Race for Water Odyssée, 1ère année :  Bilan scientifique et les perspectives  

Adapté aux expéditions scientifiques, le navire Race for Water a été entièrement réaménagé en 2016 afin d’offrir des conditions de travail optimales à bord. Grâce à ses 90 m2 dédiés à la science, sa stabilité et son autonomie énergétique, le catamaran permet d’embarquer à son bord des équipes de cinq à sept chercheurs, ainsi que des étudiants.  Depuis le départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux aux Bermudes (en juin-juillet 2017), à Cuba (en août 2017) et en Guadeloupe (octobre 2017).

Kim Van Arkel, conseillère scientifique à la Fondation Race for Water :

« Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC.

EPHEMARE dirigé par le Professeur Ricardo Beiras (Université de Vigo, Espagne) étudie les effets éco toxicologiques des micro plastiques sur les écosystèmes marins. Dans le cadre de ce projet, des prélèvements: de micro plastiques ont été réalisés en eau de surface, de sédiments, de plancton et d’organismes marins endémiques (poissons, crustacés, bivalves..) sur deux sites aux Bermudes (Whale Bone Bay et Well Bay) et en Guadeloupe (Petit Bourg et Capesterre) par 9 scientifiques européens (venant de l’Université de Bordeaux en France, de l’Université d’Anvers en Belgique, de l’Université de Vigo en Espagne, de l’Université Polytechnique de Marche et du CNR Institut des Sciences Marines en Italie) en collaboration localement avec Anne Hyde de Keep Bermuda Beautiful et Dr. Struan Robbie Smith aux Bermudes puis par Dr. Soazig Lemoine de l’Université des Antilles en Guadeloupe. Les différentes analyses (dissection, identification, chimie, toxicité) concernant les échantillons et micro plastiques prélevés lors de ces deux campagnes sont actuellement en cours dans les 4 universités européennes partenaires du projet EPHEMARE.

 

WEATHER-MIC mené par Dr Annika Jahnke (UFZ Leipzigg, Allemagne) et Dr. Hans Peter H. Arp (NGI, Norvège) vise quant à lui à comprendre les différentes étapes du vieillissement des micro plastiques et les effets que cela engendre dans le milieu marin. Dr Hans Peter H Arp, lui-même et 2 scientifiques du NGI impliqué également dans le projet ont réalisé une série de prélèvement du large à la côte cubaine jusque dans la Havane avec le soutien du Prof Carlos Manuel Alonso Hernandez et 6 autres scientifiques cubains du CEAC.

Les échantillons prélevés en eau de surface, dans la colonne d’eau à différentes profondeurs et dans le sédiment immergé ont été répartie entre les scientifiques du NGI et du CEAC afin de réaliser une analyse commune. Certains échantillons (les plus intéressants) seront envoyés à d’autres équipes du projet WEATHER-MIC pour observer plus en profondeur les signes de vieillissement basé sur des « empreintes de vieillissement » développés par le réseau JPI Oceans. »

 

Et la suite ?

Kim Van Arkel de poursuivre : « De nouvelles missions scientifiques sont attendues à bord du navire Race for Water ; à commencer par des prélèvements de particules de plastiques effectués par l’équipage lors des périodes de navigation de Concepcion (Chili) à Tahiti (Polynésie Française) pour le projet « Plastisphère » de Dr. Linda Amaral Zettler et de Dr. Erik Zettler, tous deux chercheurs au NIOZ, l’institut royal néerlandais de recherche marine. Ce projet explore les communautés associées aux particules de plastiques flottantes à la surface de l’océan. Notre passage dans la zone encore peu échantillonnée du Pacifique sud-est  est très important pour ces recherches. D’autres missions scientifiques seront accueillies à bord de la plateforme Race for Water et seront dévoilées au fur et à mesure de son parcours.»

10000 milles au compteur, 6000 invités reçus à bord, 7 escales intenses  et l’arrivée de l’horloger « BREGUET » en tant que partenaire principal…  La Race for Water Odyssée célèbre ses 1 an ! 

En 2010, l’entrepreneur suisse Marco Simeoni crée la Fondation Race for Water. Passionné par la mer, il décide en 2015 de lancer une première expédition scientifique et environnementale, la Race for Water Odyssée, pour dresser un bilan global de la pollution plastique de nos océans. Le constat est clair et alarmant, les « îles de plastique » n’existent pas, aller collecter les déchets plastiques en mer s’avère être une utopie. Au cœur des océans s’étend une « soupe » de micro plastiques qui vogue au gré des gyres océaniques. « Nous avons très rapidement pris conscience que la solution est à terre. Il faut absolument empêcher les déchets plastiques d’atteindre les océans », explique Marco Simeoni.

Il y a un an, le 9 avril 2017, le catamaran Race for Water est reparti autour du monde pour une nouvelle odyssée de cinq ans afin de proposer des solutions pour la préservation des océans. « En 2015 nous étions dans le constat, démunis face à l’ampleur du problème de la pollution plastique des océans. Avec cette Odyssée 2017-2021 à bord du plus grand navire au monde à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, nous souhaitons démontrer que des solutions durables existent grâce à des technologies innovantes, pour préserver les océans. ».

Entre 2017 et 2021, Race for Water réalise un tour du monde d’environ 35 escales avec les objectifs suivants :
– participer aux grandes manifestations internationales et d’éduquer le plus grand nombre à la nécessité urgente de préserver les océans.  (La Coupe de l’America, les J.O de Tokyo et l’exposition universelle de Dubaï)

– visiter les îles et les grandes villes côtières, à la fois victimes et à l’origine de la pollution plastique des océans, afin de sensibiliser les populations locales et proposer des solutions pour empêcher les déchets plastiques d’atteindre les voies d’eau et donc les océans.

– accueillir à bord des missions scientifiques pour faire avancer les connaissances sur les conséquences de la contamination marine plastique.

Retour sur la première année de la Race for Water Odyssée :

Depuis son départ de Lorient (France) en avril 2017, le catamaran Race for Water a parcouru près de 10000 milles nautiques (9656 nm exactement) en 104 jours de navigation qui l’ont conduit de l’Océan Atlantique au Pacifique où il se trouve actuellement en escale, à Lima.

En un an déjà 7 escales (Madères, Bermudes, Cuba, République Dominicaine, Guadeloupe, Panama et Pérou), 3 missions scientifiques avec 23 chercheurs de 6 nationalités différentes, 6000 invités officiels dont plus de 255 décideurs politiques accueillis à bord du navire ambassadeur de la Fondation Race for Water afin de dialoguer sur la préservation des Océans mais aussi sur les solutions à apporter contre la pollution plastique.

Les objectifs d’échanges et de partage (LEARN – SHARE) que s’est fixée la Fondation, sont ainsi atteints à chaque ville-étape. Tout comme la partie ACT avec la promotion auprès de chaque décideur local rencontré, de la pyrolyse à haute température, une technologie capable de transformer les déchets plastiques en électricité. Une valorisation qui permettra de rémunérer des collecteurs de rue afin de les encourager à ramasser plus de plastiques. Un monde dans lequel le déchet d’aujourd’hui sera la ressource de demain.

BREGUET embarque aux côtés de Race for Water pour la préservation des Océans :

Cette première année de l’odyssée a été également marquée par l’arrivée aux côtés des équipes de la Fondation d’un partenaire titre : la maison BREGUET.

Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water : « L’engagement de BREGUET aux côtés de notre Fondation pour les quatre prochaines années est un signe fort de sa participation à la cause de la préservation des Océans. Cette collaboration est une magnifique reconnaissance pour les équipes de Race for Water qui œuvrent au quotidien sur toutes les mers du globe. Grâce à ce partenariat, le rayonnement de nos actions va être renforcé, nous nous en réjouissons énormément. »

La Race for Water Odyssée, soutenue par BREGUET et forte de cet engouement ressenti à chaque stop-over, poursuit sa route en 2018 vers le Chili (Valparaiso et Concepción en juin), les îles Robinson et Pâques (début septembre) avant d’atteindre la Polynésie française en octobre et de rejoindre les Fidji au moment des fêtes de fin d’année.

Ils ont dit :

Franck David, directeur exécutif de la Race for Water Odyssée : « Cette Odyssée est unique ! Dans sa durée, plus de 5 années autour du monde ! Dans ses rencontres, au plus proche des populations, des entrepreneurs et des décideurs locaux! Dans sa vision et ses objectifs, avec un engagement fort dans l’action et la conviction que des solutions existent ! Dans son challenge humain et technologique avec ses équipes Terre et Mer qui chaque jour font avancer la cause de la préservation des océans sur un navire 100% énergies renouvelables ! »

Jean-Marc Normant, Capitaine et directeur technique : « Objectivement, lorsque nous avons débuté la Race for Water Odyssée à Lorient en 2017, il y avait beaucoup d’inconnues liées à notre catamaran. On a découvert au fil des milles ce bateau qui est très particuliers de par la gestion de l’énergie et qui à l’usage s’avère très agréable ; nous naviguons sereinement. Race for Water est une plateforme de travail incroyable que ce soit pour les scientifiques qui peuvent embarquer, mais aussi pour nous qui y vivons et qui accueillons lors des escales beaucoup de monde. Durant cette première année, nous avons pas mal travaillé sur nos moyens de propulsion que ce soit le kite ou l’hydrogène, ce qui augmente encore les qualités du navire qui a encore plus  de 20000 milles à parcourir jusqu’à la fin de l’Odyssée en 2021 ! »

Camille Rollin, responsable ACT de la Fondation : « C’est à Lima que nous avons célébré la première année d’une aventure humaine exceptionnelle. Cette expédition est avant tout celle de l’espoir. Nous rencontrons chaque jour des gens qui comme nous, cherchent à montrer que des solutions existent et que c’est par l’action et la collaboration que nous parviendrons à contrer les désastres causés par la pollution plastique des océans. On compte sur vous ! »

Kim Van Arkel, conseillère scientifique : « Depuis notre départ en avril 2017, la plateforme Race for Water a accueilli plus de 23 chercheurs dont 12 scientifiques issus du programme européen JPI Oceans avec la collaboration de scientifiques locaux, Bermudiens (en juin-juillet 2017), Cubains (en août 2017) et Guadeloupéens (octobre 2017). Etabli en 2011, JPI Oceans est un programme stratégique de coordination sur la recherche marine qui a lancé le programme « Ecological Aspects of Microplastics » regroupant 4 projets pour évaluer l’impact des micro plastiques dans les écosystèmes marins dont EPHEMARE et WEATHER-MIC. »

Première partie d’escale à Lima terminée,  place à l’équipe ACT !

Race for Water arrivé aux abords de Lima au Pérou, le 15 mars dernier, est toujours au mouillage devant le Yacht Club de La Punta à Callao, et ce jusqu’au 20 mai prochain où il lèvera l’ancre en direction de Valparaiso au Chili.  Après une première partie riche en échanges et en apprentissages sur la situation de la pollution plastique au Pérou, l’équipe Race for Water en charge d’implémenter des projets de valorisation des déchets reste à l’œuvre, sur place, pendant les deux prochains mois pour poursuivre et concrétiser les discussions initiées.

Lima 1ère :  SHARE (visites et exposition à bord)

La première partie de cette escale s’est achevée en fin de semaine dernière par un Beach Clean Up en collaboration avec l’ONG WWF qui a réuni 400 volontaires et qui a permis de récupérer 2 tonnes de déchets !

Comme à chaque stop-over de la Race for Water odyssée, les équipes de la Fondation se mobilisent pour sensibiliser le plus grand nombre que ce soit des scolaires, des décideurs, des élus ou encore des entrepreneurs et acteurs environnementaux locaux. Force est de constater que l’engouement suscité par la présence du catamaran Race for Water a été incroyable. Ont été reçu et accueilli à bord près de 400 enfants, plus de 350 entrepreneurs locaux, 27 personnes lors du Worshop « Plastic Waste to Energy » ou encore 35 personnalités politiques qui ont tenu à bord une commission interministérielle qui coordonne l’implantation de projets écoresponsables pour la préservation des zones côtières. Occasion de réunir notre Président Marco Simeoni et la Ministre de l’environnement Madame Elza Galarza.

   

Camille Rollin, responsable ACT pour la Fondation Race for Water : « Quel enthousiasme de la part des péruviens ! L’accueil est formidable ! Nous ne pourrons malheureusement pas répondre positivement à toutes les sollicitations que nous recevons chaque jour. Nous sommes très contents de cette première partie d’escale à Lima qui était principalement dédiée à l’éducation puisqu’en dix jours nous avons accueillis presque 400 élèves et étudiants. Le nettoyage de la plage agua dulce organisé par WWF pour marquer le coup de notre visite à Chorrillos, a permis de réunir 400 volontaires surmotivés et de récupérer près de deux tonnes de déchets en seulement quelques heures. Cela montre deux choses : il y a encore un énorme travail éducatif à faire sur le terrain pour que la population locale se sente plus concernée par la préservation de son environnement, mais qu’une partie croissante de cette même population cherche à faire évoluer les consciences. »

Lima 2ème : ACT (présentation des solutions)

De nombreux acteurs locaux notamment des entrepreneurs et investisseurs sociaux qui s’engagent dans des projets durables qui répondent aux problématiques auxquelles est confronté leur pays, comme celle de la pollution plastique, sont venus échanger à bord avec les équipes Race for Water.   C’est notamment avec ces derniers qu’une équipe plus restreinte mais entièrement dédiée à l’implémentation de projets de valorisation énergétiques des déchets plastiques au Pérou va poursuivre le travail au cours des deux prochains mois.

Frédéric Sciacca, Responsable ACT à Lima pour la Fondation : « Dans le cadre du programme ACT et de la recherche de solutions, nous allons désormais porter notre attention sur les modes de collecte, de gestion et de valorisation des déchets plastiques localement. Le contexte de Lima nous permettra de mieux appréhender la collecte informelle qui est extrêmement dynamique au Pérou. Il nous faudra aussi rencontrer nombre d’acteurs du monde associatif, publique et privé afin d’identifier où la mise en œuvre de la chaîne de valeur complète de notre modèle fera le plus de sens, et aura le plus d’impacts positifs. »

L’équipe ACT de la Fondation est composée de Camille Rollin, Frédéric Sciacca mais également pour cette étape, de Jimena Collantes-Ortiz, péruvienne d’origine et qui est particulièrement impliquée à Lima : « En tant que Péruvienne, c’est un honneur de faire partie de l’escale Lima, nous travaillons avec une équipe très professionnelle et passionnée dans ce que nous faisons.  C’est un privilège d’avoir la présence d’un navire aussi unique que le catamaran Race for Water. Je suis convaincue que la réponse aux besoins de mon pays amalgame parfaitement la solution proposée par Race for Water. À ce jour, nous avons pu contacter des acteurs clés pour l’implémentation du projet Waste to Energy. De mon point de vue, nous avons un grand potentiel à exploiter et mon désir, certainement ambitieux, est de pouvoir crée un réel impact dans chaque coin des régions du Pérou. Le meilleur est à suivre. »