Une douche de pluie

 

Il est actuellement 4h du mat et je suis de quart en solo. Et oui maintenant qu’une partie de l’équipage est descendue à Madère on fait des quarts tout seul comme des grands ! Une première pour moi qui suis apprentie marin.

Alors durant mon quart, je réfléchis à ce qu’on a vécu jusqu’à aujourd’hui et je souris intérieurement en repensant à cette matinée pluvieuse sur l’île de Madère.

Arrivée à Madère sous les nuages

Vers 5h du matin, alors que la pluie tombait à flot, de l’eau à commencer à entrer dans le bateau ! Alors que je dormais tranquillement, Martin est venu nous réveiller, je sors du lit rapidos, arrive dans le salon et là je vois, au niveau des baies vitrées, une cascade d’eau !! Les gars étaient déjà en train de mettre des seaux, des serviettes, des serpillières, enfin n’importe quel objet capable d’éponger… cette douche de pluie !

Avec Martin on a confectionné une bâche avec des sacs poubelles et du Scotch orange (le top du top niveau Scotch ; -)) et ça a permis de faire sortir l’eau à l’extérieur dans la marina. Le grain n’a pas duré longtemps mais c’était intense et on était tous bien trempé après. Petit tour du navire pour voir s’il y avait d’autres fuites, tout va bien ! Sacrée matinée. On est tous parti se recoucher après sauf Olivier, vu que c’était son quart.

Anne

 

Une canne à pêche hi-tech

 

Qu’on se le dise, Race for Water est un bateau hi-tech avec de nombreuses installations à la pointe de ce qui se fait de mieux. Et pour développer cette technologie, il y a à bord de nombreux ingénieurs, investis et passionnés dans leur travail. Alors les idées fusent et se mettent en place rapidement.

FISH ALARM

L’une des dernières évolutions installées sur la navire, est la désormais célèbre « fish alarm » . Étant sur un bateau, il est bien normal d’avoir une ligne de pêche à la traîne du navire. Bon… Mais rester la partie un peu moins marrante : surveiller la ligne en cas d’une touche. Une mission qui attire peu les volontaires. Qu’à cela ne tienne, la « fish alarm » est inventée, au moyen d’un fil qui sera interrompu si un poisson tire sur la ligne, une alarme va se déclencher en passerelle.
Oui mais voilà, après quelques jours de traîne, on ne peut pas dire que ça morde beaucoup ! Dommage pour les yeux qui s’illuminent désormais à la moindre alarme, puis s’éteignent quand la personne de quart crie « it’s not fish alarm !»

Annabelle

Première transatlantique au mixte énergétique : la vision de Franck David

Aujourd’hui le navire Race for Water est parti pour sa première traversée de l’Atlantique avec sa propulsion issue du mix énergétique. Franck David, directeur des opérations, explique les défis d’une telle navigation.

Traverser l’Atlantique est une chose très différente en termes des météorologies par rapport à une navigation le long des côtes comme lors de la descente de Lorient à Madère. Durant une transatlantique, le navire et l’équipage, vont rencontrer plusieurs systèmes météo différents. Par exemple, nous savons qu’aujourd’hui il y a des grosses dépressions situées sur les Bermudes. Nous savons aussi que ces dépressions avancent toujours d’Ouest en Est, donc le navire va à leur rencontre il va falloir réagir en fonction. Et l’équipage sera réduit par rapport à la première traversée. Cinq personnes à bord ainsi que Marco Simeoni et un ingénieur de Skysails.

Durant la première navigation les conditions de vent ont été clémentes avec un vent arrière, poussant le navire et permettant d’utiliser le kite à multiples reprises. Pour aller aux Bermudes, nous savons que nous allons rencontrer du vent de face, avec des vagues. Il va falloir que Martin, ingénieur de bord et Pascal, capitaine, prennent les bonnes décisions au bon moment. A bord, ils reçoivent des cartes météo (vent, ensoleillement, vague) quatre fois par 24 heures. Le choix de la meilleure route est totalement lié à la gestion des énergies.

 

APPRENDRE LA MIXITÉ ÉNERGÉTIQUE

 

Nous ne les aidons pas à prendre les bonnes décisions depuis la terre, par contre, nous discutons des calculs des options en fonction de la vitesse du navire et des conditions de la mer. C’est très intéressant d’apprendre l’utilisation de la mixité énergétique et nous tirons déjà des enseignements de notre première navigation ! Lors de la navigation Lorient – Madère, nous avons appris sur la configuration du navire utilisant deux énergies pour sa propulsion, le solaire et la voile de kite. Nous avons maintenant une meilleure idée des vitesses qu’il est possible d’atteindre avec le navire dans telles ou telles conditions de vent et d’ensoleillement et utilisant le kite, le solaire ou le mix.

Photos de Marco Simeoni du départ de Madère

 

Grâce à ces données, nous sommes capable d’affiner les routages et de prendre des décisions plus adaptées aux capacités extraordinaires de notre navire. Et puis, le plus important est de savoir que tout va bien à bord et que l’ambiance est au top, pour ça je ne me fais pas de souci !

Franck

 

L’apprentissage du kite avec Edouard Kessi ! VIDEO

 

Edouard Kessi est un navigateur de renom qui a récemment amené Mike Horn dans le Grand Sud pour sa traversée de l’Antarctique. Il s’est fait prendre par les glaces, a passé les quarantièmes rugissants, a navigué dans les mers australes.  Face à lui, les questions se bousculent. Il sourit, acquiesce, mais son esprit est concentré sur la voile de kite du navire Race for Water. À bord lors de la première navigation alliant Lorient à Madère, il relate son expérience.

« Ce navire est une superbe plateforme technologique en mesure de traverser les océans afin de transmettre une ambiance et un message ! » dit Edouard Kessi, tout juste arrivé à terre. Les cinq premiers jours de traversée ont permis à l’équipe d’ingénieurs de SkySails et aux marins de finaliser les réglages de la voile de kite, de tester les systèmes et gérer le contrôle du vol de ce dernier.

 

LE MIX ÉNERGÉTIQUE KITE – SOLAIRE : UNE RÉUSSITE

« Mercredi, le kite a volé 14 heures et nous avons maitrisé un atterrissage de nuit ! Se réjouit le marin. La voile a tracté le navire avec une vitesse moyenne de 5 nœuds sans l’aide des moteurs, ce qui a permis aux panneaux solaires de faire le plein d’énergie dans les batteries. » Une voile de kite qui se déploie à 150 mètres d’altitude afin de toucher des vents forts et stables. « La clé de la technologie du kite utilisée à bord est qu’il se déplace en faisant le grand huit dans le ciel, un mouvement dynamique qui crée une force de traction capable de déplacer un navire de plus de 100 tonnes ». En fonction de la force des vents, plusieurs ailes de kite peuvent être utilisées. À bord cinq modèles ont été embarqués.

 

Vidéo de Peter Charaf

 

Durant cette navigation, l’équipage a finalisé la plupart des points importants qui permettrons aux futures traversées de se faire en toute sécurité. Un lourd travail qui a été réalisé en parallèle de la navigation presque jour et nuit. « Grâce à l’énergie de toute l’équipe navigante de Race for Water et de celle de Skysails, nous avons atteint les buts annoncés au niveau du kite. Mais la technologie de traction de yacht avec des kites est encore à découvrir et chaque vol amène de nouvelles données et expériences, c’est très motivant ! » Et de relever l’incroyable esprit d’équipe stimulé par Jean-Marc Normant au sein du navire.

Une première navigation qui a prouvé que l’association de deux énergies, celles du vent et du soleil, permettent à un navire de 100 tonnes d’effectuer un tour du monde en toute indépendance et en toute sécurité !

 

On annonce notre arrivée sur Twitter !

Quelle belle surprise en ouvrant notre compte Twitter que de voir des personnes qui parlent de l’arrivée du navire Race for Water et de son équipage avant même d’avoir des nouvelles de leur part !

Merci à toutes les personnes qui suivent cette Odyssée de l’espoir afin de proposer des solutions pour la préservation des océans !

 Tweet de ForestofHearts – @ForestofHearts

 

Peter Meiwald – un parlementaire allemand à Lorient

Peter Meiwald (polo rouge), Teaki Dupont, Marco Simeoni, et Alan Roura

Peter Meiwald est un parlementaire allemand, membre de la Commission de l’Environnement à la Bundestag. Pour le départ de l’Odyssée Race for Water, il est venu à Lorient. Quelles sont ses impressions ?

L’avenir est maintenant 

Quelle image impressionnante ! Un vaisseau spatial, un navire ? Ce que j’ai pu voir le week-end dernier à l’ancienne sous-base de Lorient en France est quelque chose de vraiment incroyable. Un navire futuriste, dépourvu de combustibles fossiles, propulsé uniquement par la puissance du soleil et du vent. Un pont rempli de cellules photovoltaïques, un cerf-volant pour capter le vent et un support de stockage d’énergie avec l’hydrogène. L’expédition qui témoigne d’un futur propre. Enfin !

Il est aisé de se rendre compte de la catastrophe écologique causée par des flottes de navires, extrêmement polluantes, aggravant l’effet de serre et important la santé de nos océans. Des personnes courageuses (basées dans ce pays enclavé qu’est la Suisse!) ont commencé à vivre leur rêve d’une navigation propre. Avec leur navire, ils montrent qu’une telle navigation est possible, lorsque les ingénieurs croisent les marins et que les nations s’entraident. Sous l’impulsion de Marco Simeoni, président de la Fondation Race for Water, une équipe internationale d’ingénieurs, de communicants, de marins venant de France, de Suisse et d’Allemagne, à fait éclore ce projet merveilleux pour protéger nos océans.

Alan Roura salue Peter Meiwald sur le pont du Race for Water

De manière très spéciale, ils lient deux questions sur lesquelles je réfléchi en tant que politicien depuis de nombreuses années. Travaillant pour notre avenir énergétique (en allemand, nous l’appelons «Energiewende») et en luttant contre la pollution plastique de nos océans (environ 8 millions de tonnes chaque année). Avec son navire, la Fondation  donne en plus aux chercheurs de nombreux pays une base de recherche dans les mers du monde tout en créant des événements de sensibilisation lors des escales. Et cela avec une équipe extrêmement enthousiaste qui brûle d’idées.

LA COMBINAISON D’ÉNERGIES PROPRES

Mais alors quelle est la nouveauté ? Une combinaison intelligente de l’énergie solaire, d’un kite de traction (Skysails) et un système de stockage d’hydrogène (SwissHydrogen). En parcourant les océans du monde durant cinq ans d’expédition, grâce à ce mixte énergétique, ce navire favorisera l’idée qu’un navigation sans émissions est possible en vertu de la législation internationale ou des négociations.

De plus, la Fondation aborde le problème des plastiques du côté de la terre, avant qu’ils n’atteignent les océans. Avec leur partenaire ETIA, ils élaborent une machine capable de transformer les déchets plastiques en ressources énergétiques avec la vision d’un système décentralisé. Cette dernière s’intègre parfaitement avec l’idée de mettre en place une convention internationale sur le plastique, ce que nous venons de commencer à discuter sous le parapluie de adelphi et de la Fondation Heinrich-Boell à Berlin.

Mettons nos forces ensemble ! La Fondation Race-for-Water, les ingénieurs, les marins, les chercheurs et les politiciens comme la belle Teaki Dupont (candidate aux législatives Françaises) ou encore le maire de Lorient, M. Norbert Metairie, qui nous a donné des mots très clairs sur notre responsabilité commune pour la protection de notre environnement lors de la conférence de presse le 9 octobre passé.

 

Peter Meiwald discute avec Alexandre Closset de Swiss Hydrogen

 

J’ai été très heureux d’avoir eu l’opportunité de participer à ce magnifique événement et d’avoir pu accompagner le navire Race for Water pour les premières milles vers son expédition à travers le monde, sans émettre de fumée noire de la cheminée des bateaux. Un navire qui a le vent en poupe !

La foule était au départ pour saluer l’équipage du Race for Water.

À la vitesse du requin pèlerin

 

En tant qu’ancien technicien de la coupe de l’America, j’avoue que je ne m attendais pas à écrire cela… Mais il semble que je m’habitue à la navigation « slow motion » à 4 nœuds, autrement dit 8 km/h !

Au final, je me rends compte que la vitesse est une notion très relative. Par exemple, il y a trois jours, nous avons croisé un requin pèlerin de bonne taille, environs 8 mètres. Et il nageait lui aussi à cette allure. Nous aurions pu faire un bout de chemin ensemble mais il faisait du nord nous du sud, chacun sa route, une vitesse qui nous semble lente à bord mais qui permet de faire des milles.

Ce qui est sûr est que nous commençons une belle histoire.

Jean-Marc

Exercice de l’Homme à la mer, une bosse pour Bunny !

Mardi, journée mollassonne, peu de vent, pas assez en tout cas pour faire voler le kite. Heureusement Jean-Marc a des idées pour nous occuper. Il organise un exercice d’homme à la mer, nous commençons par mettre l’annexe à l’eau, avec Jean-marc dedans, qui se chargera de mettre un bidon à la mer. Le bidon étant à peu prés de la taille d’une tête, cela nous permettra de constater la difficulté de garder en visuel un si petit objet.

La consigne est de simuler au maximum une condition réelle donc de crier de toutes nos forces. Dans l’exercice, je suis celle qui a vu la personne passer par dessus le bord, donc la première à donner l’alerte. Ayant naturellement une voix qui porte assez peu je décide de réellement crier à pleins poumons. Opération réussie, même Jean-Marc sur l’annexe m’entend. Je crie tellement fort que Bunny en cuisine, s’affole et court vers moi de la cuisine vers l’arrière, enjambant le surbau de la porte, mais oubliant au passage que son front est sur le trajet du haut de la porte, bilan 36 chandelles et une très belle bosse !

Comme quoi, même en exercice il faut se méfier du sur-accident…

Annabelle

PS : Le bidon a tout de même pu être sauvé…

 

Photo de Une : Pierre Bouras

Un après-midi de kite !
Mercredi après-midi, nous avons navigué avec 20 noeuds de vent. Grâce à cela, nous avons volé la moitié de la journée avec le kite et l’équipage commence son apprentissage! Les travaux de perfectionnement de l’aménagement du bateau se poursuivent en parralèlle, avec les tâches quotidiennes de chacun.
À midi mes œufs brouillés à la pœlée de légume forestière ont connu un franc succès. On se réjouit de goûter la mousse au chocolat d’Annabelle ce soir! Comme vous le voyez le moral est au beau fixe.