Annabelle, second capitaine, raconte sa journée de départ

 

Le grand départ… Derrière nous les réglages et courses de dernières minutes, comme dans tout projet il a fallu fixer une date. Cette date nous nous y tenons. Comme dans toute expédition ambitieuse, quelques jours voire semaines supplémentaires n’auraient pas été superflus. Qu’à cela ne tienne, l’essentiel y est et l’envie de partir aussi. Pour notre bonheur et celui de notre public, la météo est au rendez-vous, un printemps d’une douceur quasi estivale.

 

Photo de Peter Charaf

 

Nous quittons le port entourés d’une belle armada. A bord des journalistes réalisent les dernières interviews, les appareils photos crépitent. Et, nouvelles technologies obligent, quelques drones nous survolent ! Au bout d’une heure, les journalistes débarquent, ainsi que Marco qui ne sera là que sur l’étape suivante. L’après-midi et la soirée passent vite, à caler le matériel et sangler ce qui doit l’être. Nous avons encore du travail pour trouver les bons systèmes et pour que rien ne bouge. Il est 22h30, mon quart sera de 6h à 9h avec Anne, je vais donc me coucher après cette longue journée !

 

Annabelle

Photo de Une : Pierre Bouras

 

Le couple kite – solaire : génial !

 

Après ces deux premières journées de navigation, je suis très content de vous annoncer que tout va bien à bord ! On a navigué tout l’après-midi d’hier avec une quinzaine de nœuds de vent (environ 30km/h). Grâce à ce vent venant de l’arrière du navire, on a testé pour la première fois notre voile de kite intermédiaire (30 m2) en pleine mer ! Une expérience plus que concluante sur ce premier mixte énergétique entre le kite et le solaire !   

Sur ces photos, Jean-Marc Normant, capitaine du navire.

QUELQUES CHIFFRES

Cette première navigation sous kite nous a permis de bien recharger les batteries. En quittant la rade de Lorient dimanche 9 avril, nous avions 90% de charge sur les batteries grâce à l’action des panneaux solaire puis 70% avant la nuit. Lundi matin au levé du soleil, nous en avions encore 30%.

Mardi après-midi, grâce à l’action couplée du kite et du solaire, la charge des batteries était remontée à 63% ! À noter que sans le kite, nous aurions eu une charge de 45% seulement.

La nouvelle configuration du bateau est donc un choix qui porte ses fruits. On peut être fier ! Il nous reste par ailleurs 30 panneaux solaires à installer sur les bords du caisson hydrogène, mais on le fera lorsque la mer sera plus calme, certainement lors de la descente le long de la côte portugaise.

Voilà pour les nouvelles énergétiques !

Martin

Photos: Peter Charaf

 

 

Un départ fort en émotions

 

Hier à 15h, le navire Race for Water et son équipage appareillaient pour une Odyssée de cinq ans. Des sourires pour cacher des larmes, des embrassades et des éclats de rire rythmaient l’ambiance au ponton de départ. Dans les yeux des proches une infinie fierté transparaissait.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient le moment où l’équipage monte à bord. Dernières accolades, l’équipe est concentrée sur la manoeuvre, le navire largue les amarres. Pas prêts de les laisser s’en aller seul direction l’horizon, les proches embarquent sur des bateaux à moteurs, voiliers et autres semi-rigides. Une flottille s’organise pour prendre le sillage du Race for Water. Sur l’eau dans la rade de Lorient, on se fait des signes, on crie sa fierté, on siffle et on applaudit l’engagement des marins.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est temps de les laisser voguer vers leur mission pour la préservation des océans. Un équipage qui part autour du monde pour proposer des solutions qui feront changer les choses. Partir n’était certainement pas une décision ni un acte facile. Réussir à quitter, même pour quelques mois, ses proches, ses amis et son quotidien montre l’engagement des membres de l’équipage et leurs convictions dans ses solutions qui existent pour la préservation des océans.

Hier avait lieu le départ de l’Odyssée de l’espoir.

 

Photos : Peter Charaf et Pierre Bouras

 

Une semaine de formation

 

Les 6 et 7 mars derniers, l’équipage de Race for Water avait rendez-vous avec le Centre d’Etude et de Pratique de la Survie (CEPS) de Lorient pour 2 journées de formation sécurité à bord du navire. Une formation que chaque membre d’équipage a été tenu de suivre pour parer tout incident pouvant survenir lors de ces cinq années d’Odyssée autour du monde. Rencontre avec Ségolène Dumas, formatrice au CEPS.

« Le CEPS a pour habitude de former à la sécurité le personnel de la marine marchande ainsi que les professionnels de la mer ou des plaisanciers. Selon la demande, nous proposons des formations obligatoires aux professionnels de la mer ou organisons des stages sur mesure. Dans le cadre de Race for Water, nous avons élaboré avec Luce Molinier, un programme complet des incidents qui pourraient survenir lors de l’Odyssée. Les objectifs étaient clairs : Former et entrainer l’équipage à réagir face aux situations d’urgence avec le matériel du bord », explique la formatrice.

 

« A bord, l’ambiance était très sérieuse et l’équipage concentré. C’est d’ailleurs rare d’avoir l’ensemble d’un équipage qui assiste ensemble à ces formations de sécurité. Cela a créé une jolie dynamique de groupe et installé un climat de confiance entre chaque membre de la Race for Water Odyssée. Tous connaissent leur rôle et pourront désormais compter les uns sur les autres en cas de problème. C’est un sacré atout et en tant qu’instructeur, ce fut un moment d’échange très constructif. Pour nous aussi la formation a été passionnante. Nous avons pu découvrir un nouveau bateau, de nouvelles technologies à prendre en considération et mettre en place des mesures adaptées à ce navire d’exception. Un échange positif pour tous », conclut Ségolène Dumas.

Plusieurs modules ont été effectués pour répondre à cet objectif :

  • Définition du rôle de chaque membre d’équipage
  • Présentation du matériel de sécurité à bord et de sa bonne utilisation
  • Rappel des moyens de communication d’urgence et d’alerte des secours
  • Briefing de la pyrotechnie
  • Premiers soins à apporter
  • Révision des procédures d’évacuation
  • Récupération d’homme à la mer
  • Exercice d’hélitreuillage
  • Réaction à tenir face à un incendie
Photos : Peter Charaf

 

Programme des festivités à Lorient !

Visites du navire, rencontre avec Alan Roura et le lancement du navire dimanche 9 à 15h ! Venez nombreux ! 

Samedi 8 avril :

Visites commentées  du navire pour le grand public (durée 45 min) !

  • Quatre séances de 25 personnes seront organisées à 10h – 11h – 14h – 15h sur réservation.
  • Les places sont à prendre sur place au pied du bateau : Vendredi après midi les réservation pour les créneaux de samedi 10h et 11h  et samedi matin les réservations pour les créneaux de 14h et 15h

A l’intérieur, le public découvrira 100m2 d’exposition présentant le rôle de la Fondation Race for Water dans la préservation des océans et les solutions proposées de valorisation des déchets. La lumière sera également faite sur les travaux scientifiques menés à bord et sur les énergies renouvelables utilisées pour la propulsion comme la vie à bord de ce navire d’exception.

  • Une exposition que les scolaires de CM1/CM2 de l’école du Sourn auront découvert en avant-première le jeudi 6 avril, tout comme les élus de Lorient Agglo conviés à bord le vendredi 7 avril pour l’inauguration du L’Orient Nautic, de la Bretagne Sud Mini et le lancement de l’Odyssée.

 

Rencontre avec Alan Roura notre nouvel Ambassadeur !

  •  Dès 14h30 devant le navire Race for Water, venez rencontrer ce marin d’exception à l’occasion d’une séance de dédicace

Dimanche 9 avril:

  • Rendez-vous sur le quai à 15h afin d’assister au départ du navire !

Race for Water mettra ensuite le cap vers la première escale de son périple, à savoir Les Bermudes à l’occasion de l’America’s Cup.

 

Alan Roura, notre nouvel Ambassadeur

La Fondation Race for Water est très fière d’annoncer son nouvel Ambassadeur, le marin professionnel Alan Roura.

Benjamin du dernier Vendée Globe (seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance), Alan Roura s’est révélé en marin d’exception au futur plus que prometteur lors de cette mythique course au large. À tout juste 24 ans, ce Suisse d’origine a terminé 12ème, une prestation plus que saluée par les publics. Partant avec un petit budget et un voilier d’ancienne génération, le jeune marin a prouvé sa grande expérience dans les situations les plus éprouvantes.

Le 2 janvier dernier, au cœur de l’océan Pacifique, son bateau percute un Objet Flottant Non Identifié (OFNI). « Le vent était d’environ 30 noeuds et d’un coup le bateau s’est arrêté net. J’ai entendu un gros crac, je suis sorti et vu le safran tribord flotter à l’arrière du bateau, les traces d’un gros choc était visible : c’était bien un OFNI. L’envie de pleurer, de crier, mais avant tout, il fallait voir les dégâts. L’eau a commencé à monter à hauteur de mes pieds, puis de mollets. » dit Alan Roura dans un communiqué une fois l’avarie passée.

« Nous sommes très heureux qu’Alan soit à nos côtés pour la préservation des océans. Son soutien nous est très précieux et démontre de l’importance de passer à l’action », dit Marco Simeoni président de la Fondation.

 

Retrouvez le au départ de l’Odyssée le samedi 8 avril prochain !

 

L’hydrogène, comment ça marche ?

« Nous avons choisi d’équiper le navire Race for Water d’un système d’hydrogène. Ce gaz très léger, issu de l’eau de mer, peut être stocké sous haute pression dans des bouteilles, ce qui nous permet de disposer d’une énergie propre à la demande », explique Pascal Goulpié manager à la Fondation.

Quand les batteries sont pleines, et que les panneaux solaires continuent à produire d’énergie ou par kite déployé, les moteurs électriques de propulsion se transforment en génératrices. La surproduction d’énergie est utilisée pour électrolyser de l’eau de mer. « Nous venons casser la molécule d’eau de mer (H2O) qui a été préalablement désalinisée et désionisée. On se retrouve alors avec de l’oxygène (O) que l’on libère dans l’air et de l’hydrogène (H2) que l’on stocke », dit ce docteur en sciences techniques.

L’hydrogène est ensuite compressé à 350 bar dans des bouteilles, ce qui permet d’en stocker plus dans un même volume. De cette manière, l’hydrogène peut être stocké sur le long terme, sans perdre de son pouvoir énergétique.

« Lorsque nous avons besoin d’énergie supplémentaire à bord, l’hydrogène est envoyé dans la pile à combustible avec de l’oxygène pris dans l’air. Un processus physico-chimique* recombine l’hydrogène (H2) et l’oxygène (O) en eau (H2O). Cette réaction produit, avec un rendement de 50%, un courant électrique que nous pouvons ensuite utiliser ! »

Une réaction qui produit de l’électricité et qui ne rejette que de l’eau.

 

Données techniques du système embarqué :

  • 25 réservoirs d’hydrogène à 350 bars
  • 2 piles à combustibles de 30 kW
  • 2 électrolyseurs de 5 kW
  • L’ensemble du système hydrogène permet stocker 2600 kWh

 


*Un processus guidé par les membranes semi perméables high-tech dans la pile