à des technologies innovantes : ce sont les trois missions que le groupe Plastic Omnium est fier de soutenir pendant l’odyssée de Race for Water, qui couvrira cinq continents à travers trente-cinq escales jusqu’en juillet 2021.

Marco Simeoni, Président de la Fondation Race for Water : 
 « Nous sommes très fiers d’accueillir Plastic Omniumen tant que partenaire Officiel de Race for Water pour les 4 prochaines années de notre Odyssée. Cet engagement témoigne d’une forte détermination de Plastic Omnium pour la préservation des océans et de la transition énergétique.  Nous allons également largement bénéficier de la capacité d’innovation d’un leader mondial en particulier de son nouveau savoir-faire dans les domaines de la mobilité propre avec l’Hydrogène qui fait partie intégrante du mix-énergétique propulsant le navire Race for Water : soleil, vent et eau (=Hydrogène). Welcome on board !»

Au-delà de cette contribution, Plastic Omnium confirme également son engagement dans le domaine de la pile à combustible et de la propulsion par hydrogène, avec :

  • La création de la société israélienne ΞPO-CellTech en 2016 dans le domaine des piles à combustible ;
  • L’acquisition de deux sociétés à fort contenu technologique en décembre 2017 : Optimum CPV, entreprise belge spécialisée dans la conception et la production de réservoirs en composite filamentaire pour le stockage à haute pression de l’hydrogène et Swiss Hydrogen, entreprise suisse spécialisée dans la conception et la production de solutions de gestion et de contrôle de l’énergie dans les systèmes à piles à combustible («balance of plant»)
  • La création de Plastic Omnium New Energies, filiale de Plastic Omnium Auto Inergy, consacrée au développement des énergies du futur, avec 150 ingénieurs dédiés.

Ainsi, les investissements de Plastic Omnium dans l’hydrogène et la pile à combustible se sont élevés à 100 millions d’euros depuis deux ans. Ils seront doublés d’ici 2020.

Le groupe dispose déjà d’une voiture électrique équipée par Swiss Hydrogen d’une pile à combustible alimentée par une bonbonne d’hydrogène à 350 bars. Le véhicule, qui a déjà parcouru plus de 150 000 kilomètres, a une autonomie doublée à plus de 400 kilomètres, grâce à ce système. Un nouveau démonstrateur de voiture électrique fonctionnant avec une pile à combustible sera présenté par Plastic Omnium mi-2019.

Avec la mise en chantier de ∆-Deltatech, nouveau centre de recherche avancée dédié aux nouvelles énergies, basé à Bruxelles, qui ouvrira en juin 2019 et regroupera 200 ingénieurs, Plastic Omnium a pour objectif de se positionner comme un acteur majeur des systèmes de stockage et de propulsion automobiles propres utilisant des piles à combustible.


Informations financières  Tél: +33 (0)1 40 87 66 78 Fax : +33 (0)1 40 87 96 62 investor.relations@plasticomnium.com

Plastic Omnium est le leader mondial des pièces et modules de carrosserie et des systèmes à carburant pour l’automobile, ainsi que le leader mondial des conteneurs à déchets destinés aux collectivitès locales et aux entreprises. Le Groupe et ses coentreprises emploient 33 000 personnes dans 127 usines, 24 centres de R&D et 31 pays dans le monde, pour servir 80 marques automobiles. Plastic Omnium est cotée à l’Euronext Paris, compartiment A, fait partie du SRD et des indices SBF 120 et CAC Mid 60 (code ISIN : FR0000124570).

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En quête de soleil…

Race for Water glisse doucement vers sa nouvelle destination, Valparaiso, mais doit faire face à un manque cruel de soleil, ce qui n’est pas anormal lorsque l’on navigue dans l’hémisphère sud, à cette époque hivernale de l’année. Pour tenter de profiter des éclaircies potentielles annoncées le long des côtes chiliennes, le capitaine a modifié la route du catamaran à propulsion multiples (soleil, kite et hydrogène) pour être en vue de la terre d’ici deux jours, à la hauteur d’Antofagasta, ville côtière chilienne.

Jean-Marc Normant : « Je vous joins une photo assez explicite… Cette percée dans les nuages nous donne un peu d’espoir pour cette nouvelle journée. Cela dit, nous avons déjà beaucoup de chance car la mer est belle et nous avons peu de vent contraire. »

Point à mi-parcours :

De notre intendante, Margaux Chalas : « La vie à bord se passe bien. Chacun a une tâche – technique, entretien, peinture, nettoyage –  à réaliser par jour. Sur cette navigation, le bateau reçoit toutes les finitions qui n’avaient pu être réalisées auparavant.

Etre dépendants de la météo nous fait prendre un rythme assez particulier. On marche au ralenti, on s’adapte. J’ai l’impression que même mon métabolisme commence à ralentir, mes cheveux poussent beaucoup moins vite depuis 10 jours, étrange ! Je crois même que mon cœur bat plus doucement ! Nous nous décalons vers la côte chilienne pour essayer de trouver un peu de soleil, car pour l’instant nous sommes dans une nébulosité opaque qui limite la production d’énergie.

Avant hier, le seul rayon de soleil de la semaine s’est montré sur notre arrière, juste à quelques longueurs de nous. Une toute petite percée de lumière brillant de mille feux sur la surface ; c’était comme mille diamants qui venaient nous narguer. Nous étions tous à la regarder comme des enfants, c’était notre petit cadeau du jour. Comme quoi il ne faut pas grand-chose pour nous faire plaisir ! Malheureusement le vent étant de face, elle s’est éloignée de nous…

Sur ce convoyage, nous rencontrons très peu de vie marine, si ce n’est un oiseau rescapé qui est devenu notre mascotte. Tout le monde s’est relayé pour lui apporter des soins ; puis il est reparti en pleine forme (photo à suivre).

Ce week-end, le capitaine nous a offert le privilège d’avoir deux journées de relâche, mis à part nos parts de nettoyage et de quarts nous étions off. La cuisine s’est donc mise à embaumer le chocolat. Les filles ont fait un atelier coupe de cheveux. La lessive à la main en équipe est devenue un sport officiel.  »

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Ralliement Lima-Valparaiso : News du bord après 8 jours de mer

Avec un peu plus de 500 milles nautiques parcourus depuis son départ de Lima dimanche 20 mai dernier, le catamaran Race for Water poursuit sa route vers Valparaiso qu’il devrait atteindre en milieu de semaine prochaine. Si l’ambiance est excellente, l’équipage reste studieux et doit gérer au mieux l’énergie du bord…

Message de Jean-Marc Normant, capitaine en poste à bord sur ce ralliement :

Avancée et énergie :
« Nous essayons de maintenir une moyenne de 3 nœuds. Sous les nuages depuis le départ, ce n’est pas simple de trouver un équilibre entre l’énergie solaire produite par nos panneaux et la consommation de nos moteurs. Nous sommes régulièrement en déficit et, par conséquent, nous utilisons notre réserve d’énergie stockée sous forme de gaz hydrogène. Ce gaz est produit lors de périodes au mouillage et est ensuite utilisé par nos piles à combustible afin de générer de l’électricité. Le soleil n’étant pas très présent sur notre descente, notre stock d’énergie s’amenuise ! A bord, nous réduisons au possible la consommation autre que la propulsion. On invoque le Dieu des Incas afin qu’il daigne nous rendre une visite ! »

Vie à bord :
« L’ambiance entre les membres de l’équipage est très bonne ; les échanges multiples et riches que ce soit au moment des repas ou lors de nos quarts en passerelle. Ces moments sont vraiment sympas. Cela ne m’empêche pas de les interrompre par des exercices impromptus de sécurité. Hier par exemple, j’ai déclenché intentionnellement un capteur de fumée dans le local atelier.   Ce qui nous permet de tester le bon fonctionnement de nos matériels et la bonne réaction de l’équipe. C’est très intéressant et instructif à chaque fois ! Par ailleurs, Race for Water étant un prototype, il est en constante évolution et les travaux sont perpétuels, de fait notre job liste est bien remplie. On ne s’ennuie pas ! »

Race for Water embarque pour une nouvelle étude : la plastisphère

À l’occasion de sa traversée de l’océan Pacifique entre Concepcion et Tahiti, Race For Water continue son engagement pour la science. En effectuant des prélèvements réguliers d’eau, l’équipage de la Race For Water Odyssée contribue à l’analyse des micro-organismes vivant aux environs des débris plastiques marins. En effet, les zones d’accumulation de plastiques en haute mer, comme il y en a au milieu de l’océan Pacifique, rendent possible le développement d’un nouvel écosystème : la plastisphère. Bactéries, algues vertes ou encore petits organismes composant le plancton se développent et vivent grâce à la présence des déchets marins. Quelles sont les espèces qui forment la plastisphère, comment interagissent-elles et surtout, influencent-elles le cycle naturel de la vie dans les océans ? La Fondation Race For Water, soucieuse d’aider la recherche scientifique, participera à ce programme d’étude international. Explications. 

Les micro-organismes, plus communément appelés microbes, sont à la base de tout cycle biologique ou chimique. En mer, ils peuvent engendrer le développement d’algues, permettent le captage de CO2 et favorisent le développement d’une concentration de biomasse marine en attirant petits poissons et autres mammifères marins s’en nourrissant.

1000 espèces de microbes sur un microplastique

Alors que par le passé l’apparition de cette vie microbienne au cœur des océans était naturellement difficile et rare, l’accumulation de déchets plastiques en mer a changé cette réalité. En découvrant la présence de plus d’un millier d’espèces de micro-organismes sur une simple et minuscule pièce de plastique collectée au large, les experts ont rapidement émis l’hypothèse du développement d’un nouvel écosystème au centre des océans, où l’on retrouve une accumulation de petites particules en plastique. « Au sein des gyres océaniques comme proche des côtes, nous souhaitons comprendre quels organismes composent ce que nous avons appelé la plastisphère et comment ils impactent le milieu marin », explique Linda Amaral-Zettler, microbiologiste au Royal Netherland Institute for Sea Research (NIOZ) et directrice du projet d’étude Plastisphère.

Afin de comprendre quelles espèces de microbes sont présentes, les scientifiques analysent les ADN contenus dans différents échantillons d’eau. En effet, la manière dont ces micro-organismes vivent ensemble dans un environnement composé de déchets plastiques est unique et chaque zone océanique est différente. « Nous avons besoin d’un grand nombre d’échantillons d’eau de zones géographiques variées afin d’étudier les interactions microbiennes. Bien entendu, proche des côtes, la collecte est plus facile qu’au milieu des océans », dit Linda Amaral-Zettler. Et la scientifique de se réjouir : « L’aide de la Fondation Race For Water lors de sa traversée du Pacifique nous apportera des données précieuses ». 

L’équipage au service de la science

Formés par des scientifiques du NIOZ, les membres de l’équipage de la Race For Water Odyssée collecteront de l’eau tous les deux jours. Coordonnées géographiques et état de la mer seront aussi annotés, afin de donner le plus d’informations aux scientifiques. Durant la traversée, les échantillons seront stockés dans le laboratoire du Race for Water puis, une fois à terre, ils seront envoyés au centre d’étude hollandais. « La collecte d’échantillons d’eau et leur stockage ne sont pas des protocoles simples. Cela demande une grande rigueur car il faut essayer de ne pas détériorer les particules d’ADN. De plus, le nombre et la taille des microplastiques présents dans l’eau influence beaucoup la diversité des microbes. Pour avoir des résultats robustes, nous avons besoin de beaucoup d’échantillons », explique la microbiologiste. Afin de réaliser ce protocole avec la plus grande fiabilité possible, une phase de test et de formation de l’équipage de Race For Water aura lieu lors de la navigation ralliant Lima au Pérou à Valparaiso au Chili.

Débris marins en plastique que l’on retrouve typiquement suite à un trait de filet réalisé en pleine mer (dans une région contenant du plastique en forte densité)
Copyright : Erik Zettler

De la sensibilisation pour l’action

Pour Erik Zettler, scientifique associé au projet d’étude Plastiphère, il est aussi primordial d’informer les populations quant à l’importance de la vie microbienne et de son lien avec les déchets marins. « Oui les sacs plastiques flottants dans l’environnement sont dangereux et mortels pour les animaux qui les ingèrent. Mais ils ne cessent pas de l’être une fois qu’ils se dégradent en microparticules. Ils impactent alors tout l’écosystème microbien, à la base de la chaîne alimentaire des cycles biologiques et chimiques des océans ».

Image prise au microscope électronique à balayage d’une diatomée (organisme photosynthétique) fixée sur un morceau de plastique récupéré dans l’océan.

L’étude Plastiphère met donc un point d’honneur à communiquer avec le plus grand nombre sur cette problématique. Les résultats seront publics et ouverts à toute autre étude souhaitant en bénéficier. « Ce que fait la Race For Water Odyssée, en matière de sensibilisation est primordial car c’est à terre que nous devons agir », conclut le chercheur.

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Pérou : Clap de fin sur une escale dense  et pleine de promesses pour l’avenir

Le catamaran Race for Water qui fait actuellement route vers Valparaiso, au Chili,  est resté deux mois au Pérou, aux abords de Lima,  pour répondre à un programme dense qui s’est orchestré en deux temps.

Le premier a permis sur 10 jours de mener à bord, de nombreuses opérations telles l’accueil des élus et autres personnalités locales, un workshop « Plastic Waste to Energy » ou encore des visites d’écoles (bilan complet à lire ICI).

Sur la seconde période qui a duré un mois et demie, l’équipe ACT dont l’objectif est de développer des projets de chaînes de valeur des résidus plastiques à travers la valorisation énergétique et composée de Camille Rollin, Frédéric Sciacca et de la locale de l’étape Jimena Collantes Ortiz, a sillonné le Pérou, participé à des conférences et multiplié les rendez-vous avec des personnes motivées à agir pour un Pérou plus durable. BILAN.

L’EDUCATION

Un sujet clé pour gagner le combat face à la pollution plastique de notre environnement, sur lequel la Fondation ne lésine pas. Ce sont près de 400 enfants et étudiants péruviens qui ont été accueillis à bord au tout début de l’escale, auxquels il faut ajouter les centaines de personnes rencontrées lors des deux conférences réalisées à l’UTEC et à la PUCP. Chacun a pu repartir chez lui avec des idées concrètes de petits gestes qui comptent dans la lutte contre la pollution plastique : Refuser un sac plastique ou une paille, réutiliser un produit plusieurs fois, utiliser une bouteille et des sacs réutilisables, réparer un objet plutôt que d’en changer, choisir le produit qui a le moins d’emballage, et surtout ne rien jeter dans la nature. L’idée est également de faire le lien entre nous, les humains, et l’océan source de toute vie sur terre. En effet, la moitié de la population mondiale dépend de l’océan pour se nourrir (et nous savons à quel point le ceviche est essentiel pour les péruviens !). L’océan représente également notre principale ressource hydrique ainsi que le plus grand producteur de notre oxygène. Sans l’océan nous ne pouvons simplement pas survivre, alors quelle idée de l’empoisonner ?

Juan Alberto Wu, Président de L+1, réseau d’entrepreneurs sociaux engagés à promouvoir un développement durable pour le Pérou : « Le passage de Race for Water au Pérou nous inspire à chercher des solutions aux problèmes qui font partie aujourd’hui de notre quotidien. Les Péruviens ont le privilège de vivre sur une terre diverse avec des ressources abondantes. C’est pourquoi nous devons agir avec une plus grande responsabilité. Race for Water est un modèle à suivre … Les équipes de la Fondation nous ont montré que vivre de manière durable en combinant la technologie et les ressources fournies par la planète de manière naturelle est largement possible.  Aujourd’hui, nous avons les clés en main, à nous de bien nous en servir. »

 

TRAVAIL AUPRES DU GOUVERNEMENT

Pour la première fois, l’équipe ACT a pu rester plus de deux mois sur le terrain et travailler avec de nombreux acteurs décisionnaires. Le travail avec le gouvernement péruvien a commencé en 2016. C’est donc tout naturellement que le premier événement qui a lancé cette escale péruvienne rassemblait des membres de la COMUMA, la commission multisectorielle de gestion environnemental. Ainsi plusieurs ministères se réunissent plusieurs fois par an sous la gouvernance du Ministère de l’Environnement afin de mettre en place des projets en lien avec la préservation de l’environnement. Le dernier en date a donc eu lieu au Yacht Club Peruano, port d’accueil de notre navire ambassadeur.

« Nous avons ainsi pu mettre l’accent sur la nécessité d’avancer au niveau légal sur la question de la gestion des déchets plastiques et sur la nécessité de réduire les plastiques à usage unique. » indique Camille Rollin,

Avant de poursuivre : « Plusieurs congressistes sont également venus à bord, nous permettant de discuter directement avec les auteurs des derniers projets de lois sur l’interdiction des sacs plastiques. Ses rencontres se sont soldées par une invitation au Congrès pour participer au groupe de travail dédié à ces projets de lois. Nous avons ainsi pu donner nos commentaires et recommandations sur leur contenu et leur mise en place ».

 

« A la vue du projet de loi tout récemment proposé par le MINAM, nous constatons que nos messages ont été entendus. Le ministère cherche à aller plus loin que la seule interdiction des sacs plastiques à usage unique. Les pailles sont également devenues persona non grata. Le polystyrène expansé à usage alimentaire fait également partie de la liste des produits à interdire. Enfin, la volonté d’imposer un pourcentage de plastique recyclé dans la fabrication des bouteilles en PET montre que l’industrie est également mise à contribution dans la lutte contre la pollution plastique. Le MINAM travaille aujourd’hui main dans la main avec les différents congressistes ayant proposé des projets de lois afin de construire ensemble la mouture finale qu’ils espèrent présenter  dans les semaines à venir au vote de l’assemblée. »

Et de conclure : « Depuis notre arrivée, le sujet est de plus en plus présent dans les médias. Notre objectif est que la problématique de la contamination de l’eau et des océans par les plastiques fasse partie des priorités gouvernementales. Notre dernière rencontre avec la nouvelle Ministre de l’environnement nous donne beaucoup d’espoir pour le Pérou. »

Marcos Alegre – Vice-Ministre de l’Environnement : « L’initiative Race for Water est hautement pertinente parce qu’elle touche un sujet de préoccupation mondiale, et va au bout du problème  : chercher une nouvelle éthique environnementale, grâce à l’utilisation de technologie moderne pour générer de l’énergie à partir de matériaux comme le plastique… »

TRAVAIL DE TERRAIN

Le Pérou ne fait malheureusement pas exception sur l’incapacité et/ou le manque de volonté des gouvernements municipaux et nationaux à mettre en place une logistique efficace de collecte et traitement des déchets, sur le manque d’intérêt des industriels à développer des produits durables et recyclables, et sur le manque d’éducation des populations sur la préservation de l’environnement et la nécessaire bonne gestion de leurs déchets. Une trop grande partie des déchets, notamment plastiques sont abandonnés dans la rue, la nature ou directement jetés dans les voies d’eaux.

La mission principale de l’équipe ACT est la mise en place d’une chaîne de valeur pour les déchets plastiques qui va de la rémunération de la collecte jusqu’à la production d’une ressource utile localement. En effet, la vision de la Fondation Race for Water est de travailler à la source de la pollution plastique, c’est-à-dire à terre, dans les villes proches des principales voies d’eaux ou des océans. La transformation des déchets plastiques en électricité grâce à des unités moyennes de pyrolyse à haute température de l’entreprise ETIA, solution mise en avant par la Fondation, permettent de décentraliser la gestion des déchets plastiques, de donner des filières économiques supplémentaires aux collecteurs de rue et de transformer un problème environnemental en une ressource énergétique complémentaire pour des communautés souvent vulnérables, limitant ainsi les déchets plastiques laissés à l’abandon qui terminent bien trop souvent leur longue vie dans nos océans.

L’équipe a donc souhaité développer un premier projet de démonstration au Pérou.
Enchainant les réunions à bord du navire ambassadeur avec des dirigeants d’entreprises, des entités gouvernementales et des ONG, deux régions semblent sortir du lot comme candidat potentiel : Ica et Iquitos. Mais des projets sont également à l’étude dans d’autres régions.

Tout d’abord la Région d’ICA, portée par son gouverneur, Fernando Cillóniz, dont les nombreux projets sociaux et environnementaux démontrent la volonté de faire de sa région une pionnière en la matière.

Frédéric Sciacca : « Dès notre première rencontre, Fernando a décidé d’organiser un workshop à bord et d’inviter des acteurs clés du secteur privé et public d’Ica. La grande majorité des invités ont répondu positivement à l’invitation, pourtant envoyée seulement 72h avant la date fixée, et n’ont pas hésité à faire les 4h de routes qui séparent Ica de la capitale ».

Fernando Cillóniz – Gobernador Regional de Ica : « La visite du catamaran et la présentation des initiatives de Race for Water ont eu un écho très important au sein de la région d’Ica. Depuis l’expérience que nous avons eu à bord du Race for Water, l’engagement environnemental des directeurs de la direction régionale, ainsi que celui des entrepreneurs et des citadins est plus fort et chargé d’espoir.Un grand merci aux équipes de Race for Water pour le message que vous transmettez. Nous suivrons vos recommandations et ferons de la planète la grande gagnante. »

IQUITOS. Ville symbolique située au bord de l’Amazone en plein milieu de la jungle. Son isolement complexifie d’autant la gestion des déchets d’une population de près de 400 000 habitants tout comme son mode de production d’électricité. Une partie de ses habitants situés dans le district de Belen vivent sur pilotis dans les maisons en bois et leur mode de vie est rythmé par le niveau du fleuve.

Frédéric Sciacca : « Durant la saison des pluies, ils se déplacent grâce à un système de voies et de ponts en bois reconstruits chaque année en fonction du niveau de montée des eaux. La gestion des déchets, de l’eau et des sanitaires est inexistante. Des toilettes communes sont fabriquées sur pilotis et servent à plusieurs familles. Il s’agit simplement d’un trou placé entre 4 planches au-dessus du fleuve. Les déchets domestiques sont directement jetés dans le fleuve Itaya affluant de l’Amazone dont l’embouchure n’est qu’à quelques centaines de mètres. »

«  Une récente initiative a vu le jour, grâce à l’ONG Ciudad Saludable et à la Municipalité de Belen : un système de collecte par bateau. En seulement deux mois les résultats sont visibles. Des zones qui étaient en permanence recouvertes de déchets en sont quasi dépourvus aujourd’hui motivant d’autant plus de nouvelles familles à jouer le jeu de la conservation de leurs sacs poubelles jusqu’au passage du bateau de la municipalité. Durant la saison sèche, ce projet devrait permettre à la Municipalité de réduire en partie le temps nécessaire au déblaiement des déchets qui se sont déposés au fonds, recouvrant ainsi chaque année le lit du fleuve asséché. »

Seulement le système de ponts empêche l’accès à certains endroits et le nombre de bateaux n’est pas suffisant pour couvrir toute la zone. De plus, les déchets collectés terminent comme le reste des déchets municipaux collectés par la ville, dans une décharge non maitrisée source de pollution des sols, des nappes phréatiques et de réchauffement climatique.

Frédéric  : « Dans le reste de la province, peu de plastique sont collectés par manque de valeur économique. Le nécessaire export vers Lima par bateaux et camions est compliqué et réduit drastiquement le prix auquel les collecteurs de rue pourraient revendre le matériel. Une solution locale de transformation des déchets plastiques en électricité permettrait de garantir une rémunération beaucoup plus stable et plus élevée pour ces travailleurs de l’ombre qui font un travail essentiel mais si peu reconnu par le reste de la population.
Ciudad Saludable et sa directrice Albina Ruiz Rios travaillent depuis 30 ans et réalisent un travail remarquable avec les collecteurs de rue pour leur donner accès aux droits sociaux, les épauler dans leur travail et leur donner une reconnaissance sociale. Ils les forment également au porte-à-porte afin d’éduquer la population au tri sélectif et de récupérer leurs déchets recyclables. Merci à Carlos Enrique Aguilar Vasquez pour son accueil et sa visite guidée un peu particulière de la ville d’Iquitos.»

L’HEURE DU DEPART APPROCHE

Les équipes de la Fondation Race for Water resteront en contact avec tous les acteurs rencontrés et tiennent à remercier l’ensemble des entités qui les ont aidées tout au long des deux mois écoulés.

« Un grand merci à Mikaela Rizo-Patrón et Camila Clausen faisant parties de L+1, qui nous ont été d’une grande aide dans l’organisation de cette escale et ont permis des rencontres importantes dans le développement de projet au Pérou.

La collaboration avec des organisations telles que Ciudad Saludable et L+1 est clé dans le développement de projet comme les nôtres et nous espérons que les graines semées sur cette escale de deux mois permettront de voir grandir de beaux projets pour le Pérou.

Nous souhaitons également remercier Tierra y Ser pour leurs précieux contact. Cette organisation a un projet merveilleux de récolte de bouchons pour financer des fauteuils roulants pour les populations défavorisées. Elle participe également avec beaucoup d’énergie à l’effort d’éducation au recyclage.

Il faut également noter le support de plusieurs Municipalités dont celle de Magdalena qui nous a permis de rencontrer les collecteurs de rue et de partager un peu de leur quotidien.

Enfin le Yacht Club Peruano, leurs fabuleuses équipes techniques et de lancheros qui nous ont aider à recevoir nos invités de la meilleure des manières et ont accueillis notre équipage et son bateau tout au long de notre séjour péruvien.

Tout au long de cette escale, nous avons rencontré des personnes motivées à agir pour un Pérou plus durable. Nous repartons de Lima avec l’envie d’aller plus loin à leur côté et de concrétiser le travail initié pendant deux mois. »

QUELQUES CHIFFRES

Ont été accueillis à bord ou rencontré au cours de nos 2 mois au Pérou :
– 560 scolaires et étudiants
– Près de 230 décideurs (politiques, membres d’ONG, chef d’entreprises etc..) dont 50 ont participé aux Workshop  « Waste to Energy »
– 45 journalistes
– Près de 400 personnes lors de soirée de relations publiques ou d’actions telles le Beach Clean Up avec le WWF.

EN ROUTE VERS LE CHILI

Le catamaran Race for Water a quitté son mouillage situé devant le Yacht Club Peruano, près de Lima, dans la nuit de samedi à dimanche 20 mai et fait route vers le Chili et la ville de Valparaiso où il est attendu début juin.

Une escale Chilienne qui s’étalera sur près de 3 mois (5 juin au 30 août), rythmée par 4 étapes: Valparaiso, Concepcion, Juan Fernandez et, en point d’orgues, l’île de Pâques et le projet de son développement vers une totale autonomie énergétique en collaboration avec la Fondation ZERI de Gunter Pauli.

Programme prévisionnel à Valparaiso  du 6 au 17 juin :
mercredi 6 juin : Arrivée du bateau Race for Water au port militaire de Valparaiso
vendredi 8 juin : Conférence de presse à 11h – Journée Mondiale des Océans
samedi 9 et lundi 11 juin : Visite des scolaires et universitaires
mardi 12 juin : Workshop « Plastic Waste to Energy »
jeudi 14 juin à Santiago : Speaking Session avec Gunter Pauli et Marco Simeoni
dimanche 17 juin : Départ de Race for Water vers Concepcion

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Nouveau départ, nouvel équipage.

De gauche à droite : Margaux, Lucas, Jean-Marc, Basile, Camille (équipe ACT), Anne-Laure et Anne avec Dante du Yacht Club de Peruano,
juste avant le départ vers le Chili
………

Le catamaran Race for Water a levé l’ancre dans la nuit de samedi à dimanche 20 mai, vers minuit (Swiss Time) quittant le Pérou après deux mois d’escale. A bord, 6 marins ; devant eux, 1300 milles et la ville de Valparaiso qui se profilera d’ici une quinzaine de jours.

Côté bateau et équipage :

Jean-Marc, vous cumulez donc les casquettes de Directeur Technique et de Capitaine du navire, dernière fonction que vous occupez en alternance avec Pascal Morizot. Tous les postes du bord fonctionnent-ils en binôme ? Si oui, quelle en est la raison ?

Jean-Marc Normant : « En effet chacun des membres d’équipage a un binôme. Nous avons fait ce choix afin d’assurer une rotation régulière et assurer ainsi d’une part la possibilité de remplacer un membre de l’équipage si besoin et d’autre part les périodes de navigations sont pour certaines assez longues. Etant donné la durée de notre Odyssée, il faut permettre une mise au vert après de nombreux jours bleus océans. »

Quel est votre équipage sur le ralliement entre le Pérou et le Chili ?

JMN : « A bord pour ce départ de Lima vers Vaparaiso, nous aurons, honneur aux Dames :
Anne-Laure Le Duff en tant que second capitaine. Déjà quelques milles à bord du Race for Water, Anne-Laure le connait bien maintenant et assure parfaitement son rôle.
Anne Le Chantoux, qui nous rejoint après quelques congés bien mérités en plus d’être un marin fort efficace et polyvalent, Anne est notre interprète officielle ; l’espagnol n’a pas de secret pour elle, de même que l’anglais !
Margaux Chalas qui est à bord pour la première fois. Elle occupera le poste d’intendante. Sur les quelques jours de mer qui nous attendent, nous allons pouvoir faire mieux connaissance.
Puis côté masculin :
Lucas Rabiet, il ne fait pas partie de l’équipage mais c’est tout comme ; il est le spécialiste incontournable de l’hydrogène.
Basile Prime, notre ingénieur. Toujours très occupé, il assure la maintenance de tous nos systèmes embarqués et dieu sait qu’il y en a beaucoup à bord de ce bateau si particulier ».

Immersion, impressions :

Margaux Chalas est nouvelle à bord et assure le rôle d’intendante. Arrivée peu de jour avant le départ, Margaux s’est d’ores et déjà fondue dans le groupe.
Impressions : « Un nouvel océan. Un nouveau pays. Un nouveau bateau. Une nouvelle équipe. Un nouveau poste. L’organisation est bien rodée, chacun connaît son rôle et la partition sonne juste. Les équipes à terre ont fait un travail énorme de préparation et ça se sent. Le fait d’arriver avec un équipage présent sur place depuis quelques semaines, ça permet de prendre ses marques plus facilement ! Je n’ai pas découvert 1/10ème de toutes les cales, cachettes et rangements à bord de Race for Water, voilà une de mes prochaines missions personnelles ! La liste de travail est sans fin, c’est la douce joie de la vie à bord, on ne s’ennuie jamais sur un bateau, toujours un truc à faire ! On commence à se projeter pour la Transpac (ndlr Trans Pacifique), grosse étape logistique. Heureusement, il y aura eu l’entraînement sur ces 15 jours de navigation vers le Chili ; ce qui va me permettre d’avoir le recul nécessaire pour bien préparer les mois à venir. En tout cas, je suis ravie d’y être enfin ; ça fait quelques mois que je trépigne d’impatience à l’idée de commencer, j’étais coincée sur les bancs de l’école cet hiver à rêver de climats plus cléments ! » 

Côté mer et navigation :

Le bateau de la Fondation devra infléchir un peu se trajectoire. En effet, une route directe serait certes plus courte mais l’entrainerait sous une couverture nuageuse importante visible sur les fichiers météos ; qui plus est le vent de face sur la zone côtière sera plus faible qu’au large. Une autre composante dans ce secteur est le courant du Humbolt, c’est un courant océanique de surface, orienté du sud vers le nord qui sera également défavorable et plus sensible à la côte qu’au large.

Jean-Marc Normant : « Notre trajectoire sera donc le résultat d’un équilibre entre les nuages, le vent et le courant d’un côté et le soleil et les performances du bateau de l’autre. »

Race for Water et son équipage sont attendus début juin dans le port militaire de Valparaiso.

Veille de départ à Lima…

A la veille du départ du catamaran Race for Water du Pérou, l’équipage s’active afin que tout soit prêt demain au moment de quitter le mouillage situé devant le Yacht Club de Peruano.

Deux mois d’escale denses et riches de belles rencontres, que nous vous proposons de vivre au travers de quelques unes des images de notre reporter Peter Charaf!

Bon visionnage!

Le Lac Titicaca et ses îles flottantes, les îles Uros, vus par Peter Charaf, notre photographe – Témoignage.

Le lac Titicaca est la plus haute étendue d’eau navigable au monde. Il s’étend sur le Pérou et la Bolivie, sur 190 km de long et 80km de large, à une altitude de 3812m. Berceau du peuple Inca, il représente un patrimoine historique important pour les peuples de cette région. Son nom viendrait d’un rocher situé sur l’Isla Del Sol (l’ile du soleil) dans la partie bolivienne du lac. Ce rocher, dans la langue Aymara s’appelait Titi Khon’Ka, le rocher du puma. Ses 1125km de côtes abritent 25 rivières qui l’alimentent en eau, bien sûr, mais aussi … en plastique.

Si on regarde le cycle des déchets on comprend que plus on se rapproche du niveau de la mer, plus les rivières se gorgent de plastiques. A l’inverse, on pourrait espérer qu’à près de 4000m d’altitude les cours d’eau soient limpides et vierges de tout plastique. Il n’en est rien…La ville de Puno, sur la rive péruvienne du lac, forte de ses 120 000 habitants, mais aussi de ses nombreux touristes, génère une quantité de déchets qu’elle ne peut absorber. Le lac est un atout majeur de l’industrie touristique. Toute la région est inondée de déchets sauvages ; chaque bord de route, chaque rivière… En conséquence, le lac est, lui aussi, colonisé par ce fléau moderne.

Ici, comme partout ailleurs dans le monde, il semble que le tournant du troisième millénaire ait marqué une profonde accélération de la pollution plastique ; comme s’il était sorti du sol du jour au lendemain, à la manière d’un champignon.

Faute de pouvoir se doter d’un programme de traitement des déchets à la hauteur de l’enjeu et d’offrir des solutions de ramassage au quotidien, les autorités locales boliviennes, conscientes du problème, ont développé une signalétique visant à alerter la population. Des panneaux interdisant le dépôt d’ordures, en passant par d’autres plus philosophiques, jusqu’à des messages forts comme par exemple « La basura mata » (les déchets tuent). On trouve même, maintenant des avis à la délation, invitant les témoins d’actes de pollution à agir en citoyens responsables.

 

Malheureusement ces initiatives, qu’elles visent à éveiller les consciences ou à réprimer les comportements délictueux, ne sont pas couronnées de succès. Seule la mise en place de circuits de ramassage et de traitement des déchets pourrait venir entraver la croissance exponentielle des déchets sauvages.

Recyclage et énergie solaire chez les Uros

L’histoire du peuple Uros est marquée par l’exil volontaire pour échapper, entre autres, à l’envahisseur Inca. Au 13ème siècle, ils choisissent d’émigrer sur le lac Titicaca en construisant des iles flottantes en roseau. Les iles flottent mais sont tout de même amarrées par des cordages à des tronc d’Eucalyptus afin qu’elles ne dérivent pas.

Depuis, la tradition des iles flottantes a perduré. Le peuple Uros a disparu vers 1950 et aujourd’hui ce sont en réalité environ 2000 Aymaras qui perpétuent la tradition. Tous les 15 jours environ une nouvelle couche de roseau est rajoutée sur chaque ile pour compenser leur érosion.


 

La source de revenus principale des habitants des iles Uros est le tourisme. Les visites sont organisées, pour quelques bolivianos, depuis la ville de Puno. Après environ 30mn de navigation on peut fouler le sol mouvant et être accueilli par le président de l’ile. Chaque ile a son propre président. Il se charge d’expliquer aux touristes l’histoire de l’archipel et la technique de construction employée. Dès l’arrivée sur l’ile j’ai remarqué que le banc sur lequel il m‘était proposé de m’asseoir mêlait roseau tressé et bouteilles de PET… !

Eloy, le président de l’ile, m’a donc expliqué que depuis quelques années ils utilisent les bouteilles en plastique comme flotteurs. Bien sûr, elles n’ont pas remplacé le roseau, mais elles viennent se loger au cœur du tressage, augmentant la flottabilité tout en gardant l’aspect traditionnel du roseau. L’intégration des bouteilles en pet diminue la quantité de déchets à évacuer en bateau vers Puno.

Depuis 2015, ils ont même fait de ces bouteilles un élément essentiel de la structure de leurs bateaux ancestraux à tête de puma. Le bateau d’Eloy contient 4000 bouteilles. Il flotte mieux, vieillit moins vite et se fabrique plus rapidement. Pas certain que ce soit une bonne nouvelle pour le lac, mais c’est une preuve d’adaptation et d’évolution des traditions.

 

Une autre chose a attiré mon regard. La plupart des petites maisons en roseau ont une source d’électricité assurée par des panneaux solaires, cadeau du gouvernement. Cela me fait penser à notre bateau ; comme nous ils flottent et utilisent l’énergie du soleil. Mais ici la vénération du soleil est ancestrale. Le temple du soleil, l’ile du soleil restent des lieux sacrés de la mythologie Inca. L’astre brillant est source d’énergie et d’inspiration, mais aussi un des facteurs qui participe à la dégradation des plastiques sauvages dans notre environnement…

L’ile du soleil, justement, et sa petite sœur l’ile de la lune sont des aimants à touristes. On y vient depuis le village de Copacabana sur la rive bolivienne. Ces deux lieux hautement symboliques de l’histoire Inca doivent relever le défi des quantités de déchets générées par l’industrie du tourisme. Les plastiques flottent sur les rives, on brûle ce que l’on peut au fond des jardins. Ici aussi quelques panneaux viennent rappeler que l’ignorance humaine tend à détruire la beauté de la nature.

Eveiller les consciences est un travail que nous menons sans relâche, à chaque étape de notre périple autour du monde. C’est un pilier essentiel de notre action auprès du grand public (Share) qui nous permet de partager les observations (Learn) que nous faisons depuis des années au travers du programme Odyssée. C’est aussi un préalable nécessaire à l’action que nous menons (Act) pour tenter d’endiguer le flux incessant des plastiques vers l’océan en proposant une solution visant à le transformer en énergie.

Nos étapes au Pérou (mars à mai) et au Chili (juin et juillet) visent à développer les réseaux qui nous permettront, espérons-le, d’améliorer la situation de ces deux pays en termes de pollution par les déchets plastiques. »

Texte et illustrations de Peter Charaf